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Aumônerie hospitalière : Témoins de l’espérance

Présence de l’Église auprès des personnes malades, âgées ou en fin de vie, l’aumônerie hospitalière va à la rencontre de celles et ceux qui souffrent. Une mission assurée par les aumôniers et les bénévoles, témoins de l’espérance chrétienne.

Envoyés par l’Église, au nom du Christ, à la rencontre du Christ souffrant. Dans le monde du soin, auprès de ceux qui souffrent, les aumôniers et les équipes de bénévoles assurent la mission confiée auprès de personnes malades, âgées, en situation d’handicap, auprès des familles et des soignants. Une mission dans laquelle ils ont à cœur d’être témoins de l’espérance chrétienne qui les anime. Si la période de l’Avent et de Noël sont des moments propices à parler de cette valeur qui anime celles et ceux qui croient en Christ, pour les aumôniers, il est important de partager cette espérance avec celles et ceux qu’ils rencontrent, pour un temps d’échanges, une célébration, une prière, une demande de sacrement, pour une rencontre unique ou un accompagnement plus long, parfois jusqu’à la mort. « Je démarre tout juste ma mission, confie Nathalie Vivier, aumônier du Centre hospitalier de Cornouaille. Même si je sais que cela va être difficile de perdre des personnes, notre présence est importance. L’espérance fait partie de notre foi et cette présence d’Église auprès des malades, des personnes âgées est une évidence. Si l’Église ne se fait pas proche de ces personnes, de qui le sera-t-elle ? Jésus s’est rapproché du plus faible, du malade, du plus petit tout au long de sa vie. » 

Jésus, celui qui est né dans une mangeoire au cœur d’une étable. Celui qui n’était pas chez lui, comme toutes ces personnes rencontrées, à l’hôpital, en ehpad, dans un centre de soins, par les aumôniers et les bénévoles. « Je ne sais jamais comment va se dérouler une journée à l’aumônerie hospitalière. C’est un peu comme la période de l’Avent, on se prépare, on attend, partage Sylvie Morin, aumônier du Centre hospitalier des Pays de Morlaix. Avant chaque rencontre, j’ai besoin de me préparer intérieurement le temps du trajet. Marcher jusqu’à la personne à rencontrer est un ‘plus’ dans la démarche. Je prends le temps d’y aller parce que je ne vais pas rendre une visite ordinaire. Je viens visiter au nom du Christ. Souvent, je fais cette prière « Mon Dieu, ne me laissez pas seule ». Sans son aide, je serai incapable d’assurer cette mission. Parfois, je m’entends dire des paroles et je prends vraiment conscience que je ne suis pas seule, le Christ est avec moi. Il m’accompagne pour visiter le Christ souffrant. Quelle que soit la visite, on est au cœur de l’Évangile. »

Lors de chaque visite, l’aumônier ou le bénévole se doit de prendre le visage du Christ en étant accompagné par l’idée que la personne visitée est également le visage du Christ. « Cette mission prend sa source dans les Evangiles. Nous sommes dans un sens les sacrements du Christ. La mission nous apporte la fécondité de notre foi : c’est une grâce d’accompagner les personnes fragilisées », analyse Martine Sadonès, responsable diocésaine des aumôneries hospitalières. Demande de sacrements, accompagnement dans la fin de vie, présence auprès des parents qui vivent un deuil périnatal… « Lorsque je vais rencontrer une personne, je vais toujours voir les soignants avant, pour connaître son histoire, la raison de sa présence ou toute autre information importante, partage Xavier Caill, aumônier au CHRU de Brest. Parfois, avant de frapper, il faut se préparer. Même dans l’urgence, j’essaie de prendre un temps à la chapelle pour demander au Seigneur d’être accompagné. L’Esprit Saint souffle, c’est certain. Il y a des situations où je dis quelque chose, je pose un geste et cela m’étonne. Un jour, j’ai fait une prière de recommandation pour un monsieur en fin de vie. Il est décédé à la fin de la prière et pour autant, je suis sorti apaisé de cette rencontre. Nous avons une belle mission d’accompagnement des personnes.

Le visage du frère

Jamais seuls dans la mission. C’est ce dont témoignent chacun des aumôniers rencontrés. « Lorsqu’on est envoyé par l’Église, le Seigneur nous accompagne. Dieu est déjà à l’œuvre dans le cœur de celui que je rencontre, reconnaît Caroline Croissant, aumônier du Centre hospitalier de Douarnenez. Certains visages sont éprouvés par la maladie. Si on s’arrête à cette première image, on repart tout de suite. Quand je me présente, je souris et la personne me sourit. Elle devient vraiment mon frère ou ma sœur et nous vivons une vraie fraternité. Parfois, je vis des rencontres extraordinaires avec des personnes qui me racontent leurs peurs, leurs angoisses, leurs terreurs et puis, à la fin, il y a un apaisement, un sourire. » Et Nathalie Vivier d’ajouter : « Lorsqu’on est appelés, on se demande si on va être capables. L’Esprit Saint est avec nous. Nous sommes envoyés par le Christ. Nous sommes portés dans chaque rencontre. Heureusement d’ailleurs, sinon on ne pourrait pas assurer la mission. »

L’importance de l’équipe

Des aumôniers accompagnés par le Christ mais également par des bénévoles. Pour proposer cinq célébrations par semaine, Caroline Croissant, aumônier au centre hospitalier de Douarnenez, est accompagnée par sept bénévoles, qui l’aident pour le déplacement des résidents vers les lieux de célébration. « Seule, ce ne serait pas possible. Cette équipe m’aide aussi dans les moments difficiles, c’est un vrai soutien. » De plus, le père René Diassié vient célébrer la messe une fois par mois dans chaque établissement. « C’est très important pour les résidents. Le fait que le prêtre vienne les voir veut dire qu’ils sont importants et qu’ils comptent dans la paroisse. » Pour Martine Sadonès, « l’équipe, aumôniers et bénévoles, est indispensable pour évoluer dans la manière d’être avec les malades et leurs familles. Cela fait grandir humainement et dans la foi. La vie de l’équipe, à mon sens, quand elle est vécue dans un climat de partage, de solidarité, de respect de chacun selon ses compétences, d’humilité, et bien entendu vécue dans la prière, est une ‘communion’. »

Être aumônier hospitalier, c’est aussi rendre visite à des personnes qui ne partagent pas forcément la foi chrétienne. « Notre visite est parfois l’occasion de réfléchir au sens de la vie. Nous devons être présents pour ceux qui passent par des moments difficiles », confie Nathalie Vivier. Et Xavier Caill, aumônier au CHRU de Brest, de poursuivre : « Les personnes que je rencontre savent que je suis un aumônier catholique et même si elles ne sont pas croyantes, je leur parle du Dieu en qui je crois pour signifier que je respecte leur droit de ne pas croire. Nous recevons parfois des visites surprenantes et les personnes que l’on visite n’ont pas forcément des attentes religieuses. Elles ne savent pas trop. Nous sommes à l’écoute et pour autant, il y a beaucoup de spirituel. » L’aumônier brestois, qui assure une présence d’Église à l’hôpital psychiatrique de Bohars, témoigne de l’importance du religieux. « Les patients viennent plus facilement me voir à l’aumônerie puisqu’ils peuvent se déplacer. Ils ont besoin de beaucoup d’écoute. Nous ne sommes pas médecins, soignants, ni psychologues. L’aumônier ne va pas répéter ce qui est dit lors des échanges. Je suis souvent surpris par la souffrance des personnes et à quel point elles ont besoin de cette présence d’Église. Plusieurs me disent : ‘Je vous ai appelé mais je ne crois en rien. Vous, vous croyez en quelque chose et je veux pouvoir m’appuyer sur vous pour avoir un espoir’. »

L’Église se fait proche des personnes malades, âgées, à travers l’aumônerie hospitalière. « Dans ma mission, je laisse une place à la rencontre inattendue, conclut Caroline. Nous ne sommes là que pour un temps et nous sommes tout petits dans cette mission. C’est le Christ qui nous précède, j’en suis absolument certaine. »