Adaptations bretonnes de “O filii et filiae”

L’hymne O filii et filiae est un cantique du temps pascal qui a été très populaire et a donné lieu à des variations et paraphrases en diverses langues, dont le breton.

Le texte latin, qui aurait été écrit à la fin du XVe siècle par le frère cordelier (franciscain) Jean Tisserand, commence par ces mots : O filii et filiae (O fils et filles, cf. 2 Corinthiens 6,18 : vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur), Rex coelestis, Rex gloriae morte surrexit hodie. Alleluia ! (Le Roi des cieux, le Roi de gloire a surgi de la mort aujourd’hui, alléluia).

Cette hymne a été transposée en anglais en 1748 (Young men and maids rejoice and sing / The King of heaven, the glorious King / This day from death rose triumphing. Alleluja) ; puis en allemand (Ihr Christen, singet hocherfreut / der Herr der ewgen Herrlichkeit / ist von dem Tod erstanden heut. Halleluja. Vous chrétiens, chantez avec grande joie, le Seigneur de la Gloire éternelle est ressuscité de la mort aujourd’hui)… mais aussi en breton, avec diverses variantes (*).

L’hymne O filii et filiae a d’abord été traduit en « langue armorique » par le père Julien Maunoir (1606-1683), célèbre missionnaire des campagnes bretonnes et auteur de nombreux cantiques bretons. On trouve sa traduction, sous l’incipit Bugale Doué celaoüet, dans son recueil de Canticou spirituel. L’alléluia est remplacé par le refrain Meulomp Doué répété 4 fois. En voici les paroles d’après l’édition de 1686 (nous en avons cependant modernisé l’orthographe) avec leur traduction :

Bugale Doue, selaouit,
Jezuz Impalaer euz ar béd,
A zo hirio resusitet.
Meulom Doue, Meulom Doue,
Meulom Doue, Meulom Doue.

2. An diskibien eur mintivez
D’ar Zadorn a zo deut d’ar béz,
Evid gouzoud ar wirionez. Meulom Doue

3. Santez Madalen, (Mari mamm) Jakez,
Ha Salome, an teir Mari,
A zo deut d’e ognamanti (noui). Meulom Doue

4. Eun Êl er béz azezet,
D’ar gwragez e-neus lavaret,
Jezuz er Galilé zo bét. Meulom Doue

5. Sant Yann o vond a ben red
Kent evid Pèr zo diredet
Da béz or Zalver beniget. Meulom Doue

6. D’an oll Diskibien dastumet,
Jezuz e kreiz apariset,
« Peoc’h deoc’h », e-neus lavaret. Meulom

7. Pa glevas Tomaz Didimus,
Ez oa resusitet Jezuz,
A jomas neuze douetuz. Meulom Doue

8. Sell Tomaz, sell ouz ma c’hostez,
Ouz ma zreit, ha daouarn ive,
Hag anzavit ar wirionez. Meulom Doue

9. Pa welaz, Tomaz, hon Aotrou,
E zaouarn, hag e gouliou,
« C’hwi zo emezañ », ma Aotrou. Meulom Doue

10. Beniget neb n’e-neus gwelet,
Hag hep douetañs e-neus kredet,
Gand gloar e vezo kurunet. Meulom Doue

11. Hirio er Gouel santel meurbéd
Kanom oll a galon parfet,
Doue ra vezo hep fin meulet. Meulom Doue

12. Rag-se dre beb humilite
Rentom oll gras da Zoue,
En eur kana bemnoz ha de. Meulom Doue

Écoutez, enfants de Dieu,
Jésus, Maître de la terre,
Est aujourd’hui ressuscité.
Chantons louange à Dieu

2. Les Disciples, un matin
(Après) le Samedi sont allés au tombeau,
Pour connaître la vérité. Chantons

3. Sainte Marie-Madeleine, Marie-Jacobé,
Et Salomé, les trois Maries,
Sont allées l’oindre. Chantons

4. Un Ange blanc assis dans la tombe
Aux femmes a dit :
« Jésus est allé en Galilée ». Chantons…

5. Saint Jean allant à toute vitesse
Avant Pierre, est accouru
Au tombeau de notre Sauveur béni. Chantons

6. A tous les Disciples assemblés,
Jésus apparut au milieu,
« La paix soit avec vous », a-t-il dit. Chantons

7. Quand Thomas Didyme entendit,
Que Jésus était ressuscité,
Il resta soupçonneux. Chantons

8. « Regarde Thomas, mon côté,
Mes pieds, et mes mains aussi,
Et reconnaît la vérité ». Chantons

9. Quand Thomas eut vu notre Seigneur,
Ses mains, et ses plaies,
Il s’écria : « Vous êtes mon Seigneur ». Chantons

10. Bienheureux celui qui sans voir
Et sans aucun doute a cru,
Il sera couronné de gloire (= Il sera reçu au paradis)

11. Aujourd’hui en cette très sainte fête
Chantons tous d’un cœur sans défaut,
Que Dieu soit loué à jamais. Chantons

12. Ainsi en toute humilité
Rendons tous grâce à Dieu
Par nos chants, nuit et jour. Chantons


On remarque l’emploi de mots dérivés du français, comme resuscitet, apparisset, parfet, humilité… ce qui était fort prisé au XVIIe siècle (comme le sont aujourd’hui les mots anglais dans certains secteurs professionnels…), mais ce qui sera jugé très sévèrement par les bretonnants lettrés à partir de la fin du XIXe siècle.

L’hymne O filii et filiae a ensuite été traduit en breton vannetais, peut-être dès le XVIIe siècle, sous le titre Alleluia kanamb viktoér (Alléluia, chantons victoire) :

Alleluia ! Alleluia ! Alleluia !

1. D’er sul vitin, de holeù dé,
En disipled lan a dristé
E dostas de wélet er bé. Alleluia !

2. Mari-Madelén, Salomé,
Hag un arall eùé geté
E zas ’eit baumein korv Mab Doué. Alleluia !

3. Un Æl é gwenn ér bé chouket
Dehé o-zeir en deus laret :
« Ér Galilé er havéet. » Alleluia !

4. Sant Yehann e rédas a-herr
Ha fonnaploh ’eit sant Pier
Arriùas é bé hor Salvér. Alleluia !

5. É-kreiz é zisipled tolpet
Jézus e zas, ha éañ lared :
« Er peah re vo geneoh berped. » Alleluia !

6. A p’en doé kleùet Sant Thomas
Komz ag un neùéted ker bras,
Én arvarigeh é chomas. Alleluia !

7. « Sell, Thomas, me hosté toullet,
Sell men daouorn, sell men daou droed.
Ha kred sonn hep arvar erbed. » Alleluia !

8. Thomas, a pe wél é gosté,
É zaouorn hag é dreid eùé,
E lar : « O me Mestr ha men Doué ! » Alleluia !

9. Eurus er ré en deus kredet
Daousto ma n’o deus ket gwélet !
Eurus ’veint én néañv de berped. Alleluia !

10. Én dé gouél-mañ get leùiné
A voéh ihuél kanamp de Zoué
Gloér, méleudi ha trugéré ! Alleluia !

11. Laramp get izélded-kalon,
Get karanté, get dévosion :
Bennoh de Zoué ha mélasion ! Alleluia !

 

1. Le dimanche matin à l’aube,
Les disciples pleins de tristesse
S’approchèrent du tombeau.

2. Marie-Madeleine, Salomé,
Et une autre avec elles,
Vinrent embaumer le corps du Fils de Dieu.

3. Un Ange en blanc, assis sur le tombeau,
Leur a dit à toutes les trois :
« Vous le trouverez en Galilée. »

4. Saint Jean courut en hâte
Et plus vite que saint Pierre
Il arriva au tombeau de Notre Sauveur.

5. Au milieu de ses disciples assemblés,
Jésus vint et leur dit :
« La paix soit toujours avec vous. »

6. Quand saint Thomas a entendu
Parler d’une si grande nouvelle,
Il resta dans le doute.

7. « Regarde, Thomas, mon côté troué,
Regarde mes mains, regarde mes deux pieds.
Et crois fermement sans douter. »

8. Thomas, quand il voit son côté,
Ses mains et aussi ses pieds,
Dit : « Ô mon Seigneur et mon Dieu ! »

9. Heureux ceux qui ont cru
Bien qu’ils n’aient pas vu !
Ils seront à jamais heureux au ciel.

10. En ce jour de fête avec joie,
Chantons à haute voix pour Dieu,
Gloire, louange et action de grâce !

11. Disons avec humilité de cœur,
Avec amour, avec dévotion :
Bénédiction et louange à Dieu !

  • On trouvera une partition pour quatre voix
    ainsi qu’un fichier mp3 sur le site kan-iliz.

 

L’une et l’autre traduction suivent assez fidèlement le texte latin d’origine, le cantique vannetais omettant de traduire le premier couplet. On peut facilement en juger en les comparant aux paroles en latin de l’hymne O filii et filiae :

R. Alleluia ! Alleluia ! Alleluia !

1. O filii et filiae,
Rex coelestis, Rex gloriae
Morte surrexit hodie. Alleluia !

2. Et mane prima sabbati
Ad ostium monumenti
Accessérunt discipuli. Alleluia !

3. Et Maria Magdalene,
et Iacobi, et Salome
Venerunt corpus ungere. Alleluia !

4. In albis sedens angelus
praedixit mulieribus :
Quia surrexit Dominus. Alleluia !

5. Et Ioannes apostolus
cucurrit Petro citius,
Ad sepulcrum venit prius. Alleluia !

6. Discipulis astantibus,
in medio stetit Christus,
dicens : Pax vobis omnibus. Alleluia !

7. In intelléxit Didymus
Quia surrexerat Iesus,
Remansit fere dubius, Alleluia !

8. Vide Thoma, vide latus,
vide pedes, vide manus,
Noli esse incredulus. Alleluia !

9. Quando Thomas vidit Christum,
Pedes, manus, latus suum,
Dixit, Tu es Deus meus. Alleluia !

10. Beati qui non viderunt,
Et firmiter crediderunt,
Vitam aeternam habebunt. Alleluia !

11. In hoc festo sanctissimo
Sit laus et jubilatio !
Benedicamus Domino. Alleluia !

12. De quibus nos humillimas
Devotas atque debitas
Deo dicamus gratias. Alleluia !


1. O fils et filles,
Le Roi des cieux, le Roi de gloire
A surgi de la mort aujourd’hui, alléluia !

2. Et le matin du premier jour après le Sabbat,
Jusqu’à la porte du monument,
S’approchèrent les disciples, alléluia !

3. Et Marie Madeleine,
Et Marie mère de Jacques, et Marie Salomé,
Sont venues embaumer le Corps, alléluia !

4. Un ange, assis, vêtu de blanc,
Dit aux femmes :
« Le Seigneur est ressuscité. » alléluia !

5. Et Jean l’Apôtre,
Court plus vite que Pierre,
Et arrive le premier au tombeau. Alléluia !

6. Les disciples étant présents,
Le Christ parut au milieu d’eux, et leur dit :
« Que la paix soit au milieu de vous tous. » Alléluia !

7. Dès que Didyme apprit
Que Jésus était ressuscité,
Il demeura presque dans le doute. Alléluia !

8. « Thomas, vois mon côté, lui dit Jésus,
Vois mes pieds, vois mes mains,
Et ne reste pas incrédule. » Alléluia !

9. Quand Thomas eut vu le côté du Christ,
Les pieds et ses mains,
Il s’écria : « Tu es mon Dieu. » Alléluia !

10. Heureux ceux qui sans avoir vu,
Ont cru d’une foi ferme,
Ils posséderont la vie éternelle. Alléluia !

11. Célébrons cette très sainte solennité
Par des cantiques de louanges et d’allégresses !
Bénissons le Seigneur. Alléluia !

12. Pour ses bienfaits, rendons à Dieu,
D’un cœur dévoué, comme il convient,
Nos très humbles actions de grâces. Alléluia !

 

Plus tard, le cantique Bugale Doué çelaoüet (ou celui de Vannes,  Alleluia kanamb viktoér ?) migra en Trégor ou Haute-Cornouaille sous le titre Sul fask, Alleluia !, et l’incipit : Klevit holl vugale Doue. En voici le texte d’après l’édition du Kantigou brezonek Eskopti Sant-Brieg ha Landreger de 1934 (n°125, p. 169). On retrouve les douze couplets du O filii et filiae traduits en breton :

1. Klevit, holl vugale Doue :
Jezuz, ho mestr hag ho Roue,
A varv da vev zo deut hirie, Alleluia !

2. Madalen, ganti diou all c’hoaz,
Ouz bez Jezuz pa dostaas,
Digor ha goullo e gavas. Alleluia !

3. Erruet ganto an doare.
Daou abostol diouz ar beure
Etrezeg ar bez a rede. Alleluia !

4. Met an diskibl muia-karet,
Primoc’h ’get Per en deus redet ;
P’o deus gwelet, o deus kredet, Alleluia !

5. Eun ael gwen eno azezet,
A respont d’ar gwragez nec’het,
Ez eo Jezuz da veo deuet, Alleluia !

6. Er sal, dek eus an ebestel
En e sav dirazo E wel :
« Peoc’h, emezan, d’eoc’h, tud santel ! »
Alleluia !

7. An nevezinti pa glevas,
Eun abostol anvet Thomaz
Diskredik daoust da se ’chomas. Alleluia !

8. « Sellit, Thomas, hep digarez
« Ma zreid, ma daouarn, ma c’hostez,
« Hag anzavit ar Wirionez. » Alleluia !

9. Pa wel Thomaz kement gouli
’Zispenn d’ezan e izili :
« Ma Aotrou, emezan, oc’h c’houi ! »
Alleluia !

10. Eürus ar re o deus kredet,
Hep da welout ezomm ebet,
An Nenvou d’ezo vo roet. Alleluia !

11. Er gouel-man kaer dreist peb hini
Ra vezo dre-holl meuleudi
D’eun Doue ken mat ouzomp-ni ! Alleluia !

12. Ya, o Jezuz, ’vel ma tleomp,
’Vit ho karantez evidomp
Mil trugarez d’eoc’h a ganomp ! Alleluia !

1. Écoutez, tous, enfants de Dieu,
Jésus, votre maître et votre Roi,
Est passé aujourd’hui de la mort à la vie, Alléluia !

2. Marie Madeleine, avec encore 2 autres (femmes)
S’approcha de la tombe de Jésus,
la trouva ouverte et vide. Alléluia !

3. Arrivés de la même manière,
Deux apôtres dès le matin
Courraient vers la tombe. Alléluia !

4. Mais (Jean) le disciple bien-aimé,
Plus rapide que Pierre a couru,
Quand il vit, il crut, Alléluia !

5. Un ange, assis, vêtu de blanc,
Dit aux femmes affligées,
Jésus est revenu à la vie. alléluia !

6. Dans la salle, dix parmi les apôtres,
Le voient ressuscité devant eux :
« Que la paix soit avec vous, hommes saints », dit-il, Alléluia !

7. Quand il entendit la nouvelle,
Un apôtre nommé Thomas
Resta incrédule malgré cela. Alléluia !

8 « Regarde, Thomas, sans excuse,
Vois mes pieds, mes mains, mon côté,
Et reconnaît la Vérité. » Alléluia !

9. Quand Thomas eut vu toutes les plaies
Lui ayant marqué les membres :
Il s’écria : « Vous êtes mon Seigneur. »
Alléluia !

10. Heureux ceux qui ont cru
Sans aucun besoin de voir,
Les Cieux leur seront donnés. Alléluia !

11. En cette très belle fête sans pareille,
Que soit partout proclamé les louanges
D’un Dieu si bon pour nous ! Alléluia !

12. Oui, Jésus, c’est pourquoi nous devons,
Pour votre amour pour nous,
Vous chanter mille merci ! Alléluia !

Dans cette édition de 1934, quelques mots français intempestifs figurant dans les précédentes éditions (comme celle de 1924) ont été remplacés par des termes bretons. Ainsi, au couplet 5, Ema Jezus resusitet, devient : Ez eo Jezuz da veo deuet. Et au couplet 9, e vemprou (ses membres) est heureusement remplacé par : e izili.


C’est également sur cette mélodie du O filii et filiae que l’on trouve, toujours dans le diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier (par exemple Kantigou brezonek, 1934, n°28 p. 34), l’angélus de Pâques :

Mari, Rouanez an Neñvou,
Dizec’het bremañ ouz ho tareou,
Ha silaouit hon c’hantikou, Alleluia !
Alleluia, alleluia, alleluia !

Ar Mab hoc’h eus gwechall douget,
War ar maro en deus trec’het,
Evel m’en devoa hel lâret, Alleluia !
Alleluia, alleluia, alleluia !

Mamm Jezus, leun a drugare,
N’ankoueet ket ho pugale,
Hag evidomp pedit Doue, Alleluia !
Alleluia, alleluia, alleluia !

Marie, Reine des Cieux,
Séchez maintenant vos larmes
Et écoutez nos chants, Alléluia !
Alléluia...

Le fils que vous avez porté autrefois
Est victorieux de la mort,
Comme il l’avait annoncé, Alléluia !
Alléluia...

Mère de Jésus, pleine de miséricorde,
N’oubliez pas vos enfants
Et priez Dieu pour nous, Alléluia !
Alléluia...



Dans le diocèse de Quimper et Léon, c’est un autre cantique pascal, bien plus bref, que l’on retrouve sur cette mélodie : Klevit tudou (Pask) :

1. Klevit, tudou, ar c’helou mad
A gresko gloar Doue an Tad
Hag ho laouenaio ervad, Alleluia !
Alleluia ! Alleluia ! Alleluia !

2. An Aotrou Jezuz a zo beo,
Gwelet eo bet e tal ar c’heo,
’Ma savet a varo da veo, Alleluia !

3. An dud vad n’o deus ket gwelet
Zo brao dezo m’o deus kredet
En neñv e vint digemeret ! Alleluia !

4. Sul Fask eo sul al levenez :
Sul all ne ra, evel hennez,
Dudi an dud hag an Elez. Alleluia !

1. Écoutez la bonne nouvelle
Qui grandira la gloire de Dieu le Père
Et vous réjouira pleinement. Alléluia !

2. Le Seigneur Jésus est vivant,
Il a été vu au seuil de la grotte,
Est surgi de la mort à la vie, Alléluia !

3. Les gens bons n’ont pas vu,
Il est bon qu’ils aient cru ;
Ils seront accueillis dans les cieux ! Alléluia !

4. C’est le dimanche de Pâques, le dimanche de la joie :
Aucun autre dimanche ne fait autant
Le délice des gens et des Anges. Alléluia !

 

Ce cantique Klevit tudou inspira le père Jean Servel, o.m.i. (1912-1981), qui avait déjà écrit des cantiques français sur des airs bretons [1], pour son cantique : « Chrétiens, chantons le Dieu vainqueur » (I 36) sur la mélodie O filii et filiae [2].

[1] Comme : « Le pain que tu nous donnes » (D 83) (Gwerz ar vezventi), « En toi Seigneur mon espérance » (G 7) (Me ho salud, korf va Zalver), « Quand je viens vers toi » (G 41) (Karomp Doue da genta), « Ô Croix dressé sur le monde » (H 30) (Me a laka va fiziañs). [2] La partition mentionne : Air ancien, et non pas O filii et filiae.

1. Chrétiens, chantons le Dieu vainqueur !
Fêtons la Pâque du Seigneur !
Acclamons-le d'un même cœur ! Alléluia !
Alléluia ! alléluia ! alléluia !

2. De son tombeau, Jésus surgit
Il nous délivre de la nuit,
Et dans nos cœurs, le jour a lui, alléluia !

3. Nouveau Moïse ouvrant les eaux,
Il sort vainqueur de son tombeau :
Il est Seigneur des temps nouveaux, alléluia !

4. L' Agneau pascal est immolé ;
Il est vivant, ressuscité,
Splendeur du monde racheté, alléluia !

5. Le cœur de Dieu est révélé,
Le cœur de l'homme est délivré,
Ce jour, le monde est rénové, alléluia !

6. O jour de joie, de vrai bonheur,
O Pâque sainte du Seigneur,
Par toi, nous sommes tous vainqueurs, alléluia !


Notons enfin un cantique breton contemporain Galvet da bréd sur cette mélodie de Klevit, tudou / O filii et filiae, écrit par le père Job an Irien :

Galvet da bréd an Oan Jezuz,
Ganeom on dillad kaer gwenn-kann,
Kanom d'ar C'hrist meuleudi splann. Allelouia !
Alleluia ! alleluia ! alleluia !
[…]

Appelés au repas de l’Agneau Jésus,
Portant nos beaux vêtements blancs,
Au Christ chantons une magnifique louange.
Alléluia ! Alléluia ! alléluia ! alléluia !


Père Hervé Queinnec

(*) Mise à jour du 5 mai 2020 : Depuis notre premier article sur le sujet (13 avril 2020), nous avons découvert que l’hymne O filii et filiae avait été traduit en breton par le Père Julien Maunoir. C’est pourquoi nous proposons cette nouvelle version qui intègre cette traduction.


Note :
Ceux qui souhaiteraient approfondir le sujet trouveront ci-dessous l’orthographe bretonne de 1686 du cantique Bugale Doue :

« 1. Bugalé Doué celaouët, / Jesus Impalaëzr eus ar bet, / A so hiriou resuscitet. / Meulomp Doué, meulomp Doué, / Meulomp Doué, meulomp Doué. //
2. An Disquibien ur mintinvez, / D’an Sadorn à so deut d’ar bez, / Evit gouzout ar virionez. Meulomp, &c. //
3. Santes Magdalen, Jacobi, / Ha Salome, an teir Mari, / A so deut d’é oegnamanti. Meulomp, &c. //
4. Un Ael guen er bez assezet, / D’ar groaguez en deus lavaret, / Jesus é Galilée so et. Meulomp, &c. //
5. Sant Ian o vonet à ben red / Quent evit Pezr so diredet / D’ar bez hon Salver biniguet. Meulomp, &c. //
6. D’an oll Disquibien dastumet, / Jesus é creis apparisset, / Peoc’h deoc’h en deus lavaret. Meulomp, &c. //
7. Pa glevas Thomas Didimus, / Ezoa resuscitet Jesus, / E chommas neuse doüetus. Meulomp, &c. //
8. Sell Thomas, sell ous ma c’hostez, / Ous ma zreit, ha daoüarn yvez, / Hag aznavet ar virionez. Meulomp, &c. //
9. Pa veles Thomas hon Aotrou, / E zaoüarn, hag é gouliou, / C’huy so emeza, ma Aotrou. Meulomp, &c. //
10. Biniguet nep n’en deus guelet, / Hag hep douetanç en deus credet, / Gant gloar é vezo curunet. Meulomp, &c. //
11. Hiriou er Goüel santel meurbet / Canomb oll à galon parfet, / Doué ra vezo hep fin meulet. Meulomp, &c. //
12 Rac-se dre bep humilité / Rentomb oll graç da Doué, / En ur cana bemnos ha dé. Meulomp, &c. ».

Le blog "Feiz ha sevenadur"

  • Réflexion du Père Job An Irien : Euz petra on-eus aon ? / De quoi avons-nous peur ?

    Euz petra on-eus aon ? Job2019

    Euz a belec’h eo deuet ar seurt aon-ze, a zo en em zilet en or spered abaoe eun nebeud miziou ? Santoud a reem mad e oa eun dra bennag ha ne ’zae ket mad e istor ar bed, ha ne ouiem ket petra. Re vrao oa deuet ar vuez da veza, peogwir e welem euz an eil boavez d’egile ar vuez o hirraad, hag an dud a gant vloaz o tond da veza niverusoc’h niverusa. Kredet on-noa en eun araokadenn heb fin peogwir on-noa pelleet diouz or broiou ar brezel hag an naonegez. War ar mêz e kreske an atañchou muioc’h-mui... Lod tud o-doa sonet ar c’hloc’h-galv koulskoude, peogwir o-doa santet araog ar re all e vedom war eun hent-dall, med n’int ket bet selaouet. Goulenn a raent cheñch hent, med perag cheñch hent pa ’z-eo ken brao an hent a ’z-eom gantañ... Hag eo c’hoarvezet ar C’hovid-19. ’Vel eun taol kurun en or bed digatar, ha neuze eo bet dizoloet on aon kuz, eun aon hag a oa o voudinellaad en or skouarn abaoe pell, eun aon ha ne felle ket deom kleved.

    Mastaret on-eus boul ar bed ha mall eo deom kempenn anezi. N’om ket re ziwezad ma fell deom cheñch on doareou da implij pinvidigeziou ar bed ha da ranna anezo evid gwella mad an oll. An taniou-gwall er Siberi a lavar deom n’on-eus ket amzer da goll. An digoada en Amazonia, ouspenn laerez o boued digand an dud a vev eno, a vir ouz ar bed da denna e alan. Implij ar glaou ha dreist-oll implij divuzul an eoul-douar evid on energiez hag ar plastik ne reont nemed gwasaad stad or bed...

    Evid ar wech kenta marteze euz on istor on-eus aon euz an amzer da zond. Teñval eo an oabl dirazom. Eun araokadenn ha ne lak ket an den hag an doujañs evid an natur da genta ne gas nemed a-benn d’ar voger. N’eo ket eun araokadenn wirion peogwir e tigas ganti falc’h ar maro. Goud a ouezom hirio e c’hell pep hini ahanom ober eun dra bennag evid savetei an amzer da zond. Douarou a vo kollet, inizi a vo beuzet ha poblou a ranko dilezel o bro ma ne reom ket amañ ar pez a c’hellom. Na lezom ket an aon-kuz d’or seiza, rag oll asamblez on-eus ar garg euz or bed, hag ar pez a reom en on lec’h deom-ni a zo a-bouez evid ar bed a-bez.


    De quoi avons-nous peur ?

    D’où est venue cette sorte de peur qui s’est insinuée dans notre esprit depuis quelques mois ? Nous sentions bien qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas bien dans l’histoire de notre monde, et nous ne savions pas quoi. La vie était devenue trop belle, puisque nous la voyions d’une année sur l’autre s’allonger, et que les gens de cent ans devenaient de plus en plus nombreux. Nous avions cru en un progrès sans fin, puisque nous avions écarté de nos pays la guerre et la famine. Dans les campagnes les fermes s’agrandissaient de plus en plus... Certains avaient pourtant sonné le tocsin, parce qu’ils avaient ressenti avant les autres que nous allions vers une impasse, mais ils n’ont pas été écoutés. Ils demandaient de changer de direction, mais pourquoi changer de direction quand est si belle la route que l’on suit... Et le Covid-19 est arrivé. Comme un coup de tonnerre dans notre ciel sans nuages, et nous avons alors découvert notre peur cachée, une peur qui bourdonnait à nos oreilles depuis longtemps, une peur que nous ne voulions pas entendre.

    Nous avons sali notre globe, et il est plus que temps de le réparer. Nous ne sommes pas trop tard si nous voulons changer nos manières d’utiliser les richesses du monde et les partager pour le meilleur bien de tous. Les incendies en Sibérie nous disent que nous n’avons pas de temps à perdre. La déforestation de l’Amazonie, en plus de voler leur nourriture aux gens qui y vivent, empêche notre monde de respirer. L’utilisation du charbon et surtout l’utilisation démesurée du pétrole pour notre énergie et le plastique ne font qu’empirer l’état de notre monde...

    Pour la première fois peut-être de l’histoire de notre monde, nous avons peur de l’avenir. Le ciel est sombre devant nous. Un progrès qui ne met pas l’homme et le respect de la nature en premier ne conduit que dans le mur. Ce n’est pas un vrai progrès puisqu’il apporte avec lui la faux de la mort. Nous savons aujourd’hui que chacun de nous peut quelque chose pour sauver l’avenir. Des terres seront perdues, des îles seront noyées et des peuples devront abandonner leur pays si nous ne faisons pas ici ce que nous pouvons. Ne laissons pas la peur cachée nous paralyser, car tous ensemble nous sommes responsables de notre monde et ce que nous faisons en notre lieu est important pour le monde entier.


     Tad Job an Irien

  • Nouvelle édition de Muzikou Kantikou Brezoneg

    Nouvelle édition de Muzikou Kantikou Brezoneg bannière Minihi

    Projet pour les éditions du Minihi Levenez :
    Une nouvelle édition, revue et corrigée.
    Augmentée  des refrains en breton des psaumes des trois années liturgiques (A, B et C) et de nouveaux cantiques.

    Une souscription sera proposée dans les semaines à venir
    Pour plus d'informations, contacter le Minihi-Levenez
    29800 Tréflévénez
    02 98 25 17 66

     

  • Ar Zalmou war ar rouedad

    Pedenn an deiz GF 1Ema bremañ meur a zalm war ar rouedad, war lehienn eskopti Kemper ha Leon. War ar bajenn digerri e ranker klika war "Feiz" > "Salmou".

    Ar 97 salm kinniget a zo tennet euz al leor “Pedenn an deiz”, embannet e 1988 gand Minihi Levenez. Eun droidigez evid al liderez eo.

    Emichañs e vo gelled kinnig an oll zalmou e brezoneg dizale.

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