Esprit-Saint, Esprit de lumière - Spered Santel, Spered a sklêrijenn

Un beau chant à l’Esprit Saint pour la fête de Pentecôte

« Viens, Esprit Saint, en nos cœurs, et envoie du haut de ciel un rayon de ta lumière ». Ce sont les paroles de la « séquence » de Pentecôte, c’est-à-dire de l’hymne à l’Esprit Saint chanté entre la deuxième lecture et l’alléluia introduisant à l’évangile lors de la messe du dimanche de Pentecôte.

Il est bien sûr toujours possible de les chanter en latin : Veni Sancte Spiritus… Mais le beau cantique Spered Santel, Spered a sklêrijenn pourrait aussi être chanté comme chant à l’Esprit Saint : à la place de la « séquence » avant l’évangile ; ou encore à l’offertoire, ou après la communion.

1. Spered Santel, Spered a sklêrijenn,
Plijet ganeoc'h ennom bremañ diskenn,
A sklêrijenn kargit or sperejou,
A garantez tommit or c'halonou.

2. An Ebestel, en eur zal unanet,
Gand nerz ho kras ho peus bet entanet ;
Ra vo 'vidom kén braz ho madelez,
Hebdoc'h ne d-om nemed sempladurez.

3. E plas an droug, lakit ennom ar peoc'h
Hag or c'halon a vo demeurañs deoc'h;
Bezit ennom eienenn or buez,
Sankit ennom tommder ho levenez.

4. Gwerhez Vari, esperañs ar peher,
Pedit Jezuz, ho Mab hag or Zalver ;
Grit d'or spered kompren komzou Doue,
Ha d'or c'halon o mired goude-ze.

 

1. Esprit-Saint, Esprit de lumière,
Qu'il vous plaise maintenant de descendre en nous,
De votre lumière comblez nos intelligences,
Et de charité réchauffez nos cœurs.

2. Les apôtres, en une salle assemblés,
Par la puissance de votre grâce vous les avez enflammés ;
Que pour nous soit aussi grande votre bonté,
Sans vous, nous ne sommes que faiblesse.

3. Au lieu du mal, mettez en nous la paix
Et notre cœur sera votre demeure;
Soyez en nous la source de notre vie,
Plantez en nous la chaleur de votre joie.

4. Vierge Marie, espérance du pécheur,
Priez Jésus, votre Fils et notre Sauveur ;
Que notre intelligence comprenne les paroles de Dieu,
Et que notre cœur les garde ensuite.

Dans les anciens recueils de Kantikou, le cantique Spered Santel figurait sous le titre : Araok ar Brezegenn (avant la prédication, le sermon). Lors des missions paroissiales, jadis, le prédicateur et ses auditeurs étaient ainsi invités à se laisser toucher par l’Esprit Saint pour mieux aimer Jésus et leurs prochains.

L’auteur de ce cantique n’est pas connu. Mais celui-ci ne remonte sans doute pas avant les premières années du XIXe siècle, puisqu’on le trouve pour la première fois dans le recueil Canticou spirituel de Saint-Brieuc, publié en 1814 aux éditions Prudhomme. Dans les recueils de Quimper, il ne paraît que plus tard, en 1833 [1]. On notera sa parenté musicale avec le cantique Adoromp oll [2].

Le texte ancien diffère de l’actuel en deux points :

  • D’abord, au lieu du vers : Plijet ganeoc’h, etc., il portait : Deut, bisitit ho cuir servicherien (Viens, visitez vos vrais serviteurs). De plus, à la suite de la deuxième strophe (D’an ebestel…), il en comprenait quatre autres, qui ont été supprimées. Deux couplets se rapportaient aux conférences et explications des tableaux de mission (taolennou) ; et les deux autres, destinées à être chantées après la prédication, étaient une prière d’action de grâces pour les bienfaits de la parole de Dieu.
    Ces transformations furent faites par le P. Yves Rot, sj, lorsqu’il publia en 1855 son recueil (Canticou spirituel evid ar Missionou, ar Retrejou, etc. approuvet gant aotrounez ann eskibien a Ghemper hac a Zant-Briec, Quimper, E. Blot, 1855). La partie supprimée fut remplacée par une strophe nouvelle : Guerc’hez Vari, esperans ar pec’her, etc.

  • La deuxième strophe fut retouchée en 1942 par l’abbé Pierre-Jean Nédélec, à l’occasion de la publication des Kantikou brezonek eskopti Kemper ha Leon.

Les paroles étaient jusqu’alors :

« Ann Ebestel, enn eur zal asamblet,
A dan ho kras oc’h euz bet holl karget
Bet evidomp ar memes madelez,
Ne d-oun, siouaz ! nemet sempladurez. »
(Les apôtres, en une salle assemblés,
Du feu de votre grâce ont tous été remplis
Que soit pour nous la même bonté,
Je ne suis, hélas, que faiblesse).
(en italiques, les mots qui ne figurent plus dans la version actuelle).

Comme on peut le remarquer, le mot asamblet qui trahissait son origine française a été remplacé par unanet, mais esperans a été conservé (peut-être en raison du nombre de pieds). La syntaxe a également été simplifiée pour plus de clarté. Ainsi, a dan ... karget, devenant gand nerz … entanet. Et la forme ne d-oun (sans doute une erreur pour ne d-oum(p), puisque la ligne précédente utilisait la première personne du pluriel et non celle du singulier), modifiée : hebdoc’h (sans vous), ne d-om (nous ne sommes).
Dans les autres strophes, l’abbé Nédélec – qui était bigouden – a « standardisé » (mis en breton KLT) en kalon, kompren, les « léonardismes » kaloun, koumpren (et transformé le vieil infinitif miret en mirout selon les règles définies par Le Gonidec et ses disciples).

Ainsi retouché, le cantique Spered Santel est devenu un magnifique cantique pour la Pentecôte, les confirmations, et les réunions de prière.

HQ

[1] RP. Jean Bourdoulous, sj, « Etude historique sur les cantiques bretons », Feiz ha Breiz 1906, n°11 p. 336-337.
[2] Abbé René Abjean, cité par Fañch Morvannou, Kanennoù ar feiz. Les chants de la foi, Paris, éditions du Layeur / Notre Histoire, 1998, p. 46.

Le blog "Feiz ha sevenadur"

  • An Niverenn Nevez (171) MINIHI LEVENEZ / Nouveau numéro (171) de la revue MINIHI LEVENEZ

    An dour hag an aoter IV

    Eur groaz a waziou-dour dindan an aoter. ...gand Job an Irien

    Buez sant Gwenole gand Goulc'han Kervella ha c'hoariet gand pirhirined "EN HENT"
     
    NN171
     

    L'EAU ET L'AUTEL (4ème partie)

    Une croix de veines d'eau sous l'autel par Job an Irien

    La vie de Saint Gwenole par Goulc'han Kervella, jouée par les pèlerins d'EN HENT.



    Koumanant bloaz (Bep eil miz),
    Abonnement annuel à la revue "MINIHI LEVENEZ" : 50 €

    Minihi Levenez niverenn 171 EBREL 2020

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  • Recherches du Père Job An Irien : Breudeur tra-mor / Frères d’outre-mer

    Breudeur tra-mor Job18juillet2020

    Kalz euz ar vretoned a oar eo deuet on tadou koz euz an tu all d’ar mor pemzeg kant vloaz ’zo, hag int deuet dreist-oll euz Bro-Gembre. Abaoe ar brezel diweza eo kresket kalz on daremprejou gand ar vro-ze, peogwir e kavom eno aliez roudou euz ar zent koz o-deus savet or bro, hag ive peogwir o-deus dalhet d’o yez, hag a zo c’hoar d’ar brezoneg. Eur vro all a zo, hag a zo tostoc’h c’hoaz ouzom, ha kaer kenañ ouspenn, Kerne-Veur eo. N’eo ket brasoc’h ha Bro-Leon, ha koulskoude e c’hellom kavoud enni peadra da vaga on huñvreou ha da zevel mignoniaj kreñv gand an dud. Rag beteg ar seitegved kantved d’an nebeuta e teue a-benn ar vretoned da gompren o yez, hag e veze daremprejou start etre pesketerien or bro hag o re dezo. Adsavet eo bet o yez er c’hantved diweza, med n’eo ket anavezet kalz. Ar pez a jom abaoe kantvejou hag a zo aze atao eo anoiou o farreziou hag o c’hêriou, hag a-nebeudou, bloaz goude bloaz, e teuer a-benn da gompren eo gouestlet kalz euz o farreziou d’ar memez sent hag ar re o-deus savet or parreziou deom-ni. Ouspenn hanter-kant parrez eno a zo gouestlet d’or sent deom-ni ! Lod a zo anavezet mad, ’vel Gwenole e Landevednack, Budog (Beuzeg) e Falmouth, Maodez e Sant-Mawes, Paol a Leon e Paul; Korantin e Cury, Sezni e Sithney, ha na ped ha ped all ! Ankounac’heet on-noa eun dra : pa ’z-int deuet euz Bro-Gembre, o-deus kemeret an hent berra ha treuzet Kerne-Veur, ’lec’h ma komze an dud ar memez yez egeto, ha lod anezo a zo chomet eno meur a vloavez araog dond da Vreiz.

    O c’houzoud kement-se, hag a oa anad evid sant Samson da skwer dre ar pez a ouezom dre e Vuez, on en em lakeet da glask diwar-benn sant Paol a Leon gand sikour e Vuez, bet skrivet e Landevenneg e 884. Houmañ a ra ano euz lod euz e ziskibien, hag em-eus studiet a-dost daou anezo : Konneg ha Winio, hag o-deus roet o ano da Zant-Tegoneg ha Plogoneg, ha da Blouigno. Gouzoud a reen e oa bet Paol e darempred gand ar roue Mark-Konomor e-kichenn ar ster Fowey hag e oa chomet er vro gand e ziskibien epad meur a vloavez. Ijina a c’hellit va levenez p’am-eus kavet en tu all d’ar ster diou gêriadenn, anvet Boconnoc ha Sant Winnow. Hervez ar skiantourien int Bot-Konneg ha Sant Winnio. Anad eo int anoiou a-goz; rag ar ger Bot a zo eun ano euz araog an degved kantved, hag a dalvez ‘demeurañs’. N’on ket euz Sant-Tegoneg, nag euz Plogoneg, na kennebeud euz Plouigno, med eun dra a zo sklêr : kenta tro ma c’hellin mond da Gerne-Veur, ez in da weled an daou lec’h-se, eun dro-vad da zevel mignoniaj gand tud gwarezet gand ar memez sent ! Breudeur on-eus ha n’anavezom ket c’hoaz !


    Frères d’outre-mer

    Beaucoup de Bretons savent que nos pères sont venus de l’autre côté de la mer il y a mille cinq cents ans, et qu’ils sont venus principalement du Pays de Galles. Depuis la dernière guerre nos relations avec ce pays se sont beaucoup développées, car nous y trouvons souvent des traces des vieux saints qui ont bâtit notre pays, et aussi parce qu’ils ont conservé leur langue, qui est soeur du breton. Il existe un autre pays, encore plus proche de nous et en outre très beau : la Cornouailles. Il n’est pas plus grand que le Léon, et cependant nous pouvons y trouver de quoi alimenter nos rêves et bâtir de fortes amitiés avec les gens. Car, jusqu’au XVIIème siècle au moins, les Bretons réussissaient à comprendre leur langue, et il y avait des relations fortes entre leurs pêcheurs et les nôtres. Leur langue a été ressuscitée au siècle dernier, mais elle est peu connue. Ce qui demeure depuis des siècles et est toujours là, ce sont les noms des paroisses et des villages, et peu à peu d’une année sur l’autre on en vient à comprendre que beaucoup de leurs paroisses sont dédiées aux mêmes saints que ceux qui ont établit les nôtres. Plus de cinquante paroisses là-bas sont dédiées à nos saints ! Certains sont bien connus, comme Gwénolé à Landéwednack, Budoc (Beuzec) à Falmouth, Maudez à Sant-Mawes, Pol de Léon à Paul, Corentin à Cury, Sesny à Sithney, et combien d’autres. Nous avions oublié une chose : quand ils sont venus du Pays de Galles, ils ont pris le chemin le plus court, et traversé la Cornouailles, où les gens parlaient la même langue qu’eux, et certains y sont restés plusieurs années avant de venir en Bretagne.

    Sachant cela, qui était évident pour saint Samson par exemple, de par ce que nous savons de sa Vie, je me suis mis à chercher au sujet de saint Pol de Léon, à l’aide de sa Vie, écrite à Landévennec en 884. Celle-ci signale certains de ses disciples, et j’en ai étudié deux de près : Connec et Winniau, qui ont donné leur nom chez nous à Saint-Thégonnec et Plogonnec, et à Plouigneau. Je savais que Pol avait eu des relations avec le roi Marc-Conomor auprès de la rivière Fowey, et qu’il était resté dans le pays avec ses disciples pendant plusieurs années. Vous pouvez imaginer ma joie quand j’ai trouvé de l’autre côté de la rivière deux villages du nom de Boconnoc et Sant Winnow. Selon les savants il s’agit de Bot-Connec et saint Winniau. Il s’agit de noms très anciens, car le mot Bot par exemple est d’avant le Xème siècle, et signifie ‘demeure’. Je ne suis ni de Saint-Thégonnec, ni de Plogonnec, ni de Plouigneau, mais une chose est certaine : dès que je pourrai aller en Cornouailles, j’irai voir ces deux lieux, une bonne occasion pour établir une amitié entre des gens protégés par les mêmes saints ! Nous avons des frères que nous ne connaissons pas encore !

    Tad Job an Irien

  • Nouvelle édition de Muzikou Kantikou Brezoneg

    Nouvelle édition de Muzikou Kantikou Brezoneg bannière Minihi

    Projet pour les éditions du Minihi Levenez :
    Une nouvelle édition, revue et corrigée.
    Augmentée  des refrains en breton des psaumes des trois années liturgiques (A, B et C) et de nouveaux cantiques.

    Une souscription sera proposée dans les semaines à venir
    Pour plus d'informations, contacter le Minihi-Levenez
    29800 Tréflévénez
    02 98 25 17 66

     

  • Ar Zalmou war ar rouedad

    Pedenn an deiz GF 1Ema bremañ meur a zalm war ar rouedad, war lehienn eskopti Kemper ha Leon. War ar bajenn digerri e ranker klika war "Feiz" > "Salmou".

    Ar 97 salm kinniget a zo tennet euz al leor “Pedenn an deiz”, embannet e 1988 gand Minihi Levenez. Eun droidigez evid al liderez eo.

    Emichañs e vo gelled kinnig an oll zalmou e brezoneg dizale.

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