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1er dimanche de l’Avent – 1er décembre 2019

Une nouvelle année liturgique commence, et aussi un nouveau cycle de trois années, inauguré par la lecture continue de l’Evangile selon saint Matthieu. De dimanche en dimanche, de fête en fête, nous allons encore nous souvenir des grands événements du salut, les commémorer. On commémore chaque année des événements, on fête des anniversaires. Nous allons aussi en Eglise commémorer les événements de salut concernant la venue historique de Dieu parmi nous en la personne de Jésus son Fils. Mais dans la foi, il ne s’agit pas de commémoration ou d’anniversaire. Chaque année liturgique nous rend contemporains des événements qui concernent la vie, la mort, la résurrection de Jésus sauveur. Il est pour toujours contemporain de toutes les générations et donc de la nôtre. Vivre chaque année liturgique c’est actualiser concrètement dans cette année nouvelle le salut qu’il a accompli. Jésus est sauveur de l’humanité d’avant lui, de son temps et de tout temps. Sa venue n’est pas l’objet d’un pieux souvenir d’un passé révolu. Le mot « Avent » signifie « avènement », ce qui advient sans cesse dans l’histoire humaine et notre propre histoire, et ce qui est encore en attente d’une réalisation plénière.
Le salut accompli par le Christ s’actualise en se faisant avènement permanent en nous, par la puissance de l’Esprit de sa résurrection. Comme lui et avec lui nous sommes appelés à vivre les événements de notre vie comme des avènements de salut, de libération, de pardon. Nous sommes appelés à être sa mémoire vivante, dans notre vie personnelle et communautaire, avec la mission de la transmettre aux générations qui viennent. Nous avons revêtu le Christ au baptême, nous sommes appelés à vivre de sa vie, à vivre notre vie comme il a vécu la sienne. Et nous attendons sa venue, « nous attendons la vie du monde à venir en veillant dans la foi ». Dans le chapitre 24 de l’Evangile selon saint Matthieu, Jésus parle de ce qui est encore à venir, l’avènement du Fils de l’homme dans la gloire à la fin des temps.

« L’avènement du Fils de l’homme ressemblera
à ce qui s’est passé à l’époque de Noé.
[…]Les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’au déluge qui les a tous engloutis :
tel sera aussi l’avènement du Fils de l’homme.[…]
Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra. […]
Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas,
que le Fils de l’homme viendra. »

Il y a dans notre vie des événements prévisibles que nous attendons, mais aussi d’autres, imprévisibles et inattendus, heureux ou malheureux. Comme au temps de Noé, des choses nous arrivent, nous tombent dessus sans que nous ne nous doutions de rien, alors que peut-être déjà elles étaient en gestation en nous, autour de nous. Elles arrivent à l’heure où nous n’y pensions pas, alors que d’autres préoccupations mobilisaient nos énergies. Faute de vigilance, nous ne les voyons pas toujours venir. Nous ne savons ni ne pouvons pas toujours prévoir, anticiper.
A chaque temps de l’Avent, nous sommes invités à jeter un regard dans le rétroviseur, à relire ce qui est advenu au cours de l’année qui s’achève, alors que nous ne nous doutions de rien : une naissance ou un décès, une maladie ou une guérison, une réconciliation ou une déclaration de guerre, une séparation ou des retrouvailles, un échec décevant ou une réussite inespérée, des crises économiques graves.
Chaque temps de l’Avent est le commencement d’une année nouvelle de notre vie et de notre foi. Qu’attendons-nous ? Que prévoyons-nous ? A quoi nous préparons-nous ? Quels changements de caps, de comportements avons-nous à faire ? En ces temps qui sont les nôtres, le combat de la vigilance se présente comme un combat majeur, car nous prenons conscience que l’avenir de notre planète se présente de manière très menaçante et que nous traversons des temps de crise peu réjouissants. Nous sommes invités à un réveil spirituel, à une recherche de sens. Saint Paul nous donne le programme de ce temps de l’avent dans sa lettre aux Romains.

Frères, vous le savez : c’est le moment,
l’heure est venue de sortir de votre sommeil.
Car le salut est plus près de nous maintenant
qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants.
La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche.
Rejetons les activités des ténèbres,
revêtons-nous pour le combat de la lumière.
Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour,
sans ripailles ni beuveries, sans orgies ni débauches,
sans dispute ni jalousie, mais revêtez le Seigneur Jésus Christ.

Entraînons-nous aussi au combat pour la paix et non plus pour la guerre, comme nous y invite le prophète Isaïe, dans un magnifique poème, un peu à la manière du rêve de Martin Luther King.

Il arrivera dans l’avenir que la montagne du temple du Seigneur
sera placée à la tête des montagnes et dominera les collines.
Toutes les nations afflueront vers elle,
des peuples nombreux se mettront en marche,
et ils diront : « Venez, montons à la montagne du Seigneur,
au temple du Dieu de Jacob.
Il nous enseignera ses chemins et nous suivrons ses sentiers. […] »
Il sera le juge des nations, l’arbitre de la multitude des peuples.
De leurs épées ils forgeront des socs de charrue, et de leurs lances, des faucilles.
On ne lèvera plus l’épée nation contre nation, on ne s’entraînera plus pour la guerre.
Venez, famille de Jacob, marchons à la lumière du Seigneur.

Quelques pistes de méditation à la lecture de ces textes.
Saint Paul présente chaque instant de notre vie comme un temps favorable puisque le Christ est vivant dans le présent de l’humanité, de chacun et de chacune. C’est un aujourd’hui qui dure. « Aussi longtemps que dure l’aujourd’hui, encouragez-vous les uns les autres, jour après jour, à la conversion et la lutte contre le péché », a écrit l’auteur de l’épître aux Hébreux (Hé 3,13). Nous sommes devenus les compagnons du Christ. Il est avec nous et surtout nous sommes invités à marcher avec lui. Pour saint Paul, la venue du Christ inaugure un temps favorable. L’expression « temps favorable » traduit un mot grec important : le « kairos ». Il y a dans l’histoire des peuples, l’histoire de chacun, des moments favorables, des opportunités, qui se prêtent à des décisions, des changements. Jusque là on les pensait irréalisables, et voilà qu’ils deviennent possibles. Beaucoup considèrent que le concile Vatican 2 a bénéficié d’un « kairos ». Jean XXIII a pensé que c’était le bon moment, et effectivement des choses inimaginables jusque là ont pu se passer. Monseigneur Favé disait volontiers en souriant : « Avant, cela aurait été trop tôt, après, cela aurait été trop tard. »
Le temps de l’Avent nous invite à saisir les opportunités qui s’offrent à nous, ces événements que nous pouvons lire comme des signes du passage de Dieu dans nos vies, des chances à saisir pour rejeter les ténèbres et choisir le combat pour la lumière. Ce qui suppose de cultiver la vigilance. Veillons donc et ne laissons pas le sommeil nous engourdir l’esprit. A la fois ne nous laissons pas surprendre, comme ces gens surpris par le déluge, qui n’avaient pas vu venir le désastre, ne s’y étaient pas préparés et ne se doutaient de rien. Des désastres de toutes sortes tombent sur notre planète, et d’autres encore plus graves la menacent. Trouvera-t-elle des nouveaux Noé pour prendre des initiatives ? Tenons-nous prêts, soyons sur nos gardes. Et à la fois aussi, laissons-nous surprendre par les signes de Dieu dans notre histoire. Nous sommes peut-être trop habitués à tout, aux routines de notre foi, de nos prières, de nos manières de voir, de faire, et quand Dieu nous fait signe dans nos vies, nous ne reconnaissons pas son passage. « Quand t’avons-nous vu » lui disons-nous ? (Mt 25) Ouvrons nos yeux, regardons et marchons à sa lumière. Et surtout, combattons pour la paix en ces temps de guerres raciales, ethniques, religieuses, économiques. Prions que se réalise la parole d’Isaïe qui garde toute son actualité, pas seulement dans les nations, mais dans notre cœur. Transformons les épées de nos violences en socs de charrue pour être artisans de paix. Investissons toute notre énergie à nous entraîner au partage et à la justice.

Évangile : selon saint Matthieu – Mt 24, 37-44

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