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Monastère invisible – Avril 2026

Feuillet réalisé par la paroisse Saint-Tiviziau – Bro Landi

Chant : Vous qui avez soif, venez à moi

Vous qui avez soif, venez à moi et buvez
Car de mon coeur ouvert jaillira le fleuve qui
donne la vie. (bis)

1- Que soient remplis d’allégresse les déserts,
Que la steppe exulte et fleurisse,
qu’elle se couvre de fleurs et soit en fête :
La splendeur de Dieu lui est donnée.

2- Affermissez les mains et les genoux affaiblis,
Dites aux coeurs défaillants : soyez forts,
ne craignez pas, voici votre Dieu.
C’est lui qui vient vous sauver !

3- En ce jour-là s’ouvriront les yeux des aveugles,
Les oreilles des sourds entendront ; alors le boiteux
bondira comme un cerf,
et le muet criera de joie.


David Liebenguth, diacre

Interview réalisée par la Pastorale des jeunes de la paroisse Saint Tiviziau Bro Landi

Dieu appelle chacun de manière unique. La rencontre avec le Christ peut ouvrir des chemins inattendus. C’est le cas pour David, aujourd’hui diacre sur la paroisse de St Pol-De-Léon.

1/ Un chemin de conversion marqué par l’épreuve
Baptisé bébé, j’ai fait ma première communion et mon parcours de foi s’est arrêté là. J’ai grandi dans une famille recomposée, sans amour et je me sentais profondément malheureux et désespéré. Je criais ma détresse à Dieu, mais n’ayant pas l’impression d’être entendu, je me suis éloigné de la religion et j’ai refusé de
faire ma confirmation. À 21 ans, j’ai été mis à la porte. Peu à peu, j’ai construit ma vie en devenant professeur de musique et je me suis marié. Mais en 2005, un
événement est venu bouleverser notre vie à ma femme et moi : la mort d’une de nos élèves, qui gardait une joie incroyable malgré sa maladie. Nous avons joué à sa sépulture et à la fin, nous avons ressenti une grande paix et un profond amour. C’est là qu’un désir de prier est né en moi, même si je ne savais plus comment faire
mais ça me faisait du bien.

Un ami m’a alors proposé de faire une neuvaine en allant à la messe. J’y suis allé presque à reculons, m’asseyant au fond de l’église. J’étais paumé, je ne connaissais plus le rituel. C’était un vrai combat mais j’ai tenu ma promesse. Je ne voulais pas qu’on me voit comme un chrétien. Car pour moi, c’était quelqu’un qui ne pouvait pas gérer sa vie tout seul et donc il faisait appel à Dieu.
Le dernier jour de ma neuvaine je remarque quelque chose d’inhabituel. L’église était comme séparée en deux parties : l’une baignée de lumière, l’autre dans le noir, là où je me trouvais. Et une petite voix intérieure me soufflait qu’il ne tînt qu’à moi de choisir : rester dans l’ombre ou bien m’avancer vers la lumière. Avec hésitation, je choisis de changer de place et de suivre les autres fidèles.
Là, j’ai senti que je lâchais prise. J’avais pleinement conscience de mon acte. L’évangile du jour était celui de la Samaritaine, et tout a pris sens : les textes, la messe, l’eucharistie. J’ai été submergé par une vague d’amour.
C’était comme si j’acceptais enfin la présence de Dieu dans ma vie.

2/ Comment as-tu ressenti l’appel du Christ à le servir ?
Juste après ma prise de conscience, j’ai entendu le Christ me demander si je voulais être son serviteur. Cet appel résonnait en moi comme une certitude, en écho à la parole : « Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie ». Je ne savais pas encore à quoi le Seigneur m’appelait mais j’ai répondu « oui » ! Et j’ai eu comme un aperçu,
minuscule, du ciel.
Je voulais savoir comment devenir son serviteur. En rentrant chez moi, j’ai tapé sur internet « serviteur du Christ » et je suis tombé sur le diaconat. J’en ai parlé à mon épouse: « J’ai bien l’impression que le bon Dieu veut que je sois diacre ! » J’étais affolé, car ce n’est pas rien.

3/ Peut-on devenir diacre simplement par volonté personnelle ?
C’est toujours l’Eglise qui nous appelle. Dans mon cas, c’est le curé qui m’a dit qu’il fallait que je réfléchisse au diaconat, moi ça m’a parlé parce que j’y pensais déjà. Mais ça ne s’est pas fait tout de suite. J’ai eu un cheminement intérieur et l’évêque où j’étais avait dit au curé d’attendre. Il fallait que ça murisse, que ça soit un
désir. Que ça vienne du ciel oui, mais il faut aussi l’implication de la personne.

4/ Un signe qui confirme l’appel.
J’avais changé de curé et je commençais à m’impatienter. Mon nouveau curé n’affectionnait pas trop les diacres. Un jour, juste avant la messe, il me raconte un échange avec l’évêque. Celui-ci lui avait demandé s’il me voyait diacre. Mon curé m’avoue : « Je te dis cash, j’ai lui ai dit que « le diaconat, c’est pas mon truc »». « Ce n’est pas ce que je vous demande » lui répond l’évêque. « Je vous demande si David a des aptitudes pour être diacre » « Oui monseigneur ». (J’ai trouvé très courageux qu’il me rapporte cet échange avec autant de franchise).
La messe commence. Un diacre est présent avec son épouse qui lit la première lecture. Mais elle se trompe dans le lectionnaire et lit le passage de l’appel des diacres (Ac 6, 2-3), sans s’en rendre compte. L’évangile qui suit n’est donc pas le bon non plus. Certaines personnes le font remarquer, et le prêtre répond simplement :
« Vous savez, la Parole de Dieu parle toujours à quelqu’un ».

5/ Qu’est-ce que ça implique l’appel au diaconat ?
Devenir diacre ça ne se fait pas comme ça … À la fin de la formation (5ans), on doit constituer une équipe de paroissiens pour continuer le discernement.
Un dossier est ensuite envoyé à l’évêque, qui appelle lui-même pour confirmer l’appel.
Quand le diacre est marié, comme moi, l’épouse doit aussi donner son accord : car le jour de l’ordination, l’évêque lui demande son « oui ».
Il faut également pouvoir subvenir aux besoins de sa famille, car le diaconat n’est pas rémunéré. C’est un vrai don de soi, je trouve ça magnifique ! D’ailleurs le diacre porte le calice à la messe, car il fait sacrifice de sa vie! Le « me voici » prononcé le jour de l’ordination, c’est le signe de la liberté ! Même si on a une rencontre forte avec le Christ il faut adhérer à cet appel. Parce qu’après notre vie change complètement. On s’engage à vie !

6/ En tant que diacre as-tu une mission spécifique ?
Le diacre, c’est la rallonge de l’évêque, on est son serviteur mais on habite et on sert dans une paroisse. Actuellement je m’occupe des catéchumènes adultes et adolescents. Mais la première année la mission est surtout paroissiale : baptêmes, mariages, service à l’autel… le temps de trouver sa place. Ensuite, une mission diocésaine peut être confiée. Mais il y a des précautions, car j’ai un travail à côté et il faut pouvoir concilier les deux.

7/ Pourquoi avoir répondu à l’appel au diaconat plutôt qu’au sacerdoce ?
Je voulais transmettre de l’amour. Ce que je n’ai pas reçu enfant je voulais le donner à mes enfants.


Propositions de la Pastorale des jeunes

Envoie, Seigneur, des ouvriers à ta moisson, car la moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux !

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