Gn 1, 1-2, 2 ; Ps 103 ; Gn 22, 1-18 ; Ps 15 ; Ex 14, 15 – 15, 1 a ; Ct Ex 15 ; Is 55, 1-11 ; Ct Is 12 ; Ez 36, 16-17a. 18-28 ; Ps 50 ; Rm 6, 3b-11 ; Ps 117 ; Mt 28, 1-10
Frères et sœurs,
Chers catéchumènes,
Christ est vraiment ressuscité ! La Résurrection du Christ n’est pas un mythe. Les premiers témoins nous le rapportent dans l’Évangile, il y a des faits vérifiables et vérifiés, même s’ils nécessitent la foi ! Pas seulement le tombeau vide et les linges qui avaient recouvert le corps de Jésus et qui sont restés dans le tombeau. Il y a d’autres signes qui sont donnés et surtout les rencontres de Jésus ressuscité avec les femmes d’abord, puis les apôtres.
Des signes, nous en avons nous-mêmes encore aujourd’hui, comme j’ai pu aussi le lire dans les lettres des catéchumènes, par notre propre expérience de rencontre avec le Seigneur, lors d’événements personnels marquants, mais aussi dans la vie de l’Église, l’Évangile qu’elle annonce, et les sacrements qu’elle nous prodigue.
C’est bien parce que Jésus est ressuscité que nous sommes rassemblés ce soir, frères et sœurs, et que nous allons baptiser les 16 adultes, les 14 adolescents et les 4 jeunes enfants.
Quelques semaines après la Résurrection, le don de l’Esprit Saint a été donné aux disciples à la Pentecôte. Ce don de l’Esprit Saint dont les catéchumènes recevront l’onction tout à l’heure. L’Esprit Saint « qui poursuit son œuvre dans le monde et achève toute sanctification » comme le dit si bien la prière eucharistique.
Le don de l’Esprit Saint dont nous sommes marqués est un beau signe de la Résurrection du Christ.
L’annonce de cette Bonne nouvelle s’est très vite propagée depuis. Christ est ressuscité, corps et âme, et c’est pour toujours. Il n’y a pas de réincarnation. « Ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meure plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui », dit saint Paul. Cela veut dire que désormais la mort n’aura plus le dernier mot dans notre humanité, et cela change tout !
Mais qu’est-ce que cela change en fait ?
Cela change tout, car nous sommes désormais promis à la vie éternelle. Comme le dit saint Paul : « Car si nous avons été unis à lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne. »
Chers catéchumènes, saint Paul parle ainsi du baptême que vous allez recevoir dans quelques instants. Ce baptême vous ouvre à la vie éternelle avec le Christ. Peut-il y avoir une Nouvelle plus « Bonne » que celle-là ?
Cela change radicalement la perspective de notre existence. Cela change le rapport à la mort, à notre mort et à celles de nos proches. Nos deuils ne peuvent plus être vécus comme si le Christ n’était pas ressuscité !
Cela change tout encore, car la victoire du Christ sur la mort, c’est aussi la victoire du Christ sur toutes les forces de mort et donc sur le péché, sur le mal, sur le Démon qui cherche par tous les moyens à nous faire trébucher. « Pensez que vous êtes morts au péché et vivant pour Dieu en Jésus-Christ. », nous dit encore saint Paul.
Par le baptême, chers catéchumènes, vous allez déjà être libérés du mal qui a pu vous atteindre durant votre vie et des péchés que vous avez pu commettre. Mais même après votre baptême, la prière, la méditation de la Parole de Vie, les sacrements de l’Eucharistie, du pardon, continueront à entretenir et à raviver en vous la force de vie de la Résurrection de Jésus… Nous qui sommes déjà baptisés, nous en faisons la magnifique expérience par la joie spirituelle qui en découle.
Cela change tout, car si notre vie est habitée et guidée par notre foi en Jésus ressuscité, cela nous ouvre à l’Espérance qui est comme un rayon de lumière au cœur des aspects ténébreux de notre vie et de la vie du monde. L’Espérance nous permet de rester debout face aux épreuves de la vie. Et en restant debout, nous ne pouvons pas nous replier sur nous-mêmes par la peur ou l’égoïsme. L’Espérance nous tourne vers les autres pour les servir à la manière de Jésus.
Ainsi, grâce à la Résurrection du Christ, nous pouvons construire notre vie sur les trois vertus théologales qui sont comme des piliers : la Foi, l’Espérance et la Charité. C’est-à-dire, ce don de Dieu qui fait que notre vie est réellement changée et que c’est la vie divine qui triomphe aussi en nous !
En cette nuit de Pâques, frères et sœurs, ravivons notre foi en la mort et en la Résurrection de Jésus. Avec les catéchumènes qui vont professer la foi avant d’être baptisés, nous allons nous-mêmes renouveler la foi de notre baptême.
Mais pourquoi faut-il renouveler cette foi de notre baptême que nous avons reçu, pourtant, une fois pour toutes ?
Nous vivons dans un monde en ébullition et nous ne pouvons pas être indemnes de toutes les mauvaises nouvelles qui circulent sur la vie du monde, sur notre humanité et sur notre planète. Pas indemnes non plus des idéologies, des mensonges ou de fausses vérités qui circulent par tous les réseaux de communication.
Et donc pas indemnes de nos complicités dans le mal et des péchés que nous pouvons commettre. Il est tellement nécessaire de raviver notre foi en Celui qui est, qui était et qui vient, l’Alpha et l’Oméga, le Sauveur de l’humanité. Tellement nécessaire de raviver en nous l’Espérance de l’attente de son retour dans la gloire. Tellement nécessaire d’être nous-mêmes des témoins joyeux du Christ ressuscité.
Des témoins de l’Espérance, alors que des guerres ne cessent d’ensanglanter notre humanité, car la « création tout entière (qui) gémit, et passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore », dit saint Paul (Rm 8, 22). La Résurrection nous permet de rester debout et de nous engager résolument pour faire advenir dans les cœurs le Règne du Christ, un règne d’amour, de justice et de paix.
Frères et sœurs, chers catéchumènes, Christ est Ressuscité, il est vraiment ressuscité, et cela change tout dans notre manière de conduire notre vie en mettant Jésus, et sa vie plus forte que la mort, au cœur de notre existence. Amen.
+ Laurent DOGNIN
Évêque de Quimper et Léon