Ac 5, 27-33 ; Ps 33 ; Jn 3, 31-36
Frères et sœurs,
Depuis le début de nos pèlerinages, que ce soit celui de Quimper, de l’association de fidèles « Voir Ensemble » ou chez les jeunes d’Avignon, il y a un fil rouge : tous les signes que le Seigneur nous donne au cours de nos pèlerinages pour nous aider à grandir dans la foi.
En réalité, nous avons besoin de signes pour croire. Ce ne sont pas des preuves : des preuves, nous n’en avons pas. Ce sont des signes, qui ne s’imposent pas. Nous gardons toujours la liberté de croire ou de ne pas croire aux signes. Mais le Seigneur ne nous laisse pas orphelins : Il nous donne des signes.
L’un des beaux signes que nous avons à Lourdes, c’est cette grotte. La grotte est vraiment le cœur de nos pèlerinages. C’est un signe très concret : il y a la roche, que l’on peut toucher. Ici, la Vierge est apparue il y a 168 ans à Bernadette. Il y a cette petite cavité en hauteur, où a été placée la statue de la Vierge : c’est là qu’elle apparaissait. Elle aurait pu apparaître ailleurs, mais ce lieu est repérable, avec cette cavité bien visible. Il y a aussi la plaque, au milieu des bancs, à l’endroit où Bernadette était à genoux pour parler avec la Vierge Marie.
Tout cela est très important pour nous : ce sont des lieux concrets où la Vierge Marie est descendue du ciel, en quelque sorte. Et ce signe en engendre beaucoup d’autres : le fait de se rassembler, comme lors de la messe internationale hier, les millions de visiteurs qui passent devant cette grotte chaque année, les conversions, les miracles aussi, souvent dans le secret des cœurs.
Le message de la Vierge Marie vient du ciel : il descend vers nous et nous invite à des choses très simples. Venir en pèlerinage ; la source d’eau pour boire et nous y laver ; prier pour les pécheurs : c’est une demande très intéressante, parce qu’au fond, nous aussi, nous sommes pécheurs. Cela nous invite à prier les uns pour les autres, à prier pour notre conversion.
Lorsque nous commençons à prier pour les autres, en particulier pour ceux qui nous font du mal, pour nos ennemis, cela nous pousse à ne pas les juger, à ne pas les condamner, et à vouloir qu’eux aussi soient sauvés.
Tous ces signes nous invitent donc à croire en Jésus, le Sauveur du monde. Ils nous invitent à renouveler notre foi, à la faire grandir, à l’affermir par des grâces particulières reçues durant le pèlerinage.
Croire en Jésus est une question de vie ou de mort. C’est ce que Jésus nous dit dans l’Évangile d’aujourd’hui : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire le Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui ».
Comprenons bien cette parole : il ne s’agit pas d’une condamnation de ceux qui cherchent honnêtement à croire, de ceux qui doutent encore et progressent dans la foi. C’est plutôt un avertissement adressé à ceux qui, voyant les signes, refusent de les reconnaître comme venant de Dieu et refusent de croire. En quelque sorte, ils ferment ainsi la porte à toutes les grâces que le Seigneur peut leur donner.
Cela rejoint ce que Jésus appelle le péché contre l’Esprit Saint : refuser la grâce de Dieu.
Et puis il y a cette promesse extraordinaire : si nous croyons, nous avons la vie éternelle. Jésus parle d’ailleurs au présent. Ce n’est pas seulement une espérance pour après la mort. Bien sûr, il est déjà extraordinaire de savoir que nous vivrons pour toujours avec le Seigneur, mais cette vie commence dès maintenant. Dès à présent, nous avons la vie éternelle, puisque le Christ et son Évangile sont au cœur de notre vie.
Cela change tout ! Cela ne change évidemment pas les réalités concrètes de notre existence. Nous avons tous des joies, des épreuves, des problèmes de santé, des défis familiaux, professionnels ou dans les études. Mais cela transforme profondément nos relations : dans notre capacité à pardonner, à lutter contre le mal, à ne pas laisser le démon nous entraîner, à résister à la violence si présente aujourd’hui.
Alors, frères et sœurs, sachons reconnaître les signes qui nous aident à grandir dans la foi, dans la confiance en Dieu. Mettons-Le au cœur de notre vie, devenons ses amis, faisons de l’Évangile un phare pour éclairer notre existence, nos choix et nos décisions, en renonçant au mal et à tout ce qui peut nuire aux autres.
Frères et sœurs, choisissons la vie, celle que nous donne le Seigneur : une vie que même la mort ne pourra pas détruire. Amen.
+ Laurent DOGNIN
Évêque de Quimper et Léon