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L’iconographie du Père Julien Maunoir [galerie photos]

Du menhir christianisé aux vitraux du XXᵉ siècle, en Finistère, l’iconographie est relativement abondante, mais tardive (XIXᵉ et XXᵉ siècles), et centrée sur la filiation avec Michel Le Nobletz. On y retrouve des thèmes récurrents comme le don de la langue bretonne, la transmission missionnaire, la prédication populaire, la clochette et les taolennou comme attributs. Hors Finistère, l’iconographie montre que Maunoir n’est pas seulement une figure cornouaillaise, mais un missionnaire de toute la Bretagne historique.

1. Quimper : un foyer majeur de la mémoire iconographique

Cathédrale Saint-Corentin

La cathédrale conserve plusieurs représentations significatives du « Tad Mad », témoignant de l’importance de sa figure dans l’histoire spirituelle du diocèse.

  • La fresque de Yan’ Dargent (déambulatoire nord) Elle illustre le don miraculeux de la langue bretonne reçu par le jeune frère Maunoir le 8 juin 1631, à Ty Mamm Doue. La scène, traitée comme une « Annonciation », montre un ange touchant les lèvres du missionnaire agenouillé. Dargent prend des libertés avec la réalité : la chapelle représentée est imaginaire, la statue mariale ne correspond pas à celle de Ty Mamm Doue, mais le vitrail du calvaire de La Trinité apparaît en arrière-plan.
  • Vitrail Hirsch (1871) : Présentation de Julien Maunoir à Mgr du Louët par Michel Le Nobletz Situé dans le déambulatoire est, il met en scène la transmission spirituelle entre dom Michel et le jeune missionnaire, sous le regard de l’évêque René du Louët. Les saints Corentin et Guénolé encadrent la scène, rappelant l’enracinement breton de cette mission.
  • Vitrail Hubert de Sainte-Marie (1952) : Missions bretonnes de Michel Le Nobletz et de Julien Maunoir Œuvre d’après-béatification, au style épuré, évoquant les deux grandes figures missionnaires dans une composition symbolique.

Chapelle de Ty Mamm Doue (Kerfeunteun)

Lieu fondateur de la vocation bretonne du Père Maunoir, elle conserve une bannière à son effigie, rappelant l’épisode du don des langues et les missions populaires.

Église Saint-Mathieu (Quimper)

  • Vitrail : Michel Le Nobletz institue le P. Maunoir son successeur La scène se déroule devant l’anse du Conquet. Dom Michel remet au jeune jésuite la clochette des anciens saints bretons, symbole de mission, et le coffre aux cartes peintes. Le maître-verrier représente une carte du XIXᵉ siècle, plus dramatique que les taolennou originaux.

2. Autres lieux du Finistère

Rumengol – Église Notre-Dame

  • Vitrail des missionnaires (1903) Les panneaux latéraux montrent le Père Maunoir, clochette en main, en lien direct avec dom Michel. Il est représenté comme héritier et continuateur de la mission bretonne.

Crozon

Pas de représentation iconographique, mais un souvenir historique fort : la mission de 1654 et le cantique des 10 000 martyrs.

Kerlaz – Église Saint-Germain

  • Vitrail (1917-1918) Représentation de la prédication du Père Maunoir, soulignant son rôle de missionnaire itinérant.

Plogoff – Église Saint-Collodan

  • Vitrail Lobin (1917) Maunoir apparaît aux côtés de Michel Le Nobletz, dans une iconographie de filiation spirituelle.

Île de Sein – Église Saint-Guénolé

  • Deux vitraux de Pierre Toulhoat (1952) L’un consacré à dom Michel, l’autre au Père Maunoir :
    • Rencontre entre Michel Le Nobletz et Julien Maunoir
    • Maunoir bénissant François Le Su Le style de Toulhoat, puissant et dépouillé, inscrit les missionnaires dans l’imaginaire spirituel de l’île.
  • Chaire (début XX) Les statuettes conservées incluent le Père Maunoir, aux côtés de saints fondateurs bretons.

Audierne – Église Saint-Joseph

  • Petit vitrail (1954) représentant le missionnaire.

Plonéour-Lanvern – Chapelle Notre-Dame de Bonne Nouvelle

  • Vitrail H. de Sainte-Marie (1963) Représentation tardive, témoignant de la persistance du culte.

Saint-Thurien (près de Bannalec)

  • Stèle gauloise christianisée (1663) Le Père Maunoir y fit placer une croix, donnant naissance à la « stèle du Père Maunoir ».

Plounéour-Trez – Église Saint-Pierre

  • Maunoir figure parmi les saints bretons représentés dans les vitraux.

3. Côtes‑d’Armor : un territoire profondément marqué par les missions du Tad Mad

Plévin – Église Notre‑Dame

Plévin est l’un des hauts lieux de la mémoire maunoirienne. L’église, dont le chœur fut reconstruit peu après la mort du Père Maunoir (1687‑1689), porte une inscription rappelant explicitement ce lien. L’iconographie y est particulièrement abondante :

  • Deux statues du Père Maunoir.
  • Trois vitraux (atelier G. Léglise, 1926) retraçant des épisodes majeurs :
    • Première mission à Plévin en 1662
    • Guérison d’un aveugle
    • Mort du Vénérable Père Maunoir

Paule – Église paroissiale

À 5 km de Plévin, un panneau sculpté de la chaire représente les missions de 1681, témoignant de l’impact durable du missionnaire dans la région.

Pleumeur‑Bodou – Menhir de Saint‑Uzec

Monument exceptionnel : un menhir christianisé par le Père Maunoir en 1674. Il fit :

  • surmonter le mégalithe d’une croix portant un Christ,
  • sculpter en bas‑relief les instruments de la Passion,
  • peindre un grand Christ polychrome sur fond noir.

Ce geste missionnaire spectaculaire illustre sa volonté de sanctifier les lieux populaires et de convertir les symboles anciens.

Tréguier – Cathédrale Saint‑Tugdual

Dans la grande verrière du transept sud, La Vigne Mystique (Hubert de Sainte‑Marie, 1968) associe le Père Maunoir aux fondateurs des sept évêchés bretons. Il y apparaît au centre, présentant un tableau de mission (taolenn), signe distinctif de son apostolat.

Bourbriac – Église Saint‑Briac

Un vitrail du transept nord illustre un épisode de 1657 : un diable empêche les fidèles d’entrer dans l’église, image symbolique des résistances rencontrées par Maunoir lors de cette mission difficile.

Mûr‑de‑Bretagne – Église Saint‑Pierre

Un grand vitrail du transept sud montre le Père Maunoir enseignant le catéchisme en 1646, armé de sa célèbre baguette blanche, attribut pédagogique des missions.

Lamballe – Collégiale Notre‑Dame de Grande Puissance

Le vitrail du transept sud (Max Ingrand, 1954), dit Le vœu des Lamballais, représente quatre grands prédicateurs venus à Lamballe : Vincent Ferrier, Louis‑Marie Grignion de Montfort, Yves de Tréguier et Julien Maunoir. Le Tad Mad y est reconnu comme l’un des grands missionnaires de Bretagne.

Statues isolées

  • Rostrenen : statue en bois sur un pilier du croisillon sud.
  • Saint‑Nicolas‑du‑Pelem : statue en bois sur le premier pilier nord. Dans les deux cas, Maunoir tient un tableau de mission, signe de son identité apostolique.

Lanrivain – Chapelle du Gueodet : René Couffon signalait en 1939 la présence de statues de Catherine de Francheville et du Père Maunoir sur la façade. Elles ont disparu et ont été remplacées par des figures liées aux apparitions de 1692.

4. Morbihan

Neulliac – Église paroissiale

Une grande peinture du chœur (côté nord) représente un jeune prêtre portant étole et aumusse, identifié comme le Père Maunoir malgré la signature partiellement masquée. Cette représentation témoigne de la diffusion de son culte dans l’ancien diocèse de Cornouaille.

5. Ille‑et‑Vilaine : la terre natale du Tad Mad

Saint‑Georges‑de‑Reintembault – Lieu de naissance

  • L’église où il fut baptisé a disparu, mais une croix de mission marque son emplacement.
  • L’église actuelle (1870‑1873) possède une chapelle Julien Maunoir, avec vitrail et statue.
  • Sa maison natale, au 19 rue Julien‑Maunoir, est conservée ; une chapelle de l’Immaculée‑Conception y fut ajoutée au XIXᵉ siècle.
  • Un calvaire érigé par Maunoir en 1661 subsiste, déplacé à l’intersection de la rue de l’Épine et de la rue de la Fieffe.

La Chapelle‑Janson – Église Saint‑Lézin

Une fresque de L. Garin (1888‑1959) représente la prédication du Père Maunoir en 1661. Il y brandit un étendard figurant saint Michel terrassant le démon, thème cher au missionnaire.

Fougères

La ville possède également une église Bienheureux‑Julien‑Maunoir (années 1970), au plan alvéolaire.

L’église Saint‑Léonard, où Maunoir prêcha en 1662 et 1666, possède un vitrail (1959) le représentant aux côtés de trois saints locaux : Bernard de Tiron, Vital de Savigny et Hamon de Savigny.

[Galerie photos en cours de réalisation]