La visite guidée de l’église de Rumengol menée par Mad des déserts est toujours un moment très apprécié. A l’écoute des commentaires et des anecdotes, les auditeurs sont séduits par ce lieu splendide, à taille humaine, vêtu de statues, de retables et de vitraux de toute beauté. En fin d’après-midi, en duo Yann Celton et Shantty Turck ont raconté l’histoire et la conception des bannières.
Leur usage est d’origine seigneuriale au Moyen-Âge et sert à identifier les différents corps de la société : politique, social et professionnel (confrérie) et religieux. La Bretagne est particulièrement riche en bannières de part sa pratique religieuse et ses près de 2000 pardons annuels qui sont des occasions de les porter en processions. Elles permettent aux paroisses d’honorer leur saint patron mais aussi la crucifixion de Jésus, l’Assomption de la Vierge ou Vierge à l’enfant, le saint évêque…
Les deux intervenants ont retracé l’évolution des thèmes et des techniques. Les bannières conservées sont des œuvres textiles, des tableaux de fils et d’étoffes, figurant scènes et figures en broderie, garnies de passementeries, de clochettes, de cordons, de glands et de galons dorés. La broderie est : « l’art d’ajouter à la surface d’une étoffe déjà fabriquée et finie, la représentation de tel objet que l’on désire, à plat ou en relief ; en or, argent ou nuances ».
Les bannières de Rumengol, exposées dans l’église, ont servi de support complémentaire aux visuels projetés sur écran. Chacun a pu interroger les deux spécialistes et créer ainsi un bel échange sur ce patrimoine mis à l’honneur ce week-end.