Feuillet réalisé par la paroisse Quimper – Saint-Corentin
R / Vivre comme le Christ,
toujours livré à l’amour,
Pour aller son chemin de vie
Dans la confiance, la force et la louange.
1 – Ne soyez pas ces ombres d’hommes
Qui vont devant eux au hasard.
Mais faites fructifier en vous,
Les dons que Dieu vous a donnés pour vivre.
2 – Pour préparer votre avenir
Demandez simplement à Dieu
La force de bien accomplir
Tout ce qu’il attendra de vous.
3 – Tant que le souffle nous tient vie,
Il nous faut bénir notre Dieu.
Nous chanterons sans nous lasser
Son infinie miséricorde
4 – Soyez compatissants et bons
Pour tous ceux qui souffrent et qui pleurent
Vous savez que votre bonheur
Est de semer la joie de Dieu pour vivre.
5 – Avec un coeur plein de confiance
Remettez à Dieu votre vie
Ayez foi en sa providence
C’est son amour qui nous conduit pour vivre
Interviewé par Adèle et Illana de la Pasto Jeunes de Quimper
À 31 ans, Gaétan Scuiller est séminariste depuis cinq ans et demi. Originaire du Finistère, membre de la communauté de l’Emmanuel, il est actuellement en paroisse à Quimper.
Ingénieur en horticulture de formation, il porte pourtant depuis l’enfance une autre question : celle de devenir prêtre. Un appel mis de côté, revenu, interrogé dans la prière et
qui s’est peu à peu précisé. Gaétan nous raconte ce chemin de discernement, fait de confiance, de joie et d’un « oui » qui se renouvelle chaque jour.
Quand tu avais notre âge, pensais-tu déjà devenir prêtre ?
Oui. J’ai commencé à y penser vers l’âge de 9 ou 10 ans. Puis, à partir du collège, j’ai mis cette question de côté. Pour moi, un prêtre était quelqu’un de parfait, qui ne commettait pas de péché. Je me suis donc dit qu’il y avait certainement une erreur sur la personne !
La question est revenue au lycée, lorsque j’ai commencé à me préparer à la confirmation. J’en ai parlé à un ami en terminale, puis elle est restée présente au début de mes années universitaires. À cette époque, j’ai présenté très simplement cette question à Jésus dans ma prière. J’étais à Brest et je lui ai dit : « Jésus, j’aimerais me
marier, avoir une maison et une famille. Mais depuis que je suis petit, je me demande si tu veux que je sois prêtre. Il faut donc que je résolve cette question. » Je lui ai
demandé directement : « Est-ce que tu veux que je sois prêtre ? » Et j’ai commencé à ressentir de la joie. Je lui ai alors objecté que devenir prêtre signifiait renoncer à avoir
une femme, des enfants et une maison. Je lui ai demandé s’il était vraiment certain que c’était là que je serais heureux. Au fond de moi, j’ai ressenti à nouveau de la joie. Je me
suis donc dit que c’était peut-être là que Dieu m’appelait.
Y a-t-il eu un moment précis où tu as compris que Dieu t’appelait ?
Je ne parlerais pas d’un moment précis. Pour moi, cela s’est construit dans le temps, dans une continuité.
Cette première intuition est arrivée au début de mes études universitaires. Il me restait encore cinq années à vivre, qui m’ont permis d’approfondir cet appel et de prendre des moyens concrets pour discerner et clarifier les choses.
Un passage de la Bible m’a toutefois beaucoup aidé. Il s’agit d’une parole du prophète Isaïe : « Ne crains pas, car je suis avec toi.» Is 41,10 C’était pendant le Covid. J’avais beaucoup de temps pour réfléchir et je me suis dit : « Là, je peux y aller. »
Quelles sont les différentes étapes avant de devenir prêtre ?
La première étape est l’année de discernement, ou année de propédeutique. Elle permet de prendre du recul par rapport à sa vie habituelle et d’écouter plus
profondément ce que Dieu veut pour nous. Pour ma part, je suis parti en Belgique avec la communauté de l’Emmanuel. Pendant cette année, j’ai réduit fortement l’usage du
téléphone et des courriels. L’objectif était de se mettre un peu « au désert », comme les prophètes ou comme Jésus pendant ses quarante jours au désert. À la fin de cette année, chacun choisit de poursuivre ou non vers le séminaire.
J’ai ensuite suivi deux années de philosophie, puis une année en paroisse à Grenoble. Je suis maintenant dans le second cycle, qui comprend trois années de théologie.
Durant cette période, plusieurs étapes précèdent l’ordination : l’admission comme candidat au sacerdoce ; le lectorat, qui permet notamment de proclamer la Parole de Dieu ; l’acolytat, qui consiste à aider au service de l’autel et à porter la communion aux personnes malades ; l’ordination diaconale ; puis l’ordination sacerdotale.
(Gaétan vient justement de franchir une nouvelle étape de ce chemin : le lundi 7 septembre, il a été institué acolyte en la chapelle Notre-Dame-de-la-Joie, à Penmarc’h.)
Qu’est-ce qui te donne le plus envie de devenir prêtre ?
L’amour des personnes, en particulier de celles qui souffrent, qui ont perdu le sens de leur vie ou qui sont dans le désespoir. C’est cela qui me touche le plus profondément.
J’ai envie d’être présent auprès de ces personnes et de les accompagner.
Quel prêtre rêves-tu de devenir ?
Je voudrais être un prêtre qui partage sa mission avec d’autres prêtres, mais aussi avec des familles et des laïcs.
Ce sont les deux grandes orientations que j’ai présentées récemment à notre évêque. Je crois beaucoup à cette complémentarité et au travail en équipe.
Quelle parole biblique t’accompagne particulièrement ?
La parole qui m’accompagne le plus est celle du psaume 22 : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. » Elle m’a été donnée lors de ma profession de foi, en 2008. Avec le temps, cette parole est devenue très importante pour moi. Elle m’a notamment accompagné lorsque je suis parti étudier à Turin. Un jour, alors que je priais dans une église, j’ai entendu ce même psaume en italien : « Il Signore è il mio pastore ». Cela m’a beaucoup marqué. Je suis quelqu’un d’assez anxieux et cette parole m’aide à faire confiance. Elle correspond vraiment à ma manière d’être.
Quels saints sont importants pour toi ?
Le premier est saint Padre Pio. C’est un homme de prière qui témoigne particulièrement de la miséricorde de Dieu et d’une grande communion avec lui.
Le second est saint Jean Bosco, que j’ai découvert notamment lors de mon passage à Turin. C’était un éducateur qui s’occupait des enfants des rues au XIXe siècle. Il est pour moi une figure importante de l’accompagnement des jeunes.
Que dirais-tu à quelqu’un qui hésite à devenir prêtre ou religieuse ?
Je lui rappellerais cette parole de Jésus : « Celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre,
recevra le centuple. » (Mt 19,29) Je crois profondément que cette promesse est véritable et qu’elle se manifeste concrètement au quotidien. Il n’y a donc pas à avoir peur d’essayer de discerner. Il faut prendre le temps d’écouter, de prier et de se laisser accompagner. Le Seigneur montre ensuite le chemin.
Quelle intention de prière aimerais-tu confier aux lecteurs ?
Je leur demanderais de prier pour que nous soyons persévérants dans la recherche de la volonté de Dieu. « Que nous puissions, chaque jour, dire oui à cette volonté. »
