Accueil  -  L'actualité du Diocèse  -  Brest – Notre-Dame au Levant. Retour sur la visite pastorale de cette paroisse brestoise

Brest – Notre-Dame au Levant. Retour sur la visite pastorale de cette paroisse brestoise

Du 18 au 23 novembre, Monseigneur Dognin était en visite pastorale dans la paroisse Brest – Notre-Dame au Levant. Six jours pendant lesquels il a vécu une immersion dans la réalité de ces clochers brestois. De la vie paroissiale aux réalités économiques… Les rencontres ont été nombreuses et riches.

Après une rencontre dès le mardi soir avec l’équipe pastorale, Monseigneur Dognin a rencontré le conseil économique. Un temps pendant lequel la question de l’immobilier a été largement abordée. « Aujourd’hui, nous avons peu de réserve financière et le fait d’avoir autant de bâtiments à charge pour notre paroisse n’aide pas », annonce René Stéphan, délégué aux affaires temporelles. La maison paroissiale, le presbytère de Saint-Marc et les églises de Saint-Joseph et de Saint-François appartiennent au diocèse. La rencontre a permis d’aborder l’avenir des clochers de la paroisse et les évolutions à venir. L’année 2026-2027 sera marquée par un chantier de rénovation de l’église Saint-François pour que la maison paroissiale y soit installée.

Temps fort incontournable de chaque visite pastorale, la messe célébrée dans un ephad. L’évêque est allé à la rencontre des résidents de Ker Héol. « Être là avec vous vous rappelle que Jésus vient rejoindre les gens là où ils sont. » Dans son homélie, Monseigneur Dognin a rappelé l’importance de « garder l’Espérance pour tenir bon dans les épreuves. Nous sommes des témoins de son amour et de sa miséricorde. Le Seigneur nous demande que quelque soit notre situation, nous manifestions notre amour vis-à-vis des autres ».

Des aînés aux plus jeunes… Il n’y a qu’un pas. La visite du lycée Fénelon a permis de découvrir cet établissement qui propose des filières de la santé et du social, de l’hôtellerie- restauration, du tourisme, de la musique et de la danse. L’évêque a pu échanger avec des élèves qui ont dit l’importance de trouver une formation qui plaît pour que l’apprentissage soit plus facile. 

La journée du jeudi était en grande partie consacrée au monde scolaire. Dans la matinée, l’évêque et les prêtres de la paroisse sont allés passer du temps à l’aumônerie du collège/lycée Charles de Foucauld. « Ici, il y a une vraie pluralité des jeunes. Ils viennent de tous les milieux et c’est une richesse, a présenté Alix, animatrice en pastorale scolaire. La pastorale est plutôt bien perçue et il y a beaucoup de passage dans notre local. » Cours de culture religieuse, catéchèse, aumônerie… Les propositions sont diverses et permettent de rejoindre un certain nombre de collégiens et lycéens. Le mardi midi, les collégiens viennent échanger sur des questions de foi ou d’autres thématiques. « Ils se sentent en sécurité ici et peuvent parler de leur foi librement, reconnaît Lorraine, animatrice de pastorale. Nous sommes témoins de leur vie intérieure qui est très belle », malgré un environnement familial peu, voire pas catholique. Avec les lycéens le jeudi midi, place à des thèmes autour de l’affectivité, des langages de l’amour ou encore le parcours Alpha Jeunes. « Ils sont très surprenants et parfois, déstabilisants, reconnaît Alix. Nous avons un vrai rôle de témoignage. » Pour certains élèves, l’aumônerie est un « cocon attendu », décrit Ronan Walter, chef d’établissement. « Ensemble, on aborde plein de sujets. Parfois, on a même des réponses à des questions qu’on ne se pose pas toujours. Débattre sans jugement est important », a reconnu une lycéenne. Et Alix de poursuivre : « Nous sommes touchées par votre authenticité, votre joie de vivre. Nous avons créé un lien de confiance et d’amitié ».

En fin d’après-midi, Mgr Dognin a vécu un temps d’échanges avec les chefs d’établissements catholiques de la paroisse et un parent d’élève, à l’école Saint-Joseph du Pilier-Rouge. Avec 30% d’élèves de confession musulmane, le dialogue inter-religieux est vécu au quotidien. « Mes quatre enfants sont scolarisés dans le groupe Estran. Même si ce n’est pas ma confession, je suis très rassurée que mes enfants soient dans des écoles où il y a des valeurs chrétiennes, confie une maman de confession musulmane. Mes enfants parlent de nos fêtes et ils découvrent les fêtes catholiques. » Un témoignage important qui « éclaire sur la façon d’annoncer l’Évangile sans complexe », a ajouté l’évêque. « Je me réjouis de la place des écoles sur notre paroisse, a confié le père François Calvez, curé de la paroisse. Pour l’Église, c’est un atout et nous devons tisser davantage de liens. » Un enjeu identifié par la direction diocésaine de l’Enseignement catholique. « Nous devons encourager l’interconnaissance entre les écoles et les services diocésains. Cela permet de comprendre le profil des élèves et de mener des projets communs », a encouragé Vincent Sureau, adjoint à la pastorale.  

Vendredi matin, la matinée était consacrée au monde de la diaconie. Évêque, prêtres, équipe pastorale et membres des associations et mouvements se sont retrouvés au local du Secours catholique, rue Jean-Jaurès. Café solidaire, boutique, épicerie, équipe emploi… Les propositions sont nombreuses dans cette association pour accueillir les plus démunis. L’équipe locale s’interroge sur le renouvellement des bénévoles. « Aujourd’hui, les priorités des jeunes retraités sont davantage les voyages et leurs petits-enfants, alors cela devient difficile de trouver des bénévoles qui sont disponibles toute l’année. Pourtant, la pauvreté ne s’arrête pas l’été », déplore Jean-Claude FOURN, responsable de l’équipe locale. Et Evelyne André, présidente départementale d’ajouter : « Nous devons changer nos regards sur le bénévolat. Les jeunes s’engagent aujourd’hui mais de façon plus ponctuelle. Cela peut nous permettre de toucher une autre population ». Ils ont également souligné l’importance des temps de relecture et de partage d’Évangile. « Prendre le temps de s’arrêter et de partager le vécu au sein de l’association est nécessaire. Tout comme le fait d’échanger avec d’autres sur des moments difficiles. »

La rencontre a permis de découvrir d’autres associations, comme celle des Bureaux du cœur qui recense des entreprises prêtes à héberger des personnes sans abri la nuit pour une courte période. Six entreprises brestoises se sont déjà engagées. Jean Le Vely a pu présenter l’association Digemer qui met à l’abri des personnes en situation irrégulière, notamment des familles et des femmes seules. « L’enjeu aujourd’hui est de permettre un changement de regard sur les migrants, les pauvres. Pour cela, il suffit de s’asseoir avec eux et de prendre le temps de les écouter, sans jugement. »

L’équipe brestoise Une présence à l’écoute, mouvement diocésain, a pu présenter son engagement auprès des personnes qui ont besoin d’une oreille attentive et anonyme. « De leur part, cela demande du courage de nous appeler. Parfois, nous sommes démunis et c’est pour cela que nous prenons le temps de relire nos heures d’écoute, en équipe. »

Amitié Espérance est une association de compagnonnage fraternel pour les personnes en souffrance psychique. Temps conviviaux, partage d’Évangile, discussions autour des expériences de chacun… La fraternité est au cœur de chaque rencontre.

La paroisse accueille également un groupe de prière pour les malades et ceux qui souffrent. Chaque troisième jeudi du mois, il se retrouve à l’église de Kérinou. À l’église de Saint-Marc, chaque semaine, un groupe prie pour les malades de l’alcool.

« Depuis un an, nous entendons beaucoup parler de précarité mais pour beaucoup, ce n’est pas une priorité, regrette le père François Calvez. Pourtant, nous avons à vivre l’écoute plus largement qu’entre nous et à changer notre regard sur la pauvreté et l’immigration. » Et Pascale Jousset, déléguée diocésaine à la diaconie, d’ajouter : « Il faut voir le pauvre comme celui qu’on n’a pas encore rejoint. La pauvreté est d’abord liée à l’argent mais tout est lié. Chaque paroissien doit se sentir rejoint par son frère, quel qu’il soit. Nous avons à entendre ce que les pauvres ont à dire. » Et à celles et ceux qui ont témoigné de leur peur de ne pas faire assez, le père Louis Quéméneur a rassuré : « Il faut accepter de ne pas être tout puissant. Si chacun fait un petit peu, c’est déjà bien ».

Le vendredi après-midi, l’évêque a visité le Cedre, association brestoise qui est spécialisée dans les pollutions accidentelles des eaux, depuis près de 40 ans. Avec une cinquantaine de salariés, le Cèdre est sollicité près de 200 fois par an, aux quatre coins du globe, pour apporter son expertise dans la pollution maritime ou en eau douce.

En fin de journée, Monseigneur Dognin, le père François Calvez et René Stéphan, délégué aux affaires temporelles, ont rencontré François Cuillandre, maire de Brest, Yann Guével, adjoint en charge des finances et Gaëlle Morvan, en charge du quartier de Saint-Marc. Un échange qui a permis une rapide présentation du quartier. 40000 habitants, une population mixte mais plutôt âgée… Saint-Marc est pour autant un quartier dynamique avec plusieurs lieux de vie sociale. Ensemble, ils ont évoqué l’avenir de la communauté des Servantes de l’Agneau de Dieu et des clochers de la paroisse.

Samedi après-midi, une rencontre était tournée autour de la catéchèse et de la transmission de la foi. Témoin, mission, don, amour, écouter, éclairer… Autant d’expressions qui évoquent cette transmission pour les personnes présentes. « Aujourd’hui, on constate une transmission inversée, a introduit Monseigneur Dognin. Les adultes découvrent la foi par leurs enfants. Et ces enfants la découvrent à travers le scoutisme ou leurs amis. » Le service diocésain de la catéchèse a pu partager son état des lieux du diocèse. « Là où la catéchèse se fait dans les écoles, cela engendre parfois un éloignement de la paroisse. Les enfants catéchisés sont de moins en moins nombreux et il faut revoir les modes de transmission pour rejoindre les plus jeunes qui ont de plus en plus de mal à se concentrer longtemps, résume Bérengère Teisseire, membre du service diocésain. Pourtant, les catéchistes constatent une curiosité réelle de leur part, même s’ils sont issus de familles non-pratiquantes. Aujourd’hui, il faut penser une pastorale globale pour les familles et adapter le contenu catéchétique. Les mouvements scouts présents ont pu partager leurs expériences. Scouts d’Europe, Scouts Unitaires de France et Scouts de France s’accordent sur le fait que le scoutisme permet d’expérimenter la foi de façon concrète, dans le lien avec la création, avec les autres, dans le service. Le MEJ accompagne 25 jeunes de la paroisse et les aide à mettre des mots sur ce qu’ils vivent, à reconnaître la présence de Dieu dans leur vie. Servants de messe et servantes d’assemblée sont deux groupes importants dans la paroisse. « Ce n’est pas simplement un service pour la paroisse, reconnait Emmanuel, responsable des servants de messe. C’est une façon différente de vivre sa foi et cela donne de la joie. »

Animatrice en pastorale scolaire, catéchiste, grand-mère… Chacun a pu redire l’importance d’annoncer la Bonne Nouvelle. « L’Esprit Saint travaille et nous ne sommes que les messagers. »

La visite pastorale s’est achevée par une messe unique célébrée en l’église Saint-Marc dimanche et un pique-nique paroissial.

Homélie de Monseigneur Laurent Dognin – dimanche 23 novembre 2025