Jeux bretons, repas partagé, goûter crêpes, ateliers créatifs, buffet, apéro… Il y en avait pour tous et pour tous les goûts. La deuxième quinzaine de mai a été animée et rythmée par les 15 Grandes Tablées proposées aux quatre coins du département. L’heure était à la fête, celle des 80 ans du Secours catholique. Cette année, l’idée était de proposer « des rendez-vous festifs et fraternels ouverts à tous pour célébrer l’engagement, la convivialité et le lien social qui animent l’association depuis huit décennies ».
« Nous sommes heureux de vous accueillir, lançait Ludovic Raullin, responsable de la délégation du Finistère, le lundi 18 mai à Châteauneuf-du-Faou. Cet anniversaire est là pour célébrer 80 ans d’engagement auprès des personnes en fragilité, 80 ans d’accueil dans nos villes, nos villages et nos paroisses. » pour lui, comme pour toutes celles et ceux qui sont engagés au Secours catholique, personne ne doit rester seul. « Pourtant, beaucoup vivent l’isolement dans notre société. Ici, au Secours, chacun est attendu, important. Chacun a sa place à table. Partager un repas, prendre le temps de la rencontre, regarder l’autre autrement… À table, on partage des histoires, des sourires, des fragilités, des espérances. Ces Grandes tablées disent quelque chose de notre mission. »
Pour l’événement du Centre-Finistère, trois équipes locales se sont mises en route pour préparer la journée. « Nous avons laissé les équipes libres de s’organiser, confie Erwan Guéguen, animateur du Secours catholique. L’objectif de ces 80 ans est de célébrer le Secours, montrer qu’on existe sur un territoire donné. L’idée est aussi de faire équipe entre bénévoles et personnes accueillies. La fraternité s’organise autour de la mise en place d’événements grâce à ces équipes. »
À Brest, l’équipe locale a fait le choix de s’installer dans un lieu emblématique de la cité du Ponant : les Capucins. Au cœur de la place des machines, les personnes pouvaient découvrir les activités de l’équipe, comme la boutique solidaire, l’équipe emplois, manger des crêpes, écouter quelques chansons… Au menu de la journée, rencontre, dialogue, convivialité et fraternité « sur place et à emporter » ! Parmi les « invités » de la Grande Tablée, Marc Bonnet, président de la délégation de la Mayenne, venu rendre visite à ses « voisins ». « Je voulais partager un moment convivial et fraternel. Qu’on soit en Mayenne ou dans le Finistère, nous avons des réalités communes. Nous accueillons et accompagnons des gens qui vivent la grande galère, des grandes difficultés qui durent longtemps. » Pour celui, qui est également secrétaire du bureau national, les 650 propositions en France sont « à la fois les mêmes, en étant différentes. Chacun s’approprie l’évènement à sa manière et le fête là où il est avec les gens autour de lui. » Être ensemble, tout en étant différents, le sens même de la fraternité multi-visages. « On pourrait mettre la centaine de bénévoles de Brest et chacun a un visage, rappelle Marc. C’est la richesse du Secours, cette diversité. »
Alors la Fraternité, sur place ou à emporter ? « La fraternité, on ne la garde pas pour soi, on est frères et sœurs, les uns avec les autres, rappelle Marc Bonnet. La fraternité sur place, ici, sur la place des machines aux Capucins, et à emporter pour distribuer aux copains, aux voisins et aux voisines. » Et Jean-Claude, responsable de l’équipe locale de Brest, de poursuivre : « La fraternité sur place, c’est être ensemble, communiquer, partager, nous faire connaître. Elle est aussi à emporter pour témoigner de ce temps que chacun a vécu ».
À Quimper, l’équipe s’était installée sur le parvis Julien-Gracq. Au cours de la journée, l’atelier cuisine a pu faire découvrir son activité en régalant les papilles des celles et de ceux qui sont venus partager la table. L’atelier a été lancé il y a deux ans pour permettre, au départ aux femmes migrantes avec leurs bébé, d’apprendre à cuisiner les produits français. « On se retrouve le matin vers 9h30, on cuisine, on papote, on échange, on rit, on déjeune, raconte Ray, bénévole quimpérois. Quand il y a un peu plus, chacun repart avec une part. L’atelier est ouvert à tous ceux qui poussent la porte et qui veulent apprendre à cuisiner. La fraternité, nous avons besoin de la mettre au goût du jour. »
La révolution fraternelle, comment peut-on la comprendre ? « Il faut prendre soin des plus fragiles, de ceux qui ont besoin d’une aide matérielle, d’un soutien moral, répond Mgr Dognin, présent à Quimper le samedi 30 mai. Mais on a aussi besoin des autres car personne ne peut dire à quelqu’un ‘je n’ai pas besoin de toi’. Chacun a quelque chose à apporter aux autres. Cette réciprocité n’est pas toujours évidente car elle suppose un changement de regard. Nous sommes tous ensemble sur cette Terre et nous avons besoin les uns des autres. Le secours catholique contribue à ce lien social extraordinaire. On voit combien il est important. Si on ne vit pas ce lien social, on meurt. »