Accueil  -  L'actualité du Diocèse  -  Desiderio Desideravi. Tous invités à se former à et par la liturgie

Desiderio Desideravi. Tous invités à se former à et par la liturgie

Former à et par la liturgie le peuple de Dieu. Tel est l’objectif annoncé lors de la formation du samedi 14 mars dernier. Une quarantaine de personnes, engagées dans la liturgie de leur paroisse, étaient présentes pour cette journée proposée par le service diocésain de la liturgie.

Pour comprendre la raison d’être de cette journée, il faut remonter le temps. En 2022, le pape François a publié sa lettre apostolique, Desiderio Desideravi. Celle-ci invite à revenir à la source de la liturgie, à se laisser former à et par la liturgie. En 2023, Mgr Dognin publie une lettre pastorale, Que tous soient un, à destination de tous les diocésains. En 2024, la proposition de Carême des services diocésains invite à réfléchir à la liturgie. Enfin, en 2025, la grande fête de Pentecôte permet à Mgr Dognin de promulguer de nouvelles orientations pastorales pour le diocèse. Parmi elles, l’invitation à se former et à soigner les célébrations liturgiques. « Se retrouver aujourd’hui a donc tout son sens, a affirmé Jean-Louis Jourdain, diacre et délégué diocésain à la pastorale liturgique et sacramentelle. Nous sommes dans la continuité. »

Pour former les personnes présentes, le père Gilles Drouin, vicaire général du diocèse d’Évry – Corbeil – Essonnes et ancien directeur de l’Institut supérieur de liturgie (ICP). « Desiderio Desideravi est un texte majeur de la réception de l’œuvre liturgique de Vatican II. Cela prend du temps. Par exemple, il a fallu un siècle pour la réception du Concile de Trente, dans l’architecture liturgique. Alors le pape François, à travers Desiderio Desideravi, propose une reformulation spirituelle des intuitions de Sacrosanctum Concilium (mettre lien) pour les recevoir 60 ans plus tard. »

« Au commencement est le désir de Dieu. C’est ce que Desiderio Desideravi nous rappelle, affirme le père Gilles Drouin. Nous avons à nous laisser former par la liturgie. Celle-ci est une affaire de personnes ensemble. Le monde de Dieu se laisse entrevoir dans le mystère de l’eucharistie. Personne n’a le droit, la légitimité pour y accéder. Ce n’est pas notre propre désir qui nous permet de communier mais le désir du Christ. Le don de Dieu est premier et absolument immérité. »

La liturgie est un lieu de rencontre avec le Christ. « Pour autant, il faut avoir en tête que la liturgie ne se limite pas à l’eucharistie. “Est liturgique ce qui relève d’un livre liturgique, comme le bréviaire, le rituel, le psautier… « La liturgie nous garantit la rencontre avec le Christ et les sacrements nous garantissent la possibilité de la rencontre du Christ, s’il y a un désir de rencontre.”

Desiderio Desideravi, dans les paragraphes 21 à 26, invite à redécouvrir chaque jour la beauté de la vérité. « Nous sommes poussés à avoir une posture d’émerveillement devant le mystère pascal. D’autant que c’est un mystère révélé. Dieu a un visage qui se fait frère en se faisant homme. Les sacrements donnent à voir l’action de Dieu dans nos vies. Une célébration chrétienne est un événement donné et non le fruit d’une recherche individuelle », rappelle l’intervenant.

Quant aux signes de Dieu dans nos vies, le père Gilles Drouin se dit persuadé que nous n’en percevons qu’une infime partie. « Par exemple, le soleil qui traverse un vitrail dont les couleurs se reflètent dans l’église. »

À travers la liturgie, le peuple de Dieu travaille aux conditions de la rencontre. « Se laisser former par la liturgie est l’un des apports majeurs du texte. Le pape François reprend ce qui était déjà énoncé dans Sacrosanctum Concilium, par rapport à la formation liturgique. C’est-à-dire qu’il ne faut plus seulement se former à la liturgie mais se laisser former par elle, nuance le prêtre. La liturgie nous forme et nous devons redevenir capables de symboles. Par exemple, lors du Mercredi des Cendres, marquer la croix sur le front a davantage d’impact qu’une théologie sur la croix. »

En s’appuyant sur le temps liturgique qu’est le Carême, fortement marqué par la présence des catéchumènes, le père Gilles Drouin a redit que la liturgie était « un lieu de transformation des communautés grâce à la présence en leur sein des catéchumènes. Pourquoi les baptêmes lors de la vigile pascale donnent du poids à la célébration ? Ils nous plongent dans le mystère pascal, de la mort et de la résurrection ».

L’espace liturgique doit être « davantage qu’un simple cadre de la célébration, poursuit l’intervenant. Il doit être structuré par un réseau de signes. L’assemblée, la présidence, l’autel, le tabernacle, l’ambon, le baptistère… Tous correspondent à chacun des modes de présence du Christ. L’espace liturgique est le lieu de la rencontre avec Dieu et des hommes entre eux. »

À noter que le père Gilles Drouin est également intervenu le vendredi 13 mars devant une vingtaine de prêtres du diocèse.