Feuillet réalisé par le service diocésain
R / Chantez avec moi le Seigneur,
Célébrez-le sans fin.
Pour moi il a fait des merveilles,
Et pour vous il fera de même.
1 – Il a posé les yeux sur moi,
Malgré ma petitesse.
Il m’a comblée de ses bienfaits,
En lui mon cœur exulte.
2 – L’amour de Dieu est à jamais
Sur tous ceux qui le craignent.
Son Nom est saint et glorieux,
Il a fait des merveilles.
3 – Déployant son bras tout-puissant
Il disperse les riches.
Aux pauvres il donne à pleines mains,
A tous ceux qui le cherchent.
4 – Il se souvient de son amour,
Il élève les humbles.
Il protège et soutient son peuple,
Il garde sa promesse.
Bonjour Etienne, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Médecin retraité depuis 18 mois, je suis marié à Anne depuis 1983 (nous nous sommes rencontrés lors d’un pèlerinage en Israël !) ; nous avons cinq enfants et actuellement 14
petits-enfants. Nous habitons le Finistère depuis 36 ans, à Concarneau puis à Quimper.
J’ai été ordonné diacre permanent par Mgr Gueneley en novembre 2014.
Quelle est l’histoire de ta foi ?
Dans ma famille, la religion faisait partie de la vie, avec une grande fidélité à l’eucharistie dominicale et la chance d’avoir un oncle prêtre. Jeune, je trouvais cependant
cette « routine » peu épanouissante. Mais, au lycée, un aumônier parlait de la foi comme d’une rencontre, puis d’une amitié, avec le Christ, et témoignait de la joie à vivre avec Lui. J’ai décidé de m’investir dans les activités pastorales proposées et j’ai eu la grâce, en rentrant chez moi un soir, que le Seigneur me visite soudainement, au moment où les portes de mon wagon de RER se fermaient. En un instant, j’ai reçu cette certitude d’être personnellement aimé de Dieu.
Cette certitude n’a pas fait de moi un saint et, depuis, ma foi a parfois été chancelante.
La foi d’Anne, et sa fidélité dans la prière, ont été un soutien, en particulier au début de ma vie professionnelle.
Comment vois-tu ta mission de délégué diocésain aux pèlerinages ?
C’est une mission d’Église qui m’a été confiée par notre évêque ; cela participe (un peu !) à sa mission de « sanctifier le peuple chrétien ». Il faut donc essayer de créer, dans les
pèlerinages, les conditions pour que les pèlerins fassent un pas supplémentaire dans leur foi, pour que certains prennent conscience de l’amour que Dieu a pour eux. C’est une école d’humilité et de confiance. Les pèlerins « quittent leur pays », c’est-à dire leurs préoccupations quotidiennes, pour faire un pas vers le Seigneur. On met les
pèlerins en route, le Seigneur gère la suite ! Ce n’est donc pas que du tourisme ! Je prépare chaque pèlerinage un peu comme si je préparais une célébration liturgique.
Nous venons de vivre quelques jours incroyables à Paris avec le pape Léon XIV.
Quel a été ton rôle comme délégué diocésain du Service des pèlerinages pour ces journées ?
Il fallait, dans le diocèse, un « veilleur » qui suivait au fil des jours, pendant près de trois mois, l’avancée de l’organisation pratique de cette venue et qui gérait les
inscriptions. Cela a été extrêmement prenant, mais j’en ai été très heureux ; avec tous les autres délégués diocésains de France, nous avons contribué à créer cette
magnifique assemblée priante et joyeuse autour du pape.
Pourquoi était-ce important pour toi de t’investir dans l’organisation de ces journées ?
Organiser cette logistique, pour permettre au plus grand nombre d’aller prier avec le pape à Paris, était ma façon de remercier le Seigneur pour ce que j’avais reçu lors de la
visite de Jean-Paul II à Paris, en mai 1980. Ma foi était « débutante » et j’avais alors perçu ce qu’était l’Église, en participant à la messe sur le parvis de Notre-Dame et à la
rencontre avec les jeunes au Parc des Princes. Avec les jeunes, Jean-Paul II avait répondu à des questions et médité sur la rencontre de Jésus avec le jeune homme
riche, confortant mon attitude de foi, « Viens, suis-moi » (Mt 19, 21).
Comment l’as-tu vécu ? Qu’est-ce qui t’a particulièrement marqué lors de ces journées autour du pape Léon ?
La joie et la fraternité ! Comme diacre, c’est son message à Notre-Dame qui m’a d’emblée interpellé, avec en particulier ses propos sur l’unité : « Faites donc passer la
communion avec le successeur de Pierre et avec l’Église avant vos sensibilités personnelles, afin de cultiver l’unité du peuple de Dieu ». Cela s’applique à toute l’Église
et donc à nos paroisses. Il a aussi insisté sur la place de la prière : « Comme le disait Madeleine Delbrêl : “ Sans la prière, nous n’aimerions pas le Dieu d’amour. Nous serons
peut-être ses serviteurs, ses combattants, voire même ses disciples ; mais nous ne serons ni les enfants aimants de notre Père, ni les amis (…) de Jésus- Christ“ ».
Tu avais rencontré Jean-Paul II en 1980 lors de sa venue à Paris. Quel effet cela fait-il de voir, 46 ans après, tous ces jeunes à la veillée des jeunes ?
Bien sûr, mon émotion était grande. Quelle chance et quelle joie d’avoir pu vivre ces deux rencontres ! La joie des jeunes était incroyable. J’ai été bouleversé par la louange
au Stade de France, qui m’a transporté ; je rendais grâce pour « l’accompagnement » du Seigneur durant ces … 46 ans (et, « si Dieu le veut », ce n’est pas fini !). Notre Église est
davantage minoritaire qu’en 1980, mais elle n’est pas vieillissante ni endormie. Elle est belle, joyeuse, priante, et ces jeunes en sont l’avenir.
Ces quelques jours intenses sont passés très vite…
Que retenir pour notre diocèse, notre foi, notre pays ?
Il nous faut, je pense, relire tous les messages du pape. Un peu comme st Paul, qui visitait les communautés naissantes, le pape est venu nous parler, nous conforter dans notre foi, nous conseiller.
Par exemple, ses propos à Notre-Dame sur l’unité sont à mettre en œuvre et à vivre à tous les niveaux de nos communautés. Cette venue du pape a été un
grand moment de visibilité de notre Église. Le pape a utilisé un langage de vérité, quels que soient ses interlocuteurs. L’Église a montré un visage joyeux, serein, priant. Il nous
faut poursuivre cette dynamique. Il faut être persuadé que notre monde, nos contemporains, nos voisins, nos amis, nos familles, attendent cela : que nous soyons
porteurs de la joie d’être aimés de Dieu et du message du Christ dans les évangiles.
Un verset de la Bible qui t’inspire ?
Dans ma vie quotidienne, avec parfois des doutes, ou un manque de confiance en moi dans mes engagements, je m’appuie sur la fin de l’évangile de saint Matthieu : « Je suis
avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28,20). Ce sont les dernières paroles du Christ sur terre, quelle promesse !
L’évangile de notre mariage, sur la sollicitude de Dieu envers sa Création, a toujours été un repère pour moi, pour garder une foi confiante (Mt 6, 25-34). Il se termine par
« Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à
chaque jour suffit sa peine ».
Un personnage biblique ou un saint qui t’inspire ?
En allant maintenant régulièrement à Lourdes, j’ai redécouvert sainte Bernadette. C’est un modèle d’humilité, de confiance et d’effacement. C’est un modèle de fidélité à Dieu
dans le quotidien de nos vies. « Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, je suis chargée de vous le dire » aurait-elle dit aux sceptiques qui l’interrogeaient. Puissions nous
aussi avoir cette attitude, « pour que le monde ait la vie ».