Une trentaine de prêtres du diocèse d’Antsirabé (Madagascar) se sont retrouvés à Dirinon pour leur réunion annuelle. Ils sont en mission principalement en France, mais aussi en Italie. Au cours de cette semaine de rencontre, une messe a été célébrée en la solennité de saint Pierre et saint Paul, leurs saints patrons, en présence de nombreux paroissiens. La liturgie mêlait chants en malgache, en breton, en français et en latin. Une belle ouverture à l’universel, à l’image de l’Église.
Cette messe était présidée par le vicaire général, le père Sébastien Guiziou. Elle était aussi l’occasion de rendre grâce pour son jubilé sacerdotal : il fêtait ce jour-là ses vingt-cinq ans d’ordination.
Accueillant ses frères prêtres, le curé a rendu grâce pour leur engagement missionnaire. « Pierre et Paul ont quitté leur pays, leur culture, pour porter l’Évangile jusqu’à nous. Vous avez répondu au même appel. » Il les a encouragés à garder leur richesse propre : « C’est par votre différence que vous nous apportez un regard neuf sur l’Évangile. » Il les a aussi mis en garde contre deux dangers de l’Europe sécularisée : la tiédeur spirituelle et l’attrait du confort matériel. Il évoqua l’image d’une plante trop arrosée, qui finit par pourrir. De même, un prêtre qui cède à l’appât du confort ou de l’argent finit par se corrompre. Pierre et Paul, qui ont tout quitté, montrent l’exemple d’une sobriété au service de l’Évangile.
Dans son homélie, le père Guiziou a médité les deux figures d’apôtres. Pierre est toujours représenté avec des clés. Mais « il ne tient pas un poste de douane : il présente ces clés à tous ceux qui veulent vivre heureux dans le Royaume ». Ces clés sont celles de la charité concrète : visiter les malades, accueillir l’étranger, vêtir celui qui est nu. Paul, lui, tient un glaive. Cette arme évoque son martyre, mais aussi la puissance de la Parole « par laquelle Dieu ouvre nos cœurs ». De sa vie de combats, Paul témoigne : « J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. »
Deux invitations en ressortent. Avec Pierre, entrer chaque jour davantage dans le Royaume par des actes de bienveillance et de compassion. Avec Paul, renouveler notre confiance en Dieu, qui ne nous laisse jamais tomber.
L’action de grâce s’est poursuivie par une danse malgache devant l’autel. Très belle, pleine de sobriété et de grâce, elle rassemblait les prêtres malgaches sous la conduite de religieuses. Avant le chant d’envoi, les paroissiens ont entonné le grand chant de joie en breton, *Tridal a ra*.
Fondé il y a moins de quatre-vingts ans, le diocèse d’Antsirabé doit beaucoup à un Finistérien : son premier évêque, originaire de Santec. Celui-ci eut à cœur de développer un clergé autochtone, créant très tôt un petit puis un grand séminaire. Le diocèse compte aujourd’hui cent-trente prêtres. Une trentaine sont envoyés *fidei donum* — « la foi est un don » à partager — en France, en Allemagne, en Italie et en Afrique.