Nous inaugurons ce pèlerinage avec le mois du Sacré-Cœur. Nous nous retrouvons à l’aéroport de Brest Guipavas. Nous sommes 40 personnes, venant de tous les coins du diocèse. Certains se…
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Nous inaugurons ce pèlerinage avec le mois du Sacré-Cœur. Nous nous retrouvons à l’aéroport de Brest Guipavas. Nous sommes 40 personnes, venant de tous les coins du diocèse. Certains se connaissent, d’autres se découvrent. Le plaisir d’être ensemble ne tarde pas à s’installer.
Bien serrés autour du Père Philippe Jézéquel et du diacre Etienne Cruchant, nous veillons à ne pas nous éloigner du groupe. Le vol Brest – Porto part avec un peu de retard, mais cela ne dérange personne car nous arrivons en fin d’après-midi à Fatima, après deux heures de car, dans un hôtel très accueillant. Le temps d’un peu de repos individuel et c’est l’heure d’un excellent dîner, arrosé d’un vin rouge portugais bien charpenté. La pomme au four servie en dessert a permis aux Bretons de se sentir à la maison.
Tout le monde se retrouve ensuite dans la petite salle du bar pour de rapides consignes du lendemain et pour les complies. Le groupe se sépare ensuite avec l’expectative d’une belle retraite spirituelle et d’un bon climat d’amitié partagée.
Après le petit déjeuner (l’hôtel est vraiment une adresse à recommander pour son hospitalité), nous voici en marche vers Notre-Dame du Rosaire. Anita, notre guide nous installe sous les colonnades…
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Après le petit déjeuner (l’hôtel est vraiment une adresse à recommander pour son hospitalité), nous voici en marche vers Notre-Dame du Rosaire. Anita, notre guide nous installe sous les colonnades de la basilique et nous raconte, avec des détails qui nous transportent dans le temps, l’histoire des trois pastoureaux, Lucie, François et Jacinthe. Elle développe la préparation spirituelle reçue de l’Ange en amont des six apparitions de la Sainte Vierge. Et elle illustre l’effet que le miracle de la danse du soleil, seul prodige annoncé par avance, a produit sur les dizaines de milliers de témoins rassemblés en ce 13 octobre 1917. S’ensuivent la visite de la basilique et le recueillement ému sur les tombes de François et Jacinthe, disparus très tôt, en 1919 et 1920, et sur celle de Lucie, carmélite décédée après une vie de témoignage en 2005.
Nous partons ensuite pour le musée du Sanctuaire, où Sonia, notre nouvelle guide, nous montre la couronne originelle de la Vierge, fabriquée en 1947 avec l’or des bijoux offerts par les fidèles et dans laquelle s’est ajustée la balle qui avait failli emporter le pape Jean-Paul II en 1981. Le musée abrite une extraordinaire collection d’offrandes faites par les religieux et les laïcs associés aux révélations de Fatima, et aussi par tous ceux qui de par le monde ont été sensibles à la visite des cinq Vierges pèlerines qui ont parcouru le monde après la Seconde Guerre mondiale.
L’après-midi nous conduit à la basilique de la Sainte Trinité, beaucoup plus récente mais très impressionnante par ses dimensions, qui peut accueillir près de 8500 pèlerins dans un décor dépouillé mais très inspirant. On touche là à l’incroyable popularité de Fatima qui voit passer 4 millions de pèlerins par an. Une exposition en sous-sol célèbre le centenaire de l’origine de cette dévotion.
La journée se prolonge par une messe célébrée par le père Philippe et le diacre Etienne dans l’enceinte qui abrite la chapelle des apparitions, située à l’endroit précis où s’agenouillaient les petits pastoureaux. Elle se termine enfin par la projection du film Le 13ème jour qui rappelle l’histoire de Lucie, François et Jacinthe, confrontés à l’incroyable adversité d’un pouvoir politique hostile, de proches parfois incrédules et d’une population à la piété versatile.
Merci, Seigneur, pour cette magnifique journée dans le sillage de tes saints petits témoins.
Prière de l’Ange
Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime.
Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui ne vous aiment pas.
Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre le très précieux Corps, Sang, Ȃme et Divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles du monde, en réparation des outrages, par lesquels il est Lui-même offensé.
Par les mérites infinis de son Cœur Sacré et du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pêcheurs.
Les laudes et le petit-déjeuner sont avancés d’un quart d’heure car la journée va être longue. Nous faisons connaissance avec Nelson, notre guide de la journée, qui, fort d’une jeunesse…
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Les laudes et le petit-déjeuner sont avancés d’un quart d’heure car la journée va être longue.
Nous faisons connaissance avec Nelson, notre guide de la journée, qui, fort d’une jeunesse passée en France, nous reçoit comme des compatriotes. Il nous donne en introduction un rapide aperçu de l’histoire du Portugal et de l’origine sarrasine du nom de Fatima. Nous partons à pied pour le chemin de croix, qui suit l’itinéraire emprunté par les pastoureaux pour aller de leurs maisons (Aljustrel) au lieu des apparitions (Cova de Iria). Chaque station est abritée par une petite chapelle surmontée de la croix de saint Etienne, et les pèlerins se relaient pour les lectures et les prières.
Le chemin aboutit à un calvaire qui surplombe une chapelle dédiée à saint Etienne de Hongrie. La messe y est célébrée par le père Philippe (Etienne se chargeant de l’homélie sur le sens de la sainteté).
Cette référence à la Hongrie vient du fait que l’aménagement du chemin de croix a été financé par les dons de la communauté catholique magyare au moment de la fenêtre d’espoir ouverte (et hélas vite refermée) par le soulèvement anticommuniste de Budapest en 1956. Les Hongrois s’étaient souvenus des prières demandées par la Sainte Vierge pour conjurer le communisme qui allait accabler la Russie.
A l’issue de la messe, nous nous portons au Loca do Cabeço où l’Ange de la Paix est apparu à deux reprises à Lucie, François et Jacinthe en 1916, en préparation spirituelle de leur destin de petits voyants. Nous remontons ensuite au niveau de la IXe station, où la Sainte Vierge est apparue aux trois pastoureaux le 19 août 1917, soit six jours après que l’administrateur du district de Ourém avait tenté d’éloigner les enfants de chez eux et s’était employé à les torturer psychologiquement dans la prison locale.
Un petit pique-nique est partagé à proximité, à l’ombre des oliviers, des chênes verts et des chênes-lièges, puis nous nous déplaçons vers Aljustrel pour visiter la maison natale de François et Jacinthe, puis celle de Lucie. Un retour émouvant à l’époque où ni l’eau courante ni l’électricité n’avaient apporté un début de confort. Les photographies d’époque affichées sur les façades des maisons témoignent de la dureté de la vie avant le désenclavement de cette région déshéritée. Elles permettent aussi d’imaginer l’intimité familiale des petits pastoureaux avant le bouleversement causé par la curiosité du public. Cela rappelle le sort de la famille de Bernadette Soubirous cinquante ans plus tôt.
Dans l’arrière-cour de la maison de Lucie, nous descendons vers le Poco (Puits) d’Arneiro, lieu de la 3ème apparition de l’Ange qui, voyant les enfants en train de jouer, leur demande : « Que faites-vous ? » et leur demande de prier et de penser à se mortifier. Ce terme, étranger au vocabulaire des enfants, ne manquera pas d’éveiller la curiosité de Manuel Formigão, premier enquêteur ecclésiastique des apparitions, qu’on ne tardera pas à appeler « l’Apôtre de Fatima ». Là encore, le parallèle avec le message confié à Bernadette s’impose.
Nelson nous fait toutefois observer que Lourdes et Fatima se distinguent par le thème de leur liturgie, l’eau pour l’une, la lumière pour l’autre.
En matière de mortification, la Sainte Vierge indiquera aux enfants que Dieu ne souhaitait pas que la corde qu’ils avaient décidé de ceindre autour de leur taille soit portée la nuit, mais seulement de jour…
Après un rapide passage à l’hôtel, nous allons à la maison du Carmel, à la rencontre du Père Agosthino Tavares, missionnaire spiritain portugais originaire des Açores, l’un des chapelains (aumôniers) du Sanctuaire, auteur de nombreux ouvrages de spiritualité mariale et missionnaire.
Il nous fait part de quelques réflexions développées dans son dernier livre, Fatima, message de lumière :
Après le dîner, nous allons à la chapelle des apparitions pour dire le chapelet puis prendre part à la procession aux flambeaux. Six d’entre nous sont retenus pour porter le brancard de la statue de la Sainte Vierge lors de la procession.
Acte de consécration au Cœur Immaculé de Marie, attribué au pape Pie XII :
Reine du Très Saint Rosaire,
Secours des chrétiens,
Refuge du genre humain,
Victorieuse dans tous les combats de Dieu,
Nous nous consacrons à votre Cœur Immaculé.
Recevez-nous sous votre protection maternelle.
Gardez-nous fidèles à votre Fils Jésus-Christ.
Obtenez-nous la grâce d’aimer Dieu de tout notre cœur,
de vivre selon l’Évangile
et de persévérer jusqu’à la fin.
Cœur Immaculé de Marie,
soyez notre refuge,
notre espérance et notre chemin vers Jésus.
Amen.
Sitôt les laudes récitées et le petit-déjeuner pris, nous faisons connaissance avec Antonio, le chauffeur du car qui va nous emmener vers le monastère de Santa Maria da Vitória, à…
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Sitôt les laudes récitées et le petit-déjeuner pris, nous faisons connaissance avec Antonio, le chauffeur du car qui va nous emmener vers le monastère de Santa Maria da Vitória, à Batalha. Pendant la petite demi-heure de trajet, Nelson, notre guide, nous résume l’histoire du Portugal et de ses quatre dynasties monarchiques.
Née en 1139 lorsqu’Afonso Henriques se proclame roi après avoir assuré l’indépendance du Portugal face au royaume de León, la 1ʳᵉ dynastie, dite de Bourgogne (1139-1383), fonde et consolide le royaume tout en achevant la Reconquista. À la suite d’une crise de succession, la 2ᵉ dynastie, celle d’Aviz (1385-1580), accède au trône avec Jean Ier de Portugal. C’est l’âge d’or des grandes découvertes maritimes, qui conduit à la création d’un vaste empire colonial. Après une union dynastique avec l’Espagne (1580-1640), la 3ᵉ dynastie, celle de Bragance, restaure l’indépendance du pays. Une courte 4ᵉ dynastie constitutionnelle gouverne durant la période libérale (1853-1910). La monarchie prend fin le 5 octobre 1910 avec la révolution qui renverse le roi Manuel II de Portugal et proclame la République. Cette république, aux gouvernements instables, va durer jusqu’en 1926, puis Antonio de Oliveira Salazar installe l’Etat nouveau, régime autoritaire qui va durer jusqu’à sa mort, en 1970. En 1974, la révolution des Œillets voit des militaires, porteurs d’un projet libéral, mettre en place un gouvernement civil, organiser des élections libres et achever la décolonisation.
La visite du monastère part du pied de la statue équestre de Nuno Alvares Pereira, connétable de Jean 1er, artisan de la victoire des Portugais sur les Castillans à la bataille d’Aljubarrota en 1385 (victoire à l’origine du vœu d’édifier le monastère) et béatifié par le pape Benoît XVI.
Le monastère dominicain, dont la construction s’étale sur deux siècles, mélange un style gothique flamboyant (la nef de l’église culmine à 32,5 m) et d’art manuelin qui s’exprime dans le cloître royal. Il abrite de nombreux tombeaux royaux (dont celui d’Henri le Navigateur) et le musée des offrandes faites au Soldat inconnu portugais. Nous avons la chance d’assister à la relève de la garde sur la tombe des soldats inconnus (Première Guerre mondiale et Mozambique), dans l’ancienne salle du chapitre, sous l’œil placide d’un des chats du monastère. Et aussi d’éprouver la belle acoustique de la Chapelle inachevée (Nelson entame le magnifique Per Crucem de Taizé, le Père Philippe et Nicole, le Salve Regina, le cœur des bretonnants, Da Feiz on Tadou Kohz, et Serge, Bro Gozh Mazadou).
Nous reprenons ensuite la route en direction de Nazaré, jadis village de pêcheur, aujourd’hui station balnéaire réputée pour son spot de surf au sud du Fort Saint-Michel (plusieurs records du monde établis sur des vagues culminant à 25 m). Nelson nous emmène tout d’abord au Sanctuaire de Notre-Dame de Nazaré, où il nous est donné de voir des enfants faire leur première communion (nous sommes le jour de la Fête du Corps du Christ, jour férié au Portugal), dans le quartier Do Sito, celui du promontoire perché sur une falaise abrupte de plus de 100 m de haut. C’est là qu’en 1682, Don Juan Rodrigo échappe à la mort en parvenant à arrêter au seuil du vide son cheval emballé en criant « Que Notre-Dame me vaille ». Il fait édifier une petite chapelle votive sous laquelle on découvre une statuette de la Vierge apportée de Palestine par un moine grec au IVème siècle et cachée dans une petite grotte au VIIIème siècle par le roi Rodrigo au cours de sa fuite après la défaite du Guadalete (711 – victoire des Berbères sur les Wisigoths). Cette statuette fait l’objet d’une grande dévotion.
Nous descendons ensuite au niveau du port, d’où partait autrefois la Flotte blanche vers les bancs de morue au large du Labrador, et des plages où, parmi les installations de loisirs, nous apercevons quelques barques traditionnelles et quelques treillis de séchage du poisson. Le restaurant São Miguel nous sert une délicieuse dorade grillée, une soupe de poisson et une salade de fruits.
Il est temps de partir pour le monastère cistercien de Santa Maria de Alcobaça, au fond de la vallée de l’Alcoa. Sans beaucoup de temps pour admirer les jolies maisons de style Art déco et Art nouveau situées à proximité, nous pénétrons dans l’imposant monastère inspiré de Cluny et de la Cité de Dieu de Saint Augustin. La visite nous conduit dans un petit cloître, un immense déambulatoire, avec sa fontaine de style Renaissance, le réfectoire, avec son entrée surmontée de la devise énigmatique « Venez, mangez les péchés du peuple », son immense cuisine, qui servait aussi de calofactorum pour chauffer le dortoir situé en étage, la salle des novices, avec son sol en pente et ses écritoires de copistes, l’immense dortoir avec sa fenêtre ouverte sur la nef de l’église, qui nous permet d’apercevoir le tombeau d’ Ines de Castro et du prince Pierre, dont les amours furent contrariés par la raison d’Etat, le parloir, la salle du chapitre et, en revenant par le cloître, une petite chapelle baroque et, enfin, la salle des rois qui abrite les statues des souverains et, disposée en une fresque d’azulejos, l’histoire de l’abbaye. Au seuil de l’église, nous assistons à l’entrée de la procession de la Fête du Corps du Christ, puis nous nous mettons en route de façon à être rendus à Fatima à temps pour la messe de 18h30 (messe de l’Annonciation faite à Marie).
Après le repas du soir, une réunion informelle permet à chacun de donner son avis sur le déroulement du pèlerinage et, pour ceux qui le souhaitent, de faire part de ce qu’ils en ont retiré. La tonalité est à une grande satisfaction, à la fois de la densité spirituelle et de l’amitié partagée. Une petite discussion s’amorce sur le Ciel, le Purgatoire et l’Enfer, clairement désignés dans les messages de la Sainte Vierge aux enfants. Une autre sur les souffrances qu’ils ont dû endurer et sur le sens de cette souffrance.
Acte de confiance à Marie, Vierge de Fátima, au terme de la Messe à l’occasion de la Journée mariale (Pape François, place Saint-Pierre, 13 octobre 2013)
Bienheureuse Vierge de Fátima, avec une gratitude renouvelée pour ta présence maternelle nous unissons notre voix à celle de toutes les générations qui te disent bienheureuse.
Nous célébrons en toi les grandes œuvres de Dieu, qui jamais ne se lasse de se pencher avec miséricorde sur l’humanité, affligée par le mal et blessée par le péché, pour la guérir et pour la sauver.
Accueille avec ta bienveillance de Mère l’acte de consécration que nous accomplissons aujourd’hui avec confiance, devant ton image qui nous est si chère.
Nous sommes assurés que chacun de nous est précieux à tes yeux et que rien ne t’est étranger de tout ce qui habite dans nos cœurs. Nous nous laissons embrasser par ton très doux regard et recevons la caresse réconfortante de ton sourire.
Protège notre vie entre tes bras: bénis et renforce tout désir de bien ; ravive et nourris la foi ; soutiens et illumine l’espérance ; suscite et anime la charité ; guide nous tous sur le chemin de la sainteté.
Enseigne-nous ton amour de prédilection pour les petits et les pauvres, pour les exclus et les personnes qui souffrent, pour les pécheurs et les égarés du cœur : rassemble tous les hommes sous ta protection et confie les tous à ton Fils bien-aimé, Notre Seigneur Jésus. Amen.
(ce compte rendu est volontairement développé, de façon à aider les pèlerins à ancrer les innombrables souvenirs de cette longue journée) La veille au soir, après la messe, nous avons…
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(ce compte rendu est volontairement développé, de façon à aider les pèlerins à ancrer les innombrables souvenirs de cette longue journée)
La veille au soir, après la messe, nous avons pris congé avec regret et émotion de Nelson, notre guide de deux jours. Il aurait bien poursuivi le voyage avec nous. Nous l’avions adopté comme un pèlerin de notre groupe.
C’est donc sans lui que nous nous mettons en route pour Lisbonne le vendredi matin. Le début du trajet est consacré à la récitation des laudes. Vers 10h00, nous arrivons au centre de Lisbonne, à la Praça Marquês de Pombal (place du Marquis de Pombal) qui domine l’avenue de la Liberdade, « Champs-Elysées » portugais, au bout de laquelle nous nous arrêtons près du monument des Restausadores qui célèbre la restauration de l’indépendance portugaise en 1640.
Là, nous faisons connaissance avec André, notre nouveau guide, qui commence par nous montrer la sculpture d’un tailleur de pierre et d’un dameur, hommage rendu aux ouvriers qui ont posé et entretiennent les trottoirs de la ville. Un pavage représentant un vaisseau et deux corbeaux, symboles de Lisbonne depuis le XIIIe siècle, fait mémoire du transport des reliques de Saint Vincent de Saragosse devant la poussée arabe du début du VIIIe siècle. La légende veut que les corbeaux aient assuré la vigie pendant la traversée.
Nous admirons ensuite la gare de Rossio, la première gare de Lisbonne, dont la façade, digne d’un palais, est ornée de l’effigie de Louis 1er, roi qui a présidé à son établissement, et de Charles Ier et Amélie d’Orléans, souverains lui ayant succédé, ainsi que d’une statue de Sébastien Ier dont les armoiries portent les sept châteaux soumis lors de la reconquête de l’Algarve. Nous passons devant le théâtre national Marie II, établi en 1840, puis traversons la partie nord de la Praça Dom Pedro IV (généralement appelée place Rossio), qui accueille une colonne portant la statue du roi Pierre IV et deux fontaines identiques à celles de la place de la Concorde à Paris. La place et l’église Saint-Dominique viennent juste après. André nous montre un petit monument commémorant le pogrom qui a pris sa source dans l’église le 15 avril 1506 quand un rayon de soleil tombant sur le Christ en croix a donné l’impression d’un reflet de larmes, et réveillé l’animosité contre les « nouveaux chrétiens », juifs convertis de force sous l’influence de la politique religieuse espagnole. 3000 à 4000 Juifs seront massacrés en trois jours. Outre cette tragédie, l’église Saint Dominique porte un passé douloureux : elle fut ébranlée par les tremblements de terre de 1531 et de 1755, et incendiée accidentellement en 1959. A partir du XVIe siècle, la place Saint Dominique accueillait les rassemblements dominicaux de la Confrérie des Noirs, formée d’esclaves affranchis qui s’employaient à collecter les fonds voués à l’achat de la liberté de leurs congénères. Des Lisboètes d’origine africaine ont conservé l’habitude de se retrouver là le week-end.
Nous empruntons la rua das Portas de Santo Antão (Portes Saint Antoine) et sommes bientôt devant l’église Saint Louis des Français, église fondée en 1552 sous l’invocation de Saint Louis, roi de France, achevée en 1622, financée par la Confrérie de Saint Louis et la collecte de taxes sur le commerce de laine et de la soie, ainsi que par des dons, en particulier ceux des rois Henri II et Louis XV, et restaurée régulièrement depuis, en particulier après le tremblement de terre de 1755. Le père Édouard de Grivel, installé depuis septembre 2025, nous accueille et nous présente les nombreux tableaux qui décorent son église, ainsi que sa dynamique paroisse francophone.
La messe de 11h00, célébrée par le père Philippe et Etienne, nous rassemble autour de la mémoire liturgique de Saint Boniface.
Nous partons ensuite à pied vers le restaurant en longeant la place Rossio et ses boutiques Loja Con Historia (d’intérêt historique), en évitant la prestigieuse rua Augusta (Magnifique), trop encombrée, au bout de laquelle on aperçoit l’Arco Triunfal da Rua Augusta (Arc de triomphe) et en empruntant la Rua da Prata (de l’argent), parallèle, qui descend de la place da Figueira (figuiers) vers le Tage.
Chemin faisant, André nous montre l’Elevador de Santa Justa (1902), ascenseur en fonte rivetée dont l’architecte était disciple de Gustave Eiffel ; et, sur les hauteurs du quartier Alcântara, les ruines de l’église de l’ancien couvent des Carmes, conservées comme témoin du séisme de 1755, survenu un 1er novembre, jour de la Toussaint, vers 09h40. Il nous explique que les ravages furent principalement dus aux incendies (les nombreuses bougies allumées dans les églises et les feux déjà préparés pour le repas de midi), et au tsunami, qui apporta au centre-ville le bois des bateaux et des chantiers dévastés dans le port. Nous croisons quelques vieux tramways datant de 1930, les seuls capables d’affronter certains dénivelés de la ville. André nous parle aussi de la reconstruction de la ville, financée par des investissements privés et, au vu de l’ampleur de la tâche (1200 immeubles rebâtis en 25 ans), confiée à des entrepreneurs qui favorisèrent une grande uniformité des plans et des fournitures. Nous parvenons à la majestueuse Praça do Comércio (place du Commerce), cœur de la vie administrative du pays (ministère de la Marine, de la justice, des finances…), posée sur la rive droite du Tage, et découvrons la belle statuaire de l’Arc de triomphe : armoiries du roi, allégories du Tage et du Douro (frontières du peuple lusitanien primitif), héros nationaux, dont le marquis de Pombal, Premier ministre du roi Joseph Ier et artisan, entre autres, de la reconstruction de la ville.
Direction le vieux quartier Alfama via la rua da Alfandega (douanes). Nous admirons la façade (de style manuélin) de Igreja de Nossa Senhora da Conceição Velha (église Notre-Dame de la Vieille Conception), la Casa de los Picos (maison des piques), les tours-clochers de la cathédrale (du XIIe siècle). Nous empruntons l’Arco de Jesus, petite ruelle en pente, puis la rua de São João da Praça, décorée en l’honneur de la fête de Saint Antoine (né à Lisbonne et mort à Padoue, fêté le 13 juin), qui nous amène au Patio de Fado, restaurant où, après l’apéritif (bière ou porto) offert par le père Philippe et Etienne, nous sont servies une soupe, une brandade de morue et une panacotta.
L’après-midi, après avoir regagné le car, nous partons vers le quartier de Belém, à l’embouchure du Tage. Le long du trajet, nous apercevons le Panthéon national (Eglise de la Sainte-Grâce) (où sont enterrés en particulier la chanteuse de fado Amália Rodrigues et le footballeur Eusébio), le musée militaire, les deux immenses stades des clubs de foot locaux (Benfica et Sporting Portugal), la forêt Monsanto et, enfin, le Padrão dos Descobrimentos (monument aux Découvertes) érigé en 1960 à la mémoire des grandes figures de l’expansion coloniale portugaise des XVe et XVIe siècles. Notre dernière étape avant le départ est la visite du Mosteiro dos Jerónimos (Monastère des Hiéronymites), fondé par le roi Manuel Ier en 1502 sur l’emplacement d’un ermitage dédié à la Vierge de l’Étoile par Henri le Navigateur en 1415, pour accueillir les moines de l’ordre de Saint-Jérôme (présent en Espagne et au Portugal) et servir de nécropole royale. La construction va être principalement financée par les profits du commerce des épices (poivre en particulier). De style gothique tardif enrichi des ornements manuélins, le monastère abrite (entre de nombreux autres) le tombeau de Manuel Ier, ce qui explique l’état de la Chapelle inachevée visitée la veille à Batalha. Les Guerres libérales (guerre civile portugaise – 1828-1834) va entraîner la fermeture de plus de 500 monastères, dont celui des Hiéronymites, qui ne va conserver qu’une église consacrée pour les habitants du quartier. Les visiteurs accèdent aux deux étages du cloître et découvrent l’ancienne salle capitulaire et le réfectoire, décoré d’azulejos représentant la vie de Saint Joseph.
Pendant la visite, André, notre guide est parti acheter des pasteis de nata (tartelettes à la crème), pour nous faire goûter à cette recette héritée des moines qui utilisaient ainsi le surplus de jaunes d’œufs que leur laissaient les blancs d’œufs utilisés pour le blanchiment de leurs habits.
Il est temps de partir pour l’aéroport et pour un long voyage qui nous ramènera au milieu de la nuit, dans une Bretagne balayée par une tempête de pluie froide qui va disperser notre bon groupe plus vite qu’il ne l’aurait souhaité. Nous quittons déjà le Portugal avec regret, le pays des 3F (Fatima, fado, football), avec le sentiment d’avoir eu la chance d’approcher le message de Fatima, de l’avoir aimé et d’être animés de la volonté de lui rester fidèles.
En complément des comptes rendus des journées précédentes, il nous faut ajouter deux informations :
Demandes et Prières enseignées par Marie aux enfants (Mémoires de Sœur Lucie)
Sacrifiez-vous pour les pêcheurs, et dites souvent, spécialement lorsque vous ferez un sacrifice : Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pêcheurs et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie.
Pendant la même apparition (le 13 juillet 1917), Notre-Dame ajouta encore :
Lorsque vous récitez le chapelet, dites après chaque mystère : Ô mon Jésus pardonnez-nous, préservez-nous du feu de l’enfer ; emmenez au Paradis toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin.