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Vivre ensemble avec nos différences 

Partage d’expérience de Pascale Lannuzel, brestoise , volontaire pour la Délégation Catholique pour la Coopération (DCC), partie 1 an en Algérie et actuellement en Égypte

Alexandrie, le 1er novembre 2023

Vivre ensemble avec nos différences

Voilà deux mois que j’ai posé les pieds pour la première fois en Egypte ; mais non la première fois que je suis envoyée en mission par la Délégation Catholique pour la Coopération dans un pays arabe, ou plus précisément, dans un pays où la majorité des habitants parlent la langue arabe et où la religion dominante est l’Islam.
J’ai donc vécu dans le sud algérien, durant une année, de mars 2022 à février 2023 à Tamanrasset, dans le désert, sur les traces de Charles de Foucauld. Et depuis le 1er septembre, j’habite à Alexandrie, avec vue sur mer !
Deux paysages contrastés, deux larges horizons pour mes méditations !
Je ne connaissais pas Charles de Foucauld avant mon départ en Algérie. Un hasard, une coïncidence, la providence… Un jour, une lecture dans le quotidien « La Croix ». Je tombe sur un appel lancé à des laïques notamment, pour rejoindre une communauté religieuse à Tamanrasset. Cette lecture est loin de me laisser indifférente. Quant à y répondre… J’entame une réflexion, que je n’appelais pas encore à ce moment-là, discernement. Je m’accorde du temps et accepte les avis de mon entourage. Je prends conscience qu’il me faudra faire preuve d’abandon …, abandonner ma famille, mes ami-e-s, un contrat de travail à durée indéterminée, etc. Et, décision prise, mon départ prendra encore plus de temps, en raison d’une difficulté d’obtention de visa culturel pour l’Algérie.
L’espérance… Et tout finit par arriver dans la joie.
J’ai passé une année de mille et une rencontres dans le sud algérien. Un accueil des plus chaleureux des Berbères et autres communautés originaires du nord de l’Algérie. Les habitants se disaient heureux de ma présence, étonnés aussi. Qu’est-ce que je venais faire à Tamanrasset ? Et pas simplement de passage, en touriste. Mon visage n’est pas passé inaperçu même si je portais un voile, discret, disons une légère étole qui recouvrait mes cheveux qui, au demeurant, s’avérait très utile contre le soleil et surtout la poussière du désert. Dans les rues, les passants, jeunes comme moins jeunes, m’adressaient spontanément la parole, en français parfois ; et les discussions se prolongeaient souvent autour du partage d’un thé. Discrète est donc restée la raison de ma présence. Les Chrétiens sont peu nombreux en Algérie. Mais la communauté oh combien soudée ! Incroyable l’accueil des congrégations religieuses vivant aux quatre coins de l’Algérie. Et summum, c’est l’évêque du Sahara, en personne, qui est venu à ma rencontre, le 1er jour de mon arrivée, à l’aéroport d’Alger !
Mon arrivée en Egypte ne s’est pas passée de la même manière. Mais l’accueil est tout aussi chaleureux, dans les rues comme avec les collègues de mon lieu de mission.
Alors, qu’elle est ma mission à Alexandrie ?! Je propose de vous faire part régulièrement tout au long des mois à venir, chères lectrices, chers lecteurs, de ma nouvelle vie ici. Et je reviendrai également sur des épisodes de ma mission en Algérie.
Comme point de départ de mes deux missions, pour moi, être volontaire de la DCC, c’est aller à la recherche du vivre ensemble avec nos différences. Et plus particulièrement en cette période de violence dans les pays voisins, au Moyen Orient, c’est d’être ensemble pour la paix. Et partager cela avec vous, un souhait de ma part.

Pascale