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Chronique du Père Job an Irien : Sant Menou / Saint Menou

Sant Menou

Gand fin an hañv em-eus kavet eun nebeud deveziou vakañsou da vond da weled mignoned koz a Vro-Gembre, staliet bremañ evid o retred er Bourgogn. Daou veleg koz int, ha d’ar mare ma vedont c’hoaz anglikaned, o-doa digoret din dorojou Bro-Gembre ha Kerne-Veur. Diwezatoc’h int deuet da veza katoliked, hag epad ouspenn ugent vloaz int bet e karg euz parreziou e eskopti Frejus-Toulon. Deuet om da veza mignoned braz hag e felle din mond da dremen eun nebeud deveziou ganto d’o zrugarekaad. E-kichenn al lec’h brudet Alezia emaint o chom, ar pez a zo pellig awalc’h euz Trelevenez !

War an hent da vond beteg eno em-eus gweled e oa eul lec’h anvet Saint-Menoux, hag em-eus en em c’houlennet hag e-noa ar zant-se eun dra bennag da weled gand Pont-Menou e parrez Plistin. Ma oa eur zant breizad, petra a rae e eskopti Bourj, ken pell diouz Breiz ? E Saint-Menoux e lavarer e oa e gwirionez eur breizad, deuet euz Breiz-Veur er seizved kantved, hag en em staliet e eskopti Kerne da vare sant Kaourentin. ‘Vel kalz menec’h euz ar mare-ze e felle dezañ mond e pelerinaj evid Doue, hag e yeas beteg Rom. War hent an distro, e chomas a-zav skuiz-maro e-kichenn ar ster Ours e Mailly-sur-Rose, deuet goude ar bloaz mil da veza Saint-Menoux. Eno e tivizas en em stalia da vad, o veva eur vuez a bedenn hag a zigemer.

Dond a reas buan da veza anavezet dre ar vro ablamour d’e garantez e-keñver ar re reuzeudig ha d’ar pareañsou niveruz a rae. Kemer a reas dindan e warez eur paour-kêz den berr a spered a veze gwallgaset gand tud ar gêriadenn. Diwar-ze e teuas ar c’hiz er vro-ze da bedi sant Menou evid ar vugale ampechet hag ar re berr-a-spered. Bloaveziou goude e varo, e oe lakeet relegou sant Menou en eun arched merovinjian e mên, a zo c’hoaz hirio dreg an aoter en iliz roman euz an 11ved kantved bet savet en e enor.

Er vogerig a ziwall an arched ez-eus eun toull d’ar re dalhet en o fenn da dostaad ouz ar relegou.

‘N-eur guitaad Trelevenez, ne ouien ket em befe tro, goude seiz kant kilometrad, da bedi eur zant breizad, dianavezet koulz lavared e Breiz.


Saint Menou

Avec la fin de l’été j’ai trouvé quelques jours de vacances pour aller voir de vieux amis du Pays de Galles, maintenant établis en Bourgogne pour leur retraite. Il s’agit de deux prêtres agés qui, du temps où ils étaient encore anglicans, m’ont ouvert les portes du Pays de Galles et de la Cornouaille Britannique. Plus tard ils sont devenus catholiques, et pendant plus de vingt ans ont été en charge de paroisses au diocèse de Fréjus-Toulon. Nous sommes devenus grands amis et je tenais à aller passer quelques jours avec eux pour les remercier. Ils habitent auprès du site réputé d’Alésia, ce qui est un peu loin de Tréflévénez !

Sur la route pour m’y rendre j’ai noté qu’il y avait une localité dénommée Saint-Menoux, et je me suis demandé si ce saint avait quelque chose à voir avec Pont-Menou auprès de Lanmeur. Si c’était un saint breton, que faisait-il au diocèse de Bourges, si loin de la Bretagne ? A Saint-Menoux on dit qu’il s’agit bien d’un Breton, venu de Grande-Bretagne au VIIème siècle s’établir comme ermite en Cornouaille au temps de saint Corentin. Comme beaucoup de moines de cette époque il voulait aller en pèlerinage pour Dieu et alla jusqu’à Rome. Sur le chemin du retour, épuisé, il s’arrêta auprès de la rivière Ours à Mailly-sur-Rose, devenue Saint-Menoux après l’an mil. Il décida d’y demeurer, vivant une vie de prière et d’accueil.

Sa renommée se répandit rapidement dans la région à cause de son amour des plus miséreux et des nombreuses guérisons qu’il opérait. Il prit sous sa protection un simple d’esprit qui était le souffre-douleur des gens du village. De là vint la coutume dans la région de prier saint Menou pour les handicapés et les simples d’esprit. Des années après sa mort, les reliques de saint Menou furent déposées dans un sarcophage mérovingien qui se trouve encore derrière l’autel dans la belle église romane qui fut élevée en son honneur au XIème siècle. Dans le muretain qui protège le sarcophage il y a un trou pour que ceux qui sont atteints de la tête puissent s’approcher du reliquaire.

En quittant Tréflévénez je ne savais pas que j’aurais l’occasion, après sept cent kilomètres, de prier un saint breton pratiquement inconnu en Bretagne.

Tad Job an Irien