Annonciation – Lc 1, 26-38
Chers amis,
C’est avec une belle fresque de l’Annonciation que nous avons pu découvrir petit à petit en appelant les groupes qui se trouvent maintenant devant nous, mais aussi avec cet Évangile de l’Annonciation que nous ouvrons notre pèlerinage, dans ce temps d’accueil mutuel.
Nous faisons partie de ces millions de pèlerins qui viennent chaque année à Lourdes depuis cent soixante-huit ans, depuis ces jours bénis où la Vierge Marie est apparue à Bernadette. Ils viennent, non pas seulement pour se souvenir d’un bel événement du passé, mais parce qu’à Lourdes, nous recevons des grâces particulières.
Il y a beaucoup de miracles à Lourdes, même si la plupart demeurent dans le secret des cœurs et ne font pas l’objet d’une déclaration officielle au Bureau des Constatations. Des guérisons physiques, il y en a. Et pourquoi ne pas demander à Jésus répondant à l’aveugle Bartimée : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Il y a aussi des guérisons morales, et certainement beaucoup de guérisons spirituelles, pour retrouver la joie de vivre grâce à l’Espérance que donne le Seigneur. Recevoir le don de la foi est sans doute encore plus important que les guérisons physiques.
La Vierge Marie est très présente à Lourdes auprès de chacun d’entre nous. Elle nous accompagne dans ce pèlerinage pour nous conduire à Jésus, son Fils.
Cette année, le thème retenu par les sanctuaires reprend les premiers mots de l’Évangile de saint Luc : « Je te salue, comblée de grâce. Le Seigneur est avec toi. » Cette parole que l’ange Gabriel adresse à Marie de la part du Seigneur s’adresse aussi à chacun de nous, sans exception.
D’abord : « Je te salue ». C’est un très beau mot d’accueil, plein d’amour et de respect. Il manifeste l’amour que le Seigneur a pour moi, pour toi, pour chacun de nous. Le Seigneur nous accueille en ce lieu où il a envoyé la Vierge Marie pour nous parler. Elle n’est plus visible, mais elle n’a pas quitté ce lieu.
Ce mot d’accueil, nous nous le sommes adressé les uns aux autres au début de cette célébration. S’accueillir mutuellement, c’est déjà manifester l’amour de Dieu qui règne en nous et que nous voulons partager, durant tout ce pèlerinage, sans faire de différence — que nous soyons jeunes, en pleine forme, malades, handicapés, âgés ou en situation de précarité — dans le Royaume de Dieu, nous sommes tous frères et sœurs dans le Christ. Et Lourdes est un lieu privilégié pour le vivre concrètement.
Ensuite : « comblée de grâce ». Cela signifie que nous sommes comblés de tout ce que le Seigneur nous donne déjà, simplement parce que nous avons décidé de venir en pèlerinage. Cette démarche est une manière d’ouvrir notre cœur au Seigneur. Même si notre foi est encore fragile, même si nous avons encore des doutes, le Seigneur nous donne la grâce de son Esprit Saint, son Esprit d’amour, pour que nous soyons ouverts à tout ce qu’il veut encore nous donner durant ce pèlerinage.
Enfin : « Le Seigneur est avec toi ». L’ange manifeste ainsi la proximité du Seigneur avec chacun de nous. Il est là, présent. Il marche avec nous comme il marchait avec les disciples d’Emmaüs, alors qu’ils ne le reconnaissaient pas encore ; mais déjà, leur cœur brûlait en écoutant sa Parole et en partageant le pain. Cette Parole de Dieu, nous l’avons accueillie et nous continuerons à l’accueillir tout au long de ce pèlerinage.
Frères et sœurs dans le Christ, nous avons pris le temps de nous accueillir. Laissons-nous maintenant accueillir par le Seigneur dans ce pèlerinage et recevoir de lui toutes les grâces qu’il veut nous donner.
Demandons à la Vierge Marie de nous aider à être à l’écoute et disponibles, comme elle l’a été vis-à-vis de l’ange Gabriel, ce qui lui a permis de dire : « Que tout se passe pour moi selon ta parole ». Cette parole, nous pouvons la faire nôtre au fond de notre cœur au début de ce pèlerinage. Amen.
+ Laurent DOGNIN
Évêque de Quimper et Léon