Accueil  -  Les homélies de Mgr Laurent Dognin  -  15 février 2026 — 6e dimanche du Temps Ordinaire – Année A — Église Saint-Louis — (Brest) (29)

15 février 2026 — 6e dimanche du Temps Ordinaire – Année A — Église Saint-Louis — (Brest) (29)

Si 15, 15-20 ; Ps 118 ; 1 Co 2, 6-10 ; Mt 5, 17-37

Chers amis,

Les textes que nous venons d’entendre sont très riches et je pourrais faire plusieurs homélies, mais je vais retenir ce soir un thème qui est très présent dans les trois lectures : la liberté humaine. Mais pas n’importe quelle liberté ! La liberté des enfants de Dieu. 

Je souhaite retenir trois aspects que je résumerais par cette phrase : Dieu nous donne une totale liberté de choix, mais il nous appelle à faire sa volonté, car elle seule nous conduit à la vérité et à la vie et il nous en donne les moyens par la force de son Esprit.

Premièrement, il y a une liberté totale. Dieu a donné aux hommes l’intelligence, cette capacité à discerner, à faire des choix ; et on peut dire qu’il y a déjà deux grands choix dans l’existence : le choix de la vie ou celui de la mort comme on l’a entendu dans la 1re lecture de Ben Sira le Sage : «Le Seigneur a mis devant toi, l’eau et le feu : étends la main vers ce que tu préfères ; la vie et la mort sont proposées aux hommes, l’une ou l’autre leur ait donnée selon leur choix ». On peut faire du bien ou on peut faire du mal. Tout dépend de la manière dont on va orienter librement notre existence, et cela dans des choix quotidiens comme nous l’avons entendu aussi dans l’Évangile. 

Évidemment, on pense spontanément que l’homme va choisir la vie, et non pas la mort. Mais ce n’est pas si simple, car le chemin de la mort n’apparaît pas nécessairement aux hommes comme un chemin de mort, sinon ils ne le prendraient pas… C’est bien là le problème. Quelquefois, même, il apparaît comme un chemin désirable, un bon chemin pour l’homme. Nous le voyons actuellement avec le débat sur la fin de vie qui remet pourtant en question la dignité de la personne humaine, celle du mourant, mais aussi celle de sa famille et des soignants !

De fait, l’homme aspire à cette liberté totale, mais en rejetant la Vérité divine qui devrait orienter ses choix, il se prive de repères… C’est ce qu’on appelle le relativisme, qui est très présent dans le monde d’aujourd’hui. Le pape François dans la Joie de l’Évangile (n° 64) avait souligné le fait qu’avec la négation de toute transcendance, on obtient « une augmentation progressive du relativisme qui donne lieu à une désorientation généralisée ». 

Une « désorientation généralisée », cette expression est intéressante. De fait, lorsqu’on regarde le monde d’aujourd’hui, il y a une aspiration à une liberté totale qui met en priorité les désirs individuels, et on peut en citer plusieurs qui sont presque comme des dogmes dans la société : la liberté sexuelle, la liberté économique sans tenir compte des conséquences humaines, la liberté de consommer aussi, sans tenir compte des effets dévastateurs sur la Création.

Tout cela, ce sont des libertés que l’homme a acquises, mais on en voit bien les limites. Or ce n’est pas l’homme en tant que tel qui est prédateur, mais l’homme pécheur, celui qui n’écoute plus le Seigneur, celui qui a rejeté Dieu de sa vie et qui n’est donc plus capable de choisir le chemin de la vie, pour lui, pour les autres, et même pour la planète !

Le deuxième aspect qui apparaît dans ces lectures, c’est que Dieu nous a donné cette liberté totale, mais Il nous appelle à la vie. Il ne nous laisse pas à la dérive.

Quand Jésus dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie », nous sommes sûrs en suivant Jésus de prendre le chemin de la vie, une vie plus forte que la mort, et c’est pourquoi, il est très important d’avoir une vie de prière profonde et régulière pour être toujours uni au Christ et aussi prendre le temps de méditer les Écritures, qui sont notre boussole. Le temps du Carême dans lequel nous allons entrer mercredi est un moment privilégié pour remettre le Christ au centre de nos choix de vie. 

C’est en vivant ainsi, que nous serons tellement proches du Seigneur, habités par Lui, habités par Sa parole et par le don de sa vie dans l’eucharistie, que nous serons capables de faire les bons choix dans la vie, les bons choix pour notre bonheur, mais également pour celui les autres.

Dans le passage d’Évangile de ce jour, Jésus nous appelle, non seulement à obéir à la Loi divine qui oriente nos choix vers la vie, mais à choisir d’aller au-delà de la Loi. C’est-à-dire à aimer sans limites, dans le respect total des personnes, même de ceux qui ne nous aiment pas. Autrement dit, un appel à aimer comme Jésus qui a donné sa vie pour nous. Cela nous amène à des choix très exigeants, très coûteux parfois, mais c’est toujours pour aimer davantage ! « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait »,[1] dit Jésus.

Enfin, troisièmement, dans ces choix difficiles, Jésus ne nous laisse pas seuls. Il nous donne aussi les moyens pour que nous soyons capables de choisir la vie.

J’ai évoqué sa Parole qui éclaire notre conscience. Et il nous donne aussi Sa lumière et Sa force par le don du Saint-Esprit, comme le dit saint Paul dans la Lettre aux Corinthiens : « Et c’est à nous que Dieu, par l’Esprit en a fait la révélation. Car l’Esprit sonde le fond de toutes choses, même les profondeurs de Dieu », donc laissons-nous conduire par l’Esprit Saint il nous mène sur le chemin de vie, celui du Christ.

Frères et sœurs, dans un monde qui est en ébullition, où les repères sont souvent brouillés, nous devons plus que jamais nous accrocher au Christ, qui seul est capable d’orienter nos choix de vie en étant vraiment libérés des idéologies qui traversent le monde… 

Le chemin de vie avec le Seigneur, c’est un chemin de libération, mais aussi de joie, de vraie joie ! « Avec Jésus, la joie naît et renaît toujours », disait le pape François. Amen.

+ Laurent DOGNIN

Évêque de Quimper et Léon


[1] Matthieu 5, 48