Accueil  -  Les homélies de Mgr Laurent Dognin  -  17 avril 2026 — Année A — Pèlerinage diocésain — Messe d’envoi — Église Sainte-Bernadette (Lourdes) (65)

17 avril 2026 — Année A — Pèlerinage diocésain — Messe d’envoi — Église Sainte-Bernadette (Lourdes) (65)

Ac 5, 34-42 ; Ps 26 ; Jn 6, 1-15

Frères et sœurs,

Nous sommes presque sur le départ. Lorsque nous regardons les quelques jours de pèlerinage que nous avons passés ensemble, chacun peut avoir en mémoire des souvenirs, des moments qui l’ont particulièrement frappé, qui l’ont touché au plus profond de son cœur.

Et, lorsque nous sommes touchés ainsi, nous avons envie de le raconter à nos proches en rentrant. Souvent, la première chose que nous faisons est de prendre des photos de ce qui nous a marqués et de les envoyer. Désormais, nous n’attendons même plus de rentrer à la maison : nous les partageons aussitôt, par tous les moyens de communication actuels.

Mais ce que je vous demande, ce n’est pas seulement d’envoyer des photos ou de raconter tel ou tel événement marquant : c’est de témoigner de votre foi, de ce qui vous a touchés au plus profond de vous-mêmes. 

Témoigner de votre foi, de ce qui vous rend joyeux aujourd’hui. C’est ce qu’ont vécu les apôtres dans la première lecture que nous avons entendue, tirée des Actes des Apôtres. Ils étaient tellement joyeux d’avoir rencontré Jésus ressuscité, d’avoir pris conscience qu’il était vraiment le Sauveur — le Sauveur du monde, le Seigneur Dieu lui-même venu au milieu de nous pour nous sauver — qu’ils ne pouvaient pas s’empêcher d’en témoigner le plus largement possible.

Au fond, dès la Pentecôte, l’annonce de l’Évangile s’est répandue comme une traînée de poudre. Bien sûr, comme nous l’avons entendu, les apôtres et les disciples ont rencontré des oppositions, au point d’être fouettés à cause de leur foi. Mais rien ne peut empêcher la Bonne Nouvelle de se diffuser. Et, comme le dit Gamaliel : « si cela vient de Dieu, vous ne pourrez pas les faire tomber ».

Nous, lorsque nous témoignons de notre foi, nous ne sommes pas forcément fouettés — en France, cela n’arrive généralement pas — mais nous pouvons rencontrer des oppositions, de l’indifférence, voire des moqueries. Je pense en particulier à ce que m’écrivent les confirmands au sujet de leur difficulté à témoigner de leur foi au collège ou au lycée.

Cela peut être difficile aussi en famille, lorsque tous ne sont pas croyants. Nous pouvons même recevoir des moqueries dans l’Église : ce n’est pas toujours simple de témoigner de sa foi, y compris dans les écoles catholiques.

Et pourtant, il nous est dit dans ce passage : « ils repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus ». Ce ne sont pas les oppositions qui les empêchent de continuer à témoigner de leur foi. Ils ne sont pas découragés : ils poursuivent.

Nous pouvons recevoir ce message pour nous, en cette fin de pèlerinage : n’ayons pas peur de témoigner franchement de notre foi chrétienne. D’ailleurs, aujourd’hui, nous constatons que de moins en moins de personnes sont indifférentes. Beaucoup posent des questions, y compris en famille.

Comme nous le lisons dans l’Évangile : « une grande foule suivait Jésus, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades ». Nous aussi, nous avons vu des signes, et c’est pour cela que nous voulons suivre Jésus. Beaucoup, aujourd’hui, perçoivent des signes d’Église. Nous en avons vécu durant ce pèlerinage : dans les célébrations, dans le chemin de croix, dans les événements, dans tout ce que nous avons partagé en groupes. Nous n’avons pas tous vécu la même chose, mais chacun a reçu des signes.

Il y a aussi les signes issus de l’expérience personnelle : une joie intérieure, une paix, une découverte soudaine d’un aspect de la foi qui nous a profondément marqués.

Cela se manifeste jusque dans les familles, où l’on voit de plus en plus d’adultes demander le baptême et la confirmation parce qu’ils ont été poussés par leurs enfants. Ce sont les enfants qui les ont conduits à faire cette démarche. Cela montre combien votre témoignage est important.

Mais il faut aussi comprendre que le témoignage ne se limite pas à la parole : il suppose un engagement. Chacun s’engage de manière différente, en répondant à une vocation, ou de façon ponctuelle pour tel ou tel service.

Nous l’avons vu durant ce pèlerinage : de nombreux hospitaliers se sont engagés. Leur présence est essentielle, car sans eux, nous ne pourrions pas accueillir les malades. Il y a aussi les lycéens et les collégiens, qui ont apporté leur aide. Ce sont également des engagements.

Il y a tous ceux qui ont organisé ce pèlerinage. Nous les remercierons tout à l’heure, mais chacun, à son niveau, s’engage. Il y a les prêtres, les diacres, qui se donnent pour vous. Il y a aussi ceux qui s’engagent dans leur famille, notamment dans le mariage. Je pense, par exemple, à Xavier et Sonia CAILL, qui célèbrent aujourd’hui leur vingt-deuxième anniversaire de mariage. Ce n’est pas rien. Et je suis certain que parmi vous, plusieurs fêtent aussi des anniversaires de mariage ou d’ordination.

Chers amis, maintenant nous allons célébrer l’Eucharistie. Elle est, par définition, Action de grâce : le sacrement par lequel nous célébrons le don que Jésus a fait de sa vie pour nous, et qu’il continue de faire à travers ce sacrement. Avant de partir, nous allons célébrer ce mystère : Jésus continue de nourrir son peuple. C’est pour cela que des petits pains vous ont été remis — vous comprenez le lien avec l’Évangile de la multiplication des pains.

Aujourd’hui encore, Jésus nourrit son peuple, et cela dans le monde entier. Nous en avons fait l’expérience durant ce pèlerinage, comme une multiplication des pains à grande échelle, puisque cette réalité touche tous les pays. Plusieurs nations étaient représentées parmi nous, notamment lors de la messe internationale.

Les jeunes font aussi cette expérience lors des Journées mondiales de la Jeunesse ou à Taizé. Il existe de nombreuses occasions de découvrir que le feu de l’Esprit Saint se répand dans le monde, et que Jésus nourrit son peuple par l’Eucharistie partout sur la terre. C’est quelque chose d’extraordinaire.

Alors, chers amis, que le Seigneur continue de nous accompagner lorsque nous serons rentrés chez nous, dans nos paroisses, dans nos EHPAD, dans tous les lieux où nous vivons. Que son Esprit Saint nous aide à grandir dans la foi et à témoigner de cette Bonne Nouvelle du Salut, que nous avons découverte, redécouverte ou ravivée en nous au cours de ce pèlerinage. Amen.

+ Laurent DOGNIN

Évêque de Quimper et Léon