Accueil  -  Les homélies de Mgr Laurent Dognin  -  21 février 2026 — Veille du 1er dimanche de Carême – Année A – Appel décisif des jeunes – Cathédrale Saint-Corentin – (Quimper) (29)

21 février 2026 — Veille du 1er dimanche de Carême – Année A – Appel décisif des jeunes – Cathédrale Saint-Corentin – (Quimper) (29)

Gn 2, 7-9.3, 1-7a ; Ps 50 ; Rm 5, 12-19 ; Mt 4, 1-11

Chers catéchumènes,

Vous cheminez vers le baptême depuis un certain temps. C’est le Seigneur qui vous attire à Lui, par l’intermédiaire d’un certain nombre de chrétiens (vos parents, vos amis, vos animateurs, vos prêtres…) qui sont pour vous des témoins de sa Parole de vie, mais aussi de sa présence et de son amour.

Chacun de vous a une histoire particulière avec peut-être des hauts et des bas, des périodes de doute ou de découragement. Vos chemins sont parfois tortueux pour arriver à ce jour de votre appel décisif. 

Ce sont de beaux chemins de foi, mais pas sans difficulté et même souvent un véritable combat spirituel contre le diable qui nous entraîne vers le mal comme Jésus l’a vécu dans l’Évangile que nous venons d’entendre. 

Qu’est-ce qu’un combat spirituel ?

C’est un combat qui se vit, non pas avec la violence ou des armes, comme on le voit actuellement dans la société, mais un combat intérieur, une lutte contre les tentations du diable pour continuer à cheminer vers le Seigneur malgré les nombreux obstacles qui se présentent à vous : épreuves de santé, deuils, difficultés scolaires ou familiales. Autant d’événements qui ont pu vous éloigner de Dieu à un moment ou à un autre. 

Pourtant, dans ce chemin, le Seigneur n’était pas absent de votre vie. Vous avez fait aussi l’expérience de son amour. Le Christ vous a parfois rattrapé par la main pour vous remettre debout, pour vous aider à surmonter les épreuves et à trouver la paix intérieure, signe par excellence que vous étiez enfin sur la bonne route, la route de la vraie Vie. 

En écoutant le passage d’Évangile qui nous relate les tentations de Jésus au désert, nous comprenons qu’Il a voulu partager totalement notre condition humaine en éprouvant, lui aussi, ce combat spirituel

Volontairement, Jésus est parti pendant 40 jours dans le désert. Il n’était pas seul, l’Esprit Saint était avec lui. En éprouvant durement son corps en se privant de nourriture, Jésus s’est mis volontairement en situation de vulnérabilité. Il a fait l’expérience que nous faisons aussi lorsque nous sommes fatigués, éprouvés, découragés. C’est à ce moment-là que nous sommes le plus vulnérables et que nous risquons de faire des choix destructeurs pour nous et pour les autres ! 

Le diable s’approche donc de Jésus afin de profiter de sa vulnérabilité pour le faire chuter, l’écarter de sa mission, mettre en échec l’œuvre de Salut qu’il est venu accomplir en ce monde. Jésus est passé par ce combat spirituel afin de nous montrer que c’était un passage nécessaire pour que nous soyons prêts à le suivre, à nous engager à sa suite. Mais, dans ce passage d’Évangile, il nous montre aussi comment nous pouvons en sortir victorieusement. 

D’abord Jésus a beaucoup prié et, comme nous l’avons entendu, s’est appuyé solidement sur la Parole de Dieu : « Il est écrit : l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » C’est la Parole de Dieu qu’il a longuement méditée dans sa prière, qu’il connaît par cœur, qui va lui permettre de tenir bon devant les pièges du tentateur. 

En fait, ces 40 jours au désert résument le combat spirituel que Jésus va affronter toute sa vie. Il devra résister et tenir bon courageusement jusqu’à sa mort sur la croix pour rester fidèle à l’œuvre de Salut qu’il est venu accomplir en donnant sa vie sur la croix.

Nous autres qui avons été baptisés et confirmés, nous continuons de vivre toute notre vie ce combat spirituel qui seul peut nous permettre d’être fidèles à l’Évangile et de suivre le Christ sur le chemin de la Vie. Comme le dit Tertullien (2e siècle) : « On ne naît pas chrétien, on le devient ».

Dans ce combat intérieur, la Parole de Dieu est centrale, car c’est sur elle que nous nous appuyons pour grandir dans la foi et nous enraciner dans la volonté de Dieu. 

C’est cette parole qui nous permet de choisir la vie alors que tant d’occasions ou de sollicitations nous poussent à choisir des chemins souvent plus attirants, mais sans issue, ou pire, des chemins mortifères. La société ne nous aide pas à devenir chrétiens et nous devons parfois naviguer à contre-courant de l’opinion publique ou même de nos proches, de nos amis !

Le temps du Carême dans lequel nous venons d’entrer et qui va durer 40 jours comme pour Jésus au désert, a pour but justement de nous permettre, à la suite de Jésus, d’éprouver notre foi, de la rendre plus solide et plus ajustée à la volonté de Dieu. C’est un temps d’épreuve dans le sens que nous utilisons par exemple pour les épreuves sportives comme les Jeux olympiques qui se terminent demain et qui demandent un entraînement rude, mais qui a du sens, car il nous permet d’espérer la victoire. Et pour nous, la victoire, c’est la vie éternelle avec le Seigneur.

Le Carême, ce n’est donc pas déprimant, au contraire, nous voyons grandir en nous la foi, l’espérance et la charité et cela nous apporte beaucoup de joie !

Durant ce Carême, vous allez vivre, avec le soutien de la prière de tous les baptisés, ce qu’on appelle le temps de la purification et de l’illumination car vous recevrez la force de Dieu, Lui qui vous délivre de tout mal et qui ouvre vos yeux à la lumière de la foi. 

Chers catéchumènes, dans quelques instants, nous allons célébrer votre Appel décisif. C’est un moment important de votre cheminement vers les sacrements de l’initiation chrétienne. Que notre prière vous accompagne et que ce Carême nous rende tous plus forts devant les tentations de ce monde et nous purifie de nos œuvres mauvaises pour que nous soyons vraiment libres pour accueillir « le don gratuit de Dieu » et la grâce de son amour miséricordieux. Amen.

+ Laurent DOGNIN

Évêque de Quimper et Léon