Accueil  -  Les homélies de Mgr Laurent Dognin  -  22 octobre 2026 — Année A — Pèlerinage des chefs d’établissements de l’Enseignement catholique du Finistère à Rome — Crypte de la Basilique Saint-Pierre — (Rome) (Italie)

22 octobre 2026 — Année A — Pèlerinage des chefs d’établissements de l’Enseignement catholique du Finistère à Rome — Crypte de la Basilique Saint-Pierre — (Rome) (Italie)

Ep 3, 14-21, 1-2.4-5.11-12.18-19, 1-2, 3, 4, 5 ; Lc 12, 49-53

Frères et sœurs,

Nous poursuivons aujourd’hui notre fil rouge autour de cette phrase : « Notre mission est une mission d’Église. »

De fait, vous n’avez pas reçu votre lettre de mission par la poste ! Elle vous a été remise au cours d’une célébration eucharistique, lors de la journée de rentrée des chefs d’établissements de l’Enseignement catholique, par Christophe Geffard, mon délégué épiscopal, et en ma présence. Un acte fort, qui manifeste bien que vous avez reçu une mission d’Église, comme je voudrais maintenant le développer.

L’Évangile de ce jour n’est pas sans lien avec votre mission, même si les paroles de Jésus peuvent paraître très surprenantes au premier abord. Comment comprendre, en effet, que Jésus annonce être venu apporter la division dans les familles, alors qu’il n’a jamais cessé d’annoncer la paix et l’amour des autres, et même de ses ennemis ?

En réalité, Jésus annonce ici une conséquence de sa venue, et non une volonté de sa part de provoquer cette division.

Croire en Jésus n’est pas seulement une opinion personnelle qui donne un sens à notre existence. La foi transforme profondément notre vie et se concrétise dans une vie en Église. Dès les débuts de l’Église, ce choix de vie a pu entraîner des divisions au sein des familles et des communautés, allant jusqu’à provoquer des persécutions. Et cela n’a jamais cessé depuis, comme nous avons pu le voir à l’église Saint-Barthélemy.

Car, comme je vous l’ai dit l’autre jour, la foi chrétienne ne peut se vivre de façon individuelle. Nous avons une foi personnelle, mais celle-ci ne peut véritablement porter du fruit que dans une vie ecclésiale.

La mission qui nous est confiée à titre personnel vient compléter celle des autres. La mienne est épiscopale, mais je ne pourrais pas la mettre en œuvre au service de la croissance des jeunes sans la mission des membres de la DDEC et sans la vôtre, en tant que chef d’établissement.

Et votre mission est véritablement pastorale. Cette expression, comme vous le savez, fait référence au Christ, qui se présente lui-même comme le Bon Pasteur : celui qui conduit ses brebis vers les pâturages de la vraie vie, qui prend soin de celles qui sont malades et qui part à la recherche de celle qui est perdue. Vous avez cette responsabilité de manifester l’amour du Christ auprès des enfants et des jeunes qui vous sont confiés.

Je voudrais maintenant souligner deux choses, ici, en ce lieu si particulier, auprès de la tombe de saint Pierre, à qui Jésus avait dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. » (Mt 16, 18)

Premièrement, par votre mission d’Église, vous êtes associés à la mission apostolique que le Christ a confiée à son Église.

À la suite de Pierre et des apôtres, les Papes et les évêques se sont succédé au cours des siècles. En tant qu’évêque, je suis moi-même un successeur des apôtres. C’est le pape Benoît XVI, dont la tombe se trouve tout près d’ici, qui m’a appelé à l’épiscopat. Moi-même, j’ai nommé Christophe Geffard comme mon délégué épiscopal, et c’est lui qui vous a nommés chefs d’établissement. Cette succession accomplit ce que Jésus avait annoncé et fondé en nommant ses apôtres. Ainsi, chacun de nous, à sa place, participe à cette mission de l’Église, qui s’enracine dans celle des apôtres. Cette mission est d’origine divine, puisque c’est le Christ lui-même qui l’a fondée et qui continue de la faire vivre par le don de l’Esprit Saint.

C’est ainsi que se répand ce « feu sur la terre » dont parle Jésus dans l’Évangile. Ce feu, qu’il a promis et qui s’est manifesté par le don de l’Esprit Saint, continue de se répandre dans son Église par l’annonce de la Bonne Nouvelle, la célébration des sacrements, mais aussi, en ce qui vous concerne, par l’enseignement et l’éducation des enfants et des jeunes selon l’Évangile. Et ce feu continuera à se répandre jusqu’au retour du Christ dans sa gloire.

Il est beau de nous rappeler ensemble, devant la tombe de saint Pierre, ce qui fait le cœur de notre mission.

Deuxièmement, cette succession, dans laquelle chacun de nous a pris sa place, doit être nourrie.

Ce n’est pas un hasard si, tout en haut, au-dessus de la tombe de saint Pierre, se trouve l’autel où est célébrée l’Eucharistie. Jésus continue de nous donner sa vie par sa Parole et par le sacrifice eucharistique. L’Eucharistie est une nourriture indispensable : le Corps et le Sang du Christ ressuscité nous sont donnés pour que notre mission soit véritablement habitée par sa présence et pour nous unir les uns aux autres en un seul Corps. Amen.

✠ Laurent DOGNIN
Évêque de Quimper et Léon