Ac 2, 14a. 36-41 ; Ps 22 (23), 1-2ab, 2c-3, 5,6 ; 1 P 2, 20b-25
Frères et sœurs, chers confirmands,
Comme je le disais au début, aujourd’hui est la Journée mondiale de prière pour les vocations. Mais, au fond, qu’entendons-nous par « vocation » ?
Il y a évidemment un lien direct avec la confirmation que nous allons célébrer. Dans l’Évangile, l’évangéliste nous donne cette image du Bon Pasteur. C’est Jésus lui-même qui se présente ainsi : le bon berger qui rassemble ses brebis. « Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance » (cf. Jn 10, 10).
Au fond, la vocation, c’est d’abord suivre Jésus. Il marche à la tête de ses brebis, et les brebis le suivent parce qu’elles connaissent sa voix. Écouter la voix du Seigneur, c’est mettre sa foi en lui, comme les confirmands qui vont redire leur foi tout à l’heure avec nous. Mais c’est aussi écouter ce que Jésus nous dit dans l’Évangile et mettre sa Parole au cœur de notre existence.
Dans les Actes des Apôtres, nous avons entendu le discours de saint Pierre. Les auditeurs écoutent, et à la fin ils demandent : « Que devons-nous faire ? ». Vous avez remarqué qu’ils ne disent pas : « Que devons-nous croire ? » En fait, ils croient déjà, puisque le discours de Pierre les a convaincus. Mais ils demandent : « Que devons-nous faire ? »
La foi n’est donc pas seulement dans la tête, ni seulement dans le cœur : elle engage toute la vie. La vie chrétienne suppose l’engagement de toute notre personne, et cela doit se concrétiser dans nos choix de vie, dans nos actes, dans nos comportements vis-à-vis des autres.
C’est pourquoi l’Esprit Saint nous est donné : pour nous donner la force dans les épreuves, pour nous apprendre l’amour et la bienveillance, y compris envers nos ennemis. « Aimez vos ennemis », dit Jésus (cf. Mt 5, 44).
La vocation chrétienne s’exprime aussi dans le service des autres : renoncer à tout égoïsme pour prendre soin des autres à la manière de Jésus.
Nous avons tous à suivre Jésus : telle est notre vocation commune de baptisés et de confirmés. Nous avons aussi à témoigner de notre foi et chacun le manifestera d’une manière différente.
Saint Paul prend l’image du corps : Jésus est la tête du corps, et nous sommes les membres de ce corps. Personne ne peut dire à l’autre : « Je n’ai pas besoin de toi » (cf. 1 Co 12, 21). Chacun a sa place à prendre dans l’Église, d’une manière différente.
Saint Pierre, lui, utilise l’image de la construction : Jésus est la pierre angulaire, et nous sommes les pierres vivantes (cf. 1 P 2, 4-6). D’ailleurs, cette église elle-même est construite selon cette symbolique. Vous voyez, sur les piliers, ces croix rouges peintes : ce sont les croix de consécration. Normalement, il y en a douze et elles représentant les douze apôtres. Elles symbolisent l’Église elle-même, la communauté des baptisés fondée sur les apôtres.
Chacun de nous est une pierre vivante. Les pierres sont différentes, mais elles sont complémentaires et toutes indispensables. Cela donne une belle image de ce qu’est l’Église : une communion de vocations multiples.
Pour que l’Église soit vraiment le Corps du Christ de manière harmonieuse, le Seigneur appelle chacun à prendre sa place, y compris les laïcs. Bien sûr, cela passe par le témoignage de leur vie dans la société. À l’approche des élections municipales, je constate qu’il y a beaucoup de chrétiens engagés dans la vie publique.
Il y a aussi les services d’Église : la liturgie, la musique, l’animation des chants, le catéchuménat, la catéchèse, etc. Les vocations sont multiples et, aujourd’hui, elles se sont même diversifiées. Autrefois, le prêtre faisait un peu tout ; aujourd’hui, les responsabilités sont davantage partagées et chacun prend sa place.
Il y a aussi les vocations qui engagent toute la vie ; je pense par exemple au mariage. Le pape François a parlé du mariage comme d’une vocation, puisqu’il évoque la nécessité d’un discernement vocationnel avant de s’engager dans le sacrement du mariage, qui est lui aussi un don de Dieu.
Mais, en ce jour de prière pour les vocations, nous pensons plus particulièrement aux vocations sacerdotales et religieuses : les prêtres, les religieux et les religieuses, les personnes consacrées. Ce sont des vocations qui appellent à donner toute sa vie au Seigneur pour le service de l’Église et des autres.
Les prêtres ont une vocation très particulière, parce qu’ils représentent Jésus, le Bon Pasteur, au milieu de l’Église. Ils rassemblent le peuple de Dieu, annoncent l’Évangile et célèbrent les sacrements au nom du Christ. Nous comprenons bien que, sans prêtre, il n’y a pas de vie ecclésiale. Une communauté chrétienne a besoin de prêtres : c’est vital.
Les religieux et les religieuses engagent eux aussi toute leur vie, selon des charismes différents. Nous pouvons penser également aux laïcs consacrés, qui donnent toute leur vie au Seigneur sous différentes formes.
Le don de l’Esprit Saint agit en eux à travers une règle de vie commune. Certains sont contemplatifs et se consacrent à la prière et au travail ; d’autres sont apostoliques et engagés dans les missions de l’Église : l’éducation, le soin des personnes, l’annonce de l’Évangile dans les paroisses, etc.
Ces vocations sont spécifiques et ne concernent pas tous les baptisés. Mais comment savoir si le Seigneur nous appelle à une vocation particulière de prêtre, de religieux ou de religieuse ?
C’est une question qu’un jeune m’a encore posée lors du pèlerinage à Lourdes. Il m’a demandé : « Comment puis-je vraiment savoir ? » Lui-même ressentait déjà quelque chose.
Moi aussi, d’ailleurs, lorsque j’étais en sixième, j’étais allé voir l’aumônier et je lui avais demandé : « Comment puis-je être sûr que je suis appelé à être prêtre ? »
Il m’avait répondu que le Seigneur nous attire par la joie : une joie intérieure, une joie spirituelle qui vient de l’Esprit Saint. Une joie différente des autres joies. La joie aussi à l’idée de donner toute sa vie au Seigneur, le désir profond de cet engagement. On peut parler aussi d’une paix intérieure avec le sentiment que nous sommes sur le bon chemin, que là est la vérité.
Cela suppose évidemment un discernement, avec d’autres, et un discernement qui prend du temps. Dans le diocèse, nous avons actuellement deux groupes de jeunes — un de garçons et un de filles — qui ressentent cet appel, mais qui ont besoin d’y réfléchir et de faire mûrir leur discernement.
Cela prend plusieurs années avant de s’engager définitivement pour toute la vie, que ce soit comme prêtre, religieux ou religieuse.
Là encore, c’est un don de l’Esprit Saint : le don de conseil, qui nous aide à discerner notre vocation.
Ainsi, par la confirmation, nous recevons les dons du Saint-Esprit en plénitude pour nous aider à répondre à l’appel du Seigneur et à trouver le bon chemin dans la vie : celui où nous serons les plus heureux et aussi les plus utiles à la société et à l’Église pour sa mission.
Pour cela, bien sûr, nous devons beaucoup prier. Nous devons aussi nous nourrir de la Parole de Dieu et des sacrements, notamment de l’Eucharistie, où Jésus se donne à nous dans la communion.
Frères et sœurs, chers confirmands, c’est dans la joie que nous allons maintenant célébrer le sacrement de la confirmation, afin que l’Esprit Saint descende sur les confirmands, mais aussi sur chacun de nous, pour que nous prenions pleinement notre place à la suite de Jésus, dans la vocation qui est la nôtre. Amen.
+ Laurent DOGNIN
Évêque de Quimper et Léon