2 Tm 1, 1-3.6-12 ; Ps 122 (123) ; Mc 12, 18-27
Chers amis
En cette fin d’année pastorale, nous rendons grâce au Seigneur pour toutes les belles initiatives que vous avez pu vivre au cours de cette année. Nous lui confions vos intentions de prière et nous lui demandons sa lumière et son soutien pour ceux qui ont de nouveaux projets. En particulier, ceux qui vont entrer dans un nouveau cycle d’études, qui vont entrer dans la vie professionnelle, fonder une famille.
La confirmation de Marine et d’Anna est aussi pour nous tous l’occasion de « raviver le don gratuit de Dieu », comme dit saint Paul dans la première lecture, « ce don qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains », ajoute-t-il. Ce geste que je vais accomplir dans quelques instants avec les prêtres présents pour demander ce don gratuit de Dieu pour elles.
En effet, nous qui sommes baptisés et confirmés depuis peut-être de longues années, nous avons besoin aussi de « raviver » ce don. En fait, ce n’est pas le don de Dieu qui risque de perdre de son intensité, c’est nous qui, en raison des événements et des soucis personnels, de notre travail, de notre santé, risquons de ne plus être disponibles intérieurement pour accueillir le don de Dieu et de le faire fructifier par nos engagements au service des autres.
Le don de l’Esprit Saint n’est pas un acte magique. Il ne nous enlève pas notre humanité, avec ses limites et ses fragilités. Mais, il nous donne les moyens surnaturels pour nous permettre de vivre en chrétiens. Le Seigneur prend en compte nos fragilités et notre histoire personnelle afin d’orienter notre vie vers le bien.
Pour être concret, je voudrais souligner cinq défis actuels qui touchent autant les jeunes que les adultes et pour lesquels l’Esprit Saint nous assiste de façon bien réelle.
D’abord comme le dit Jésus aux saducéens dans l’Évangile de ce jour : « N’êtes-vous pas en train de vous égarer, en méconnaissant les Écritures et la puissance de Dieu ? » L’Esprit Saint nous guide par les Écritures. En effet, en méditant les textes de la Bible, nous comprenons quel est le projet de Dieu pour l’humanité. Un projet qui est devenu « visible » avec la venue de Jésus, comme saint Paul le souligne et cela change l’orientation de notre vie. Et la « puissance de Dieu » dont il parle se manifeste justement par le don du Saint-Esprit. C’est pourquoi le sacrement de la confirmation n’est pas une option ! C’est la volonté de Dieu que nous la recevions.
Mais l’Esprit Saint agit également par le Magistère de l’Église. Car le Pape et les évêques discernent, avec l’aide de l’Esprit Saint, ce qui est juste et vrai tout au long de l’histoire, pour nous guider au nom du Christ, notre Pasteur. Comme vous le savez, le pape Léon XIV vient de promulguer sa grande encyclique, Magnifica humanitas, (Magnifique humanité) sur les enjeux de l’I.A. pour la dignité de la personne humaine. Une encyclique qui donne d’ailleurs une vision beaucoup plus large sur la situation du monde. Il faut la lire et même à la travailler avec d’autres, car, inspiré par l’Esprit Saint, il nous guide vers la vérité.
Nous attendons l’avènement glorieux du Christ à la fin des temps avec joie et espérance. Une joie qui nous permet de tenir bon en ce monde et de nous y engager pleinement sans craindre l’avenir. Soyons toujours, avec l’aide de l’Esprit Saint, des bâtisseurs de l’avenir. Le Seigneur compte sur nous pour témoigner de cette espérance !
Comme le dit encore saint Paul, toujours dans la première lecture : « Prends ta part de souffrance pour l’annonce de l’Évangile ». Cette souffrance peut se traduire par des oppositions, des moqueries, voire des persécutions, mais n’oublions pas que l’Esprit Saint touche aussi le cœur de ceux qui nous écoutent.
En conclusion, dans la confirmation, l’Esprit Saint nous est donné en plénitude, mais c’est durant toute notre vie que nous continuons à cultiver les dons qu’il nous accorde en continuant d’approfondir notre foi, à prier personnellement et avec d’autres, à recevoir les sacrements, notamment l’Eucharistie qui est la source et le sommet de toute la vie chrétienne, et en nous mettant au service des autres par nos engagements dans l’Église et dans la société, chacun selon notre vocation.
Frères et sœurs, chers amis, c’est avec une grande joie que nous allons invoquer l’Esprit Saint pour Marine et Anna, mais aussi pour nous tous afin de raviver en nous le don gratuit de Dieu. Amen.
+ Laurent DOGNIN
Évêque de Quimper et Léon