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Notre-Dame de Kernitron

Le sanctuaire de Notre-Dame de Kernitron (Kernitron signifie « la maison de la Dame », de la Vierge) se situe à Lanmeur, paroisse du Trégor finistérien, à l’extrémité nord-ouest du diocèse de Quimper et Léon.

C’est une grande chapelle, en partie romane puisqu’élevée au XIIème siècle, qui fut remaniée au fil des siècles suivants, en particulier au XVème siècle. Elle est composée d’une nef, d’un transept et d’un chœur à chevet plat. C’était, à l’origine, l’église d’un prieuré dépendant de l’abbaye bénédictine de Saint-Jacut-de-la-Mer, diocèse de Dol (22).

L’érudit Louis Le Guennec écrivait au début du XXème siècle : « Dans le pays de Lanmeur, Kernitron passe pour la doyenne, pour l’aïeule des églises d’alentour ; c’est en quelque sorte la capitale mystique du Trégor morlaisien. »

L’histoire

Cette église prieurale fut construite au début du XIIe siècle par les moines bénédictins du prieuré voisin, dépendant de l’abbaye de Saint-Jacut-de-la-Mer. Aucun document pour ainsi dire n’a survécu pour nous éclairer sur l’histoire de Kernitron jusqu’au XVIesiècle, époque à laquelle l’abbaye de Saint Jacut tomba en commende et où les moines quittèrent Lanmeur, mais jusqu’à la Révolution, Kernitron resta dans la dépendance de l’évêché de Dol. Mise en vente comme bien d’Eglise devenu propriété nationale, la chapelle de Kernitron fut acquise le 7 juin 1791, pour une somme de 5900 livres, par S¬ébastien-Jean-M¬arc de Trogoff de Kerlessy : « Il n’avait acheté Kernitron que pour l’empêcher de tomber entre les mains de quelque trafiquant sans scrupules, qui eût abattu l’édifice afin d’en vendre les matériaux, et il la conserva ouverte au culte autant que les circonstances le lui permirent… Le pèlerinage n’avait pas complètement cessé, même aux jours les plus sombres, et la pacification religieuse lui donna un nouvel essor. En 1826, la famille Trogoff céda à la fabrique curiale de Lanmeur l’entière propriété de la chapelle de Kernitron avec ses dépendances. » (Louis Le Guennec) Ainsi, durant tout le XIXe siècle, Kernitron continua à voir accourir à ses pardons les foules chrétiennes des alentours : le recteur de Lanmeur de l’époque, l’abbé Diraison n’eut de cesse d’obtenir le couronnement de la statue de la Vierge. Cet honneur lui fut accordé en 1909 par le Souverain Pontife Pie X, sur la demande de Mgr Duparc, évêque de Quimper et de Léon. La statue de Notre-Dame de Kernitron fut couronnée solennellement le 15 août 1909, en présence de 8 évêques, de centaines de prêtres, et de 12000 fidèles.

Le patrimoine

La chapelle de Kernitron est très ancienne: sa construction remonte au début du XIIème siècle. De l’édifice roman subsistent la nef et le transept.
Le choeur gothique anglais date du XIVème siècle. La construction de la façade ouest démarra en 1444.
Une tourelle permet d’accéder au clocher-tour central.
Le portail du transept sud, riche de significations symboliques, illustre l’apocalypse selon Saint-Jean. Le tympan du porche montre le Christ entouré des quatre évangélistes représentés par leurs symboles, l’aigle, le taureau, le lion et la tête d’homme. Ce tympan a été très dégradé par le temps.
En contre-bas de la chapelle, on peut découvrir une belle fontaine.
Mobilier :
Dans la chapelle latérale nord, séparée du choeur par un mur plein, autel de sainte Anne : retable à quatre colonnes lisses et fronton cintré, début XIXe siècle ; dans la niche centrale, statue de sainte Anne assise, Marie debout tenant le livre ouvert, bois polychrome du XVIIe siècle (C.).
Dans le bras nord du transept, autel avec retable à deux colonnes lisses et fronton, XIXe siècle ; dans la niche centrale, statue de la Vierge à l’Enfant dite Notre Dame de Kernitron, XVIIIe siècle.
Des confessionnaux peints, du début du XIXe siècle
Statues anciennes en bois polychrome : Christ en croix (choeur) XVIe-XVIIe siècle, sainte Trinité sans colombe, Jésus sur les genoux du Père, fin XVe siècle ; Christ assis aux liens, XVIe siècle ;deux Anges adorateurs, XVIIIe-XIXe siècle ; seconde Vierge à l’Enfant, XVIe siècle ; groupe de la Crucifixion sur la poutre de gloire, XVIe siècle.
Tableaux, peinture sur toile : La Cène ; Le Rosaire ; La Sainte Famille : ex-voto datant de 1660, offert par François de Goudelin, Sr de Goasmelquin en Plouégat-Guerrand, représenté agenouillé ; inscription : « IOYE. SANS. FIN. A. GOUDELIN. » (C.).

Le pardon

Le pardon, célébré le 15 août, rassemble toujours de nombreux fidèles, et la ferveur vécue, en particulier lors de la célébration de la veille au soir qui se termine par une procession aux flambeaux, dans le parc jouxtant la chapelle, est remarquable. La fréquentation quotidienne de la chapelle montre à quel point la dévotion à Notre-Dame de Kernitron reste forte.