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MONASTÈRE INVISIBLE – MARS 2025

FEUILLET RÉALISÉ PAR LA PAROISSE QUIMPER SAINT CORENTIN

Chant : Relever le faible

https://youtu.be/XV4zCdemWJM

Relever le faible

Au-delà des océans Tu es venu me chercher Au-delà de mes tourments Ton amour a triomphé R/ Montre-moi la splendeur Et la beauté qu’il y a À t’obéir de tout…

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Au-delà des océans
Tu es venu me chercher
Au-delà de mes tourments
Ton amour a triomphé

R/ Montre-moi la splendeur
Et la beauté qu’il y a
À t’obéir de tout cœur
À se confier à ta voix

Tu viens relever le faible
Tu le prends dans tes bras
Tu le conduis vers ton père
Qui le console ici-bas

Entends le cri de ma prière
Sois mon secours et ma joie
Passer de l’ombre à ta lumière
J’ai mis mon espoir en toi

Puisque ma vie passera
En toi je veux demeurer
Puisque tu triompheras
Mon cœur en toi veut s’ancrer

R/
Au-delà des océans
Tu es venu me chercher

Au-delà de mes tourments
Ton amour a triomphé
Montre-moi la splendeur
Et la beauté qu’il y a

À t’obéir de tout cœur
À se confier à ta voix
Tu viens relever le faible
Tu le prends dans tes bras

Tu le conduis vers ton père
Qui le console ici-bas
Entends le cri de ma prière
Sois mon secours et ma joie

Passer de l’ombre à ta lumière
J’ai mis mon espoir en toi (x3)

Max et Joëlle Pénard, témoins d’un «Viens et suis-moi » vécu au quotidien

Interview réalisée par Albertine, Claire et Lucie de la Pastorale des Jeunes de Quimper.

La distribution alimentaire
Ils ne cherchent ni la mise en avant ni les grands discours. Max et Joëlle Pénard, mariés depuis 55 ans, avancent humblement, pas après pas, là où l’Église se fait service. Max, ancien médecin généraliste en milieu rural, et Joël, infirmière de formation, ont toujours cherché à vivre une foi incarnée, enracinée dans la Parole et dans la rencontre des autres. Pour Joëlle, un mot résume tout : « Viens et suis-moi ».
Une parole du Christ qui l’accompagne depuis longtemps. Elle aime dire qu’elle ne marche pas devant, qu’elle ne voit pas l’horizon, mais qu’elle met ses pas dans ceux du Christ, en se laissant guider, jour après jour. Aujourd’hui encore, cette parole la conduit vers les plus fragiles, dans un service simple, fidèle, discret : la distribution alimentaire paroissiale.

Que se passe-t-il vraiment lors de la distribution alimentaire ?
Joëlle parle d’abord d’un rendez-vous humain. Chaque semaine, des bénévoles se retrouvent pour aller chercher des denrées alimentaires, souvent des invendus, puis pour les redistribuer.
Le mercredi, ils sont une dizaine de bénévoles, parfois davantage selon les semaines. Il faut des voitures, de l’organisation, du temps donné sans compter.
Le vendredi matin, une autre distribution existe, plus modeste, avec quatre bénévoles, mais tout aussi essentielle. Max insiste sur un point fondamental : « Il y a toujours deux dimensions, et elles sont inséparables. »
– la dimension matérielle, évidente : permettre à des personnes en difficulté de remplir leur frigo, de cuisiner, de tenir quelques jours de plus.
– la dimension spirituelle, plus discrète : un café partagé, une écoute attentive, un regard qui relève. Et parfois, pour ceux qui le souhaitent, un temps de partage de la Parole de Dieu, où chacun peut dire ce qu’il vit, ce qui l’abîme ou ce qui l’espère.

Pour Joëlle, c’est précisément là qu’elle reconnaît l’appel du Christ : « Je ne sais jamais vraiment à l’avance ce qui va se passer. Je viens, je fais le vide, et je me rends disponible. Le reste, je le reçois. »

En quoi est-ce plus qu’une aide matérielle ?
Parce qu’ici, on ne distribue pas seulement des denrées. On accueille des personnes. Joëlle le dit avec force : beaucoup de ceux qui viennent sont marqués par une autre pauvreté que le manque d’argent , la solitude, l’invisibilité, parfois la honte. Le simple
fait d’être attendu, reconnu, appelé par son prénom, change déjà quelque chose.
Max ajoute : « Nous ne sommes pas une ONG. Nous servons au nom de l’Évangile, même quand il n’est pas nommé.» La relation compte autant que le contenu du sac.

Peu à peu, une fraternité se crée : des visages deviennent familiers, des histoires se croisent, une confiance s’installe.
Pour Joëlle, c’est exactement cela, suivre le Christ : être là, sans savoir à l’avance où cela mènera, mais en marchant avec ceux qui sont confiés.

Qu’est-ce qui vous fait tenir semaine après semaine ?
Joëlle sourit : « Les appels. Toujours les appels. »
Un jour, quelqu’un demande : « Tu ne pourrais pas venir aider ? » Et elle vient. Puis elle revient. Non par héroïsme, mais par fidélité à cette parole intérieure :
« Viens et suis- moi. » (Lc 10,2)
Elle aime cette image : marcher derrière le Christ, sans voir loin, mais en posant ses pieds dans ses pas. Cela demande de la confiance. Cela oblige à lâcher la maîtrise. Et paradoxalement, cela apporte une grande paix.
Max parle aussi de l’équipe : « On ne tient jamais seul. La fraternité des bénévoles est essentielle. » Le service fatigue parfois, mais il ne vide pas : il nourrit. Parce qu’il fait sens, parce qu’il relie, parce qu’il rappelle l’essentiel.

Quel lien avec le Carême et la vie paroissiale ?
Le Carême invite à tenir ensemble prière, jeûne et aumône.
Pour Joëlle, la distribution alimentaire est une manière très concrète de vivre ce triptyque : la prière qui rend disponible, le dépouillement de soi, et le partage réel avec ceux qui manquent.
Avec Max, elle espère que ce temps de Carême permettra à d’autres de venir voir. Pas pour s’engager définitivement, mais pour découvrir ce qui se vit, pour laisser résonner l’appel. « On ne sait jamais ce qui peut naître quand on accepte de faire un pas. »

Dans la vie paroissiale, ce service rend visible une Église en sortie, une Église qui ne garde pas pour elle ce qu’elle reçoit, mais qui le partage humblement. Une Église qui sert, simplement.

À travers Max et Joëlle, se dessine une Église sans bruit, mais profondément évangélique. Une Église qui avance en faisant confiance, qui accepte le vide, l’inattendu, l’appel. Joëlle n’a pas de programme. Elle marche. Elle suit. Et dans ce pas à pas discret, elle nous rappelle que le Christ ne demande pas d’abord de comprendre ou de prévoir, mais simplement de le suivre.
« Viens et suis-moi. Le chemin se découvre en marchant.»

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