Accueil  -  Toute l'actualité FEIZ  -  Keleier  -  Chronique du Père Job an Irien : Pask / Pâques

Chronique du Père Job an Irien : Pask / Pâques

Pask

A gement am-eus soñj, ar ger ‘Pask’, pa vedon bihan, e-noa evidon meur a ster disheñvel. Da genta e welan va mamm o rei yodig d’am c’hoar vihan, ganet da fin ar brezel. Va mamm a lavare e oa o paska boued d’an hini vihan. Kemer a rae eul loaiadig a yod tomm, hag e tañvae al loaiadig-ze, gand aon na vefe re domm pe e chomfe pouloud, araog rei anezi d’ar bugelig. Alese on deuet da zoñjal abred e oa goueliou Pask ar mare euz ar bloaz ’lec’h ma teue Jezuz da ‘baska’ deom or buez, da vired na vefe ket re galed! Ar skeudenn all a zeu din dioustu war va spered eo hini va zad o walhi deom on treid d’ar yaou-gamblid goude koan. Ar wech nemeti a oa dezañ kaoud jestrou a deneridigez evel-se evidom. Goulenn a rae diganeom azeza war ar bank dirag ar gweleou-kloz ha dilemel on loerou. Lakaad a rae dour klouar en eur zaill ha tremen dirag pep hini ahanom en eur walhi deom on treid gand eur vanegenn hag o seha anezo goude-ze : « Ar Yaou-Gamblid eo », emezañ, ha va mamm a zisplege deom perag e rae on tad evel-se.

Ar skeu!denn all euz mareou Pask eo hini Sul ar Bleuniou. Ni, ar vugale, on-neze ar garg da lakaad eur bod beuz benniget e kement savadur. Va mamm a rae war-dro an ti, ha ni war-dro ar c’hreier a-vec’h distroet euz an overenn ’lec’h ma oa bet benniget ar beuz. Goude lein ez aem gand on tad, euz an eil park d’egile, da lakaad eur bodig beuz e kement toull-ode, evid ma vefe gwarezet an drevajou. Kement-se a gemere kalzig amzer, rag lod euz ar parkeier a oa pell diouz ar gêr. Eur mare laouen e oa, rag dre ma ’z-eem e konte deom on tad diwar-benn ar pez a oa bet c’hoarvezet e park pe bark.

Soñj mad am-eus dalhet euz ar zantimant a beoc’h a rene em c’halon d’ar mare-ze euz ar bloaz, rag gand Pask e veze ar vuez o vleunia en-dro. Lida a raem trec’h ar vuez war ar maro hag an esperañs eo a c’houneze. Hag en em c’houlennan a-wechou : peseurt esperañs a room-ni d’or bugale hirio ha peseurt jestrou a gavom-ni da dreuskas dezo an esperañs a zo ennom ? Levenez Pask a zo evid an oll. Daoust da drubuillou on amzer ez-eus gwenojennou nevez da zigeri ha da zizolei ! Pask laouen da bep hini !


Pâques

Pour autant que je m’en souvienne, le mot ‘Pâques’, quand j’étais petit, avait pour moi plusieurs sens différents. D’abord, je voyais ma mère donner de la bouillie à ma petite sœur, née à la fin de la guerre. Ma mère disait qu’elle était en train de ‘nourrir’ (paska) la petite. Elle prenait une cuillerée de bouillie chaude, goûtait cette cuillerée, de peur qu’elle soit trop chaude ou que s’y trouvent des grumeaux, avant de la donner à l’enfant. De là j’en suis venu à penser rapidement que les fêtes de Pâques étaient le moment de l’année où Jésus venait ‘nourrir’ notre vie pour qu’elle ne soit pas trop dure.

Une autre image me vient aussitôt à l’esprit, c’est celle de mon père nous lavant les pieds le jeudi-saint après le repas du soir. C’était la seule fois où il avait des gestes de tendresse envers chacun de nous. Il nous demandait de nous asseoir sur le banc devant les lits-clos, et d’enlever nos chaussettes. Il versait de l’eau tiède dans un seau et passait devant chacun de nous en nous lavant les pieds à l’aide d’un gant, puis en les séchant tendrement : « C’est le jeudi-saint ! » et maman nous expliquait pourquoi papa agissait ainsi.

L’autre image du temps de Pâques est celle du dimanche des Rameaux. Nous, les enfants, nous avions la responsabilité de mettre un brin de buis bénit dans tous les bâtiments. Ma mère le faisait pour la maison, et nous nous occupions des crèches, à peine revenus de la messe où le buis avait été bénit. L’après-midi nous allions avec notre père d’un champ à l’autre mettre un brin de buis à l’entrée de chaque champ pour protéger les cultures. Ceci prenait pas mal de temps, car certains champs étaient loin de la maison. C’était un moment joyeux, car au fur et à mesure de notre marche, papa nous racontait ce qui s’était passé dans tel ou tel champ.

J’ai bien souvenir du sentiment de paix qui remplissait mon cœur en cette période de l’année, car avec Pâques la vie refleurissait. Nous célébrions la victoire de la vie sur la mort et c’est l’espérance qui gagnait. Et je me demande parfois : quelle espérance donnons-nous aujourd’hui à nos enfants, et quels gestes trouvons-nous pour transmettre à nos enfants l’espérance qui est en nous ? La joie de Pâques est pour tous. Malgré les troubles de notre temps, il y a de nouveaux sentiers à ouvrir et à découvrir ! Joyeuses Pâques à tous !

Tad Job an Irien