Accueil  -  Les homélies de Mgr Laurent Dognin  -  24 décembre 2025 — Veille de Noël — Cathédrale Saint-Corentin (Quimper) (29)

24 décembre 2025 — Veille de Noël — Cathédrale Saint-Corentin (Quimper) (29)

Is 9, 1-6 ; Ps 95 (96) ; Tt 2, 11-14 ; Lc 2, 1-14

Frères et sœurs, chers enfants qui êtes si nombreux ce soir,

En cette nuit très sainte, nous célébrons la naissance de Jésus, notre Sauveur. Il ne s’agit pas d’une naissance comme les autres. Jésus est né il y a 2025 ans. Et puisque nous comptons dans le monde entier les années à partir de sa naissance, cela montre à quel point dans l’histoire de l’humanité il a pu bouleverser la vie de milliards de personnes depuis sa venue en ce monde. 

Jésus est vraiment homme, né de Marie, mais vraiment Dieu, né de Dieu et même lumière, née de la lumière. Sa naissance est une bonne nouvelle pour l’humanité, car il est venu nous sauver du mal qui gangrène ce monde et du péché qui nous entrave si bien. Si nous mettons en lui notre foi, il nous délivre du mal et nous fait entrer dans sa vie divine qui n’aura pas de fin. Et cela dès maintenant, notamment par les sacrements, dont les sacrements du Baptême, de la Confirmation et de l’Eucharistie que beaucoup de jeunes et d’adultes se préparent à recevoir cette année. 

Cependant, sa manière de faire est étonnante, voire déroutante. En effet, il est né dans la précarité, même si nos crèches sont magnifiquement décorées et que nous aurions presque envie d’y être. Jésus n’est pas né dans un hôtel 3 étoiles ni dans une clinique bien confortable. Marie qui était pourtant sur le point d’accoucher n’a pas pu avoir de place à l’hôtellerie malgré son état. Avec Joseph, ils ont trouvé à s’abriter du froid dans une grange pour les animaux. Et Jésus nouveau-né a été couché dans la mangeoire. 

Dans notre monde, il y a beaucoup de gens en précarité en raison des guerres, des désordres politiques, des changements climatiques. Et chez nous aussi, la pauvreté augmente comme nous le rapporte l’étude du Secours Catholique. Jésus, en naissant dans ces conditions, vient rejoindre tout le monde, les pauvres, mais aussi les riches qui ouvrent leur cœur. Personne ne peut se croire abandonné de Dieu, trop loin de lui. La naissance de Jésus dans la crèche est un signe extraordinaire de son amour pour chacun d’entre nous. 

Le 14 décembre dernier, j’ai consacré notre diocèse au Sacré-Cœur de Jésus. C’est un geste fort qui est un appel adressé à tous. Nous sommes appelés à ouvrir notre cœur à Jésus, à nous unir à son cœur, source de tout amour. Cela demande de notre part que notre foi passe de la tête au cœur. Souvent nous cherchons Dieu avec notre tête, alors qu’il vient nous rejoindre par l’amour en nous offrant son cœur. Jésus a dit un jour à son Père dans sa prière : « Tu as caché cela aux sages et aux savants et tu l’as révélé aux tout-petits », ou encore en s’adressant à ses disciples « Si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. » C’est un message qui est parlant quand on regarde la crèche.

Jésus ne nous invite pas pour autant à la naïveté, mais il nous invite à mettre toute notre confiance en Dieu. Comme les enfants qui font confiance à leurs parents. L’approfondissement de la foi est nécessaire pour l’enraciner dans la Parole de Dieu, mais ce qui est premier c’est d’ouvrir son cœur à Jésus. En cette nuit de Noël, nous sommes invités à renouveler notre confiance en Dieu, à raviver notre espérance si nécessaire lorsque les ténèbres semblent prendre le dessus, que ce soit dans notre monde, dans notre pays, dans nos familles peut-être. Nous avons besoin de sa lumière pour tenir bon dans l’espérance. 

La lumière de Jésus le Christ ne peut pas s’éteindre. Elle ne s’éteindra jamais, car Jésus a vaincu la mort sur la croix. Cette lumière est efficace, car pour ceux qui l’accueillent, elle change leur cœur de pierre en cœur de chair, c’est-à-dire en cœur capable d’aimer en vérité. L’amour de son Cœur transpercé sur la croix se répand dans nos cœurs. 

Frères et sœurs, chers enfants, en cette nuit de Noël, ouvrons notre cœur à Jésus avec un cœur d’enfant dans une confiance totale. Sa lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêté. Il est notre Sauveur et le Sauveur de l’humanité. Il est plus que jamais nécessaire de l’accueillir dans la foi. Il nous comble de joie dans l’espérance. Amen.

+ Laurent DOGNIN

Évêque de Quimper et Léon