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Chronique du Père Job an Irien :Savom or penn ! / Relevons la tête !

Savom or penn !

E amzer ’Fask emaom ! Goude tommder vraz ar Yaou-Gamblid hag amzer gaer Pask eo kouezet warnom ar yenienn en-dro, ’giz ma ne fellfe ket d’ar goañv mond kuit. Ar gwez hag ar bleuniou koulskoude n’o-deus ket sentet. Ar wezenn alamandez, a welan dre ar prenestr, ’deus kendalhet da zispaka he bleuniou gwenn heb fallgaloni, hag e lavar d’an neb a garo : gwelit pegen gwenn eo va bleuniou, gwennoc’h eged biskoaz, rag kaer ’vo an hañv ; ema dija e toull an nor! D’ar memez mare, ar post deus digaset din eur gartenn : eur skeudenn eo euz eun daolenn nevez livet evid Pask gand eur vignonez din, hag a ziskouez eur vaouez en eur seurt chapel goz, o selled war-zu ar prenestr. Dreg he c’hein e weler traouachou koz, ha dirazi eun oabl glaz kaer a c’halv anezi da zilezel he dillad du ha da vond war-zu levenez Pask.

Kinniget eo deom al levenez-se, med n’or-bezo perz enni nemed ma kredom mond er-mêz euz lostachou ar goañv. A-vec’h am-boa skrivet kement-se m’eo deuet soñj din euz eur blantennig gribil (romarin) lakeet ganin en douar e miz du diweza. Hag on eet da weled. Siwaz ! Mouget eo bet gand ar geot hag al loustoni a zo savet tro-dro dezi. Red e vo din planta unan all ha nêtaad tro-dro dezi. Evel-se e chom ive tro-dro deom lostachou ar C’hovid, hag on-eus da ziwall na vougfent ket da vad on daremprejou gand ar re all. Dre forz beza pell diouz ar re all e vevom heb kaoud ezomm anezo kén, hag e teu on daremprejou da veza yen ha ral. Red e vo deom mond er-mêz euz or c’helc’h re striz, digeri dorojou ha prenecher all evid ma c’hellfe sklêrijenn an diavêz tomma ive on diabarz.

An daou zen hag a droe kein da Jeruzalem da abardaez Pask evid mond beteg Emmaüs o-doa ezomm braz da ziskarga o zahad dizesper, ha keid ha ma n’her raent ket, ne c’hellent ket gweled ar sklêrijenn o sevel dreg ar c’houmoul du. Evel-se emaom gand ar C’hovid : eun alhwez a zo ganeom evid digeri an nor, hini ar vaksin eo, ha pa vo digoret an nor e teuio deom war eun dro ar sklêrijenn, an dommder hag or breudeur, ha ganto eun tammig avel da aveli an ti. Heb an heol hag an avel e chom kousket ar vuez, mouget ma z-eo gand an deñvalijenn. Heol Pask a sko war an nor, hag a c’halv ahanom d’ar vuez !


Relevons la tête !

Nous sommes dans le temps pascal ! Après la grande chaleur du jeudi saint et le beau temps de Pâques, le froid nous est retombé dessus, comme si l’hiver ne voulait pas s’en aller. Les arbres et les fleurs n’ont cependant pas obéi. L’amandier que je vois par la fenêtre a continué à déployer ses fleurs blanches sans se décourager, et dit à qui veut : voyez comme mes fleurs sont blanches, plus blanches que jamais, car l’été sera beau; il est déjà au seuil de la porte. Au même moment, la poste m’amenait une carte : il s’agit d’un nouveau tableau peint pour Pâques par une amie ; il montre une femme dans une vieille chapelle, en train de regarder vers la fenêtre. Derrière son dos, on voit un tas de vieilles choses, et devant elle un ciel bleu et beau qui l’appelle à délaisser ses vêtements sombres et à se tourner vers la joie de Pâques.

Cette joie nous est offerte, mais nous n’y aurons part que si nous osons sortir des déchets de l’hiver. A peine avais-je écrit ces mots que m’est revenu à l’esprit un tout petit plant de romarin que j’avais mis en terre en novembre dernier. Et je suis allé voir. Hélas! Il a été étouffé par l’herbe et les saletés qui ont poussé tout autour. Il me faudra en replanter un, et bien nettoyer tout autour. Ainsi aussi il reste autour de nous des résidus du Covid, et il nous faut veiller à ce qu’ils n’étouffent pas définitivement nos relations avec les autres. A force d’être loin des autres, nous vivons sans n’avoir plus besoin d’eux, et nos relations deviennent froides et rares. Il nous faudra sortir de notre cercle étriqué, ouvrir d’autres portes et fenêtres pour que la lumière de l’extérieur puisse aussi réchauffer notre intérieur.

Les deux hommes qui tournaient le dos à Jérusalem le soir de Pâques pour se rendre à Emmaüs, avaient grand besoin de décharger leur sac de désespoir, et tant qu’ils ne le faisaient pas, ils ne pouvaient pas voir la lumière se lever derrière les nuages noirs. Ainsi sommes-nous avec le Covid : nous avons une clé pour ouvrir la porte, celle du vaccin, et lorsque la porte sera ouverte, nous viendront en même temps la lumière, la chaleur et nos frères, et avec eux un peu de vent pour aérer la maison. Sans le soleil et le vent, la vie reste endormie, étouffée par l’obscurité. Le soleil de Pâques frappe à la porte, et nous appelle à la vie !

Tad Job an Irien