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Sainte-Anne-la-Palud

D’après la tradition, le pèlerinage de Ste-Anne-la-Palud aurait été établi vers l’an 500 par saint Corentin et saint Guénolé sur un terrain au fond de la baie de Douarnenez, donné à sainte Anne par le roi Gradlon, après la submersion de la Ville d’Ys.

Le Grand Pardon, un des plus grands pardons bretons, a lieu chaque année le dernier week-end d’août et rassemble plusieurs milliers de pèlerins et visiteurs. La particularité des processions du dimanche et mardi après-midi est que la majorité des porteurs de croix et bannières sont en costume breton.

L’histoire

La tradition rattache la fondation du pèlerinage de Sainte Anne la Palud à la destruction de la ville d’Ys. Pour détourner la malédiction divine du pays de Cornouaille le roi Gradlon donna en esprit de pénitence beaucoup de bien en aumône :
« La Palud à Ste Anne, Rumengol à la Vierge Marie et Landevennec pour y prier. Le Roi chargea Saint Guénolé son ami de bâtir la maison de Sainte Anne et celle de Notre Dame. »
Le nom de la Palud vient des terrains marécageux sur lesquels a été érigée la première chapelle qui a été recouverte par les eaux.
Le premier pèlerinage se situerait ainsi vers l’an 500 après les premières entrevues entre le Roi Gradlon et Saint Guénolé qui ont lieu entre 485 et 490. (A.de La Borderie, Hist de Bret. T.1 P326) Ce pèlerinage date donc maintenant de plus de 16 siècles.
À la fin du VIIème siècle le pèlerinage était déjà connu. Un inventaire datant de 1602 nous apprend qu’il était très florissant au XIIIème siècle. Au XVII et XVIIIème siècle de 1640 à 1760 le pèlerinage déclina si bien qu’en 1760 il n’existait quasiment plus. C’est à ce moment la que le recteur Charles Pezron organisa des concours de Lutte avec prix pour attirer les étrangers à la région.
À partir de ce moment la, le pèlerinage repris de l’importance et ce, jusqu’à la révolution. Les comptes de Ste Anne qui vont de 1712 à 1787 montrent ce déclin et ce relèvement.
La première chapelle construite par Saint Guénolé est désignée sous le nom de « Santez Anna gollet » (Ste Anne la disparue).
On pense qu’elle est située au sud-est des dunes actuelles sur un terrain aujourd’hui ensablé que la mer recouvre aux hautes marées.
On ne peut pas donner de date quant à la disparition de cette Chapelle provoquée semble-t-il par à une invasion de sable et la montée des flots, quelques années après la mort du petit Saint Corentin.

La deuxième chapelle fut construite sous la colline qui domine la baie de Douarnenez, à l’abri des vents d’ouest et des marées. Cette chapelle de l’époque romane était, aux écrits, de très médiocre hauteur, de style moderne et de bon gout.
C’est donc cette deuxième chapelle qui reçu la statue de granit datant de 1548, sous le temps de Messire Le Baut recteur de 1540 à 1567.
Elle subit plusieurs modifications et restaurations avant de devenir l’édifice qui fut remplacé par la 3ème chapelle.

La troisième chapelle fut construite vers 1630 et on y employa les matériaux de l’ancien édifice.
Elle aussi voit d’importantes restaurations et embellissements, entre 1720 et 1755.
Au XIXème siècle la chapelle devenu trop petite avec « ses dimensions médiocres », ne convenait plus au grand Pèlerinage qui avait lieu chaque année. La construction de la quatrième chapelle fut décidée en 1858
Les travaux préliminaires commencent en 1858 mais, par manque de ressources la construction traîna et la première pierre ne fut posée que le 20 octobre 1863
Le nouvel édifice fut béni le 5 Aout 1866 par Le Chanoine Alexandre délégué de L’Evêque.
Peu de modifications ont étés faites depuis, hormis le percement du flanc gauche pour créer l’oratoire qui abrite la statue vénérée.

Le patrimoine

La statue date de 1458, elle est en polychrome et en pierre de Kersanton. Son poids est de 235 kg. On n’en connait pas l’origine.
Jadis les jours du grand Pardon on habillait la statue avec les plus beaux costumes du pays mais on ne le fait plus depuis le début du XXème siècle.
Le fond l’oratoire est fait de mosaïque des ateliers Monmejan.

Le pardon

Le Grand Pardon qui, depuis l’antiquité, rassemble des milliers de pèlerins, le dernier week-end d’août de chaque année, est certainement le plus authentique et le plus ancien d’Armorique.

Samedi ouverture du Pardon à 17heure par la première messe. A 21h la procession aux flambeaux avec procession sur la dune.

Le Dimanche la messe de 9h a lieu dans la chapelle et est suivie par la grand-messe de 10h30 en plein air. Le point d’orgue du pardon pour les pèlerins et estivants a lieu l’après midi à partir de 15h et se déroule en trois phases : les vêpres, la procession sur la dune et la bénédiction du Saint Sacrement. Chaque année les paroisses environnantes viennent avec leur croix et bannières. Ce sont 85 à 90 croix, bannières et statues portées par près de 600 porteurs en costume breton qui feront le tour de la dune avec à mi-chemin la Bénédiction de la terre et de la mer.

Le Lundi après midi à 15h a lieu dans la chapelle une cérémonie à l’intention des ainés ; plusieurs maisons de retraite seront présentes.

Mardi Le programme est quasiment identique à celui du dimanche par une grand-messe à 10h30 à l’autel des pardons et à 15h les vêpres, la procession sur la dune plus modeste que le dimanche et la bénédiction du Saint Sacrement

En Epilogue de leur livre, l’abbé Jacques Thomas et l’Abbé Bossus reprennent un texte de l’abbé Mevel:
« Quinze cent ans d’existence (en 1921)! Y a-t-il un autre pèlerinage Breton qui puisse vanter d’une aussi longue durée ? Et pourtant, depuis sa naissance, que d’évènements hostiles à sa pérennité ! L’écroulement de la Palud dans la mer, les incursions normandes, l’aliénation de la chapelle pendant la Révolution… et le pèlerinage dure et s’accroit »

Ogée nous apprend ce qu’était le pardon en 1840.
« Sainte Anne la Palud est fréquentée annuellement par plus de soixante à soixante-dix mille pèlerins qui y accourent de tous les points de la Bretagne surtout pendant le moi d’aout. Le denier dimanche de ce mois et le samedi qui le précède, la foule des pèlerins est innombrable. La procession commence vers les cinq heures de l’après-midi ; quatre bannières suivies de huit croix ouvrent la marche ; puis viennent huit à dix mille personnes de tout âge et de tout sexe portant toutes un cierge ou une bougie à la main, les unes marchant pieds nus, les autres en corps de chemise ; puis la statue de la vierge, portée sur un brancard par des jeunes filles vêtues de blanc, deux clercs en dalmatique de drap d’or, portant les reliques, et enfin le clergé officiant, entourés de tous les prêtres des environs. Rien ne peut rendre l’aspect que présente cette longue file de pèlerins, sous mille costumes divers, tête nue et le chapelet à la main, se déroulant dans les plis du terrain en chantant les louanges de dieu. Au fond du tableau, les énormes palues qui environnent la chapelle et qui pour un moment cessent d’être désertes et semblent s’animer ; puis loin encore la mer, la splendide et calme baie de Douarnenez, que le soleil inonde des feux ; et au bord de laquelle cent et cents cinquante tentes, destinées à abriter les étrangers, s’agitent au vent. Nulle part peut-être la nature ne prête plus de charme te de puissance aux imposantes cérémonies du culte catholique, et quiconque a vu ce saisissant tableau ne peut l’oublier. Cependant la nuit vient et le spectacle change d’aspect. Auprès comme au loin, on entend le bruit et l’agitation ; chaque fermier a donné abri à ses amis, et les traite de son mieux ; parfois la brise apporte le son des binious reconduisant de longues files de pèlerins, chantant des cantiques ; et tandis que tout autour de la chapelle vénérée les tentes brillent de milles feux, les pèlerins accomplissent leurs vœux ; les uns se prosternent sur la terre, les autres font le tour de l’église pieds-nus ou à genoux ; celui-ci recommande à Sainte Anne l’âme de sa mère, celle-là prie pour son fiancé, qui est en mer ; partout enfin la foi s’épanche aux actes fervents. Chacun en présence de cette communion catholique sent son esprit s’élever reconnaissant vers Dieu, les uns pour lui demander la foi, les autres pour le remercier de la leur avoir donné » (Ogée, dictionnaire de la Bretagne Édit. de 1843 article Plonevez porzay P 326)

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